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Actualités - Chronologie

L'égalité pour tous, leitmotiv de Wassila Tamzali (photo)

Algérienne et fière de l’être, sereine, intelligente mais surtout courageuse, Wassila Tamzali assure, à l’UNESCO, la direction du programme pour la promotion du statut de la femme dans la région méditerranéenne. Cette avocate de formation s’active, au sein de la division des Droits de l’Homme, à développer le volet des droits spécifiques aux femmes relevant essentiellement du sexisme. «Ce travail a été très formateur pour moi. Il m’a permis de comprendre et de saisir le problème dans sa globalité et de ne point m’arrêter aux sujets de la femme au travail ou à la seule mère au foyer. Dans toutes les cultures, les femmes ont dû se battre pour s’imposer comme citoyen à part entière». De par son origine, Wassila Tamzali se dit «très sensible à la question des femmes dans les cultures et traditions islamiques, non seulement arabo-asiatiques, mais aussi africaines ou autres». D’emblée la question de l’égalité des hommes et des femmes dans ces régions s’impose pour elle: «parce qu’ils sont attachés au respect du Coran, ces pays ne reconnaissent pas aux femmes l’égalité en droit… Depuis 17 ans, j’oeuvre en collaboration avec des associations de femmes, sur le terrain, pour la reconnaissance de cette égalité. Il faut dire que la question, dans ces pays, intéresse également les hommes engagés dans le processus de la modernité. Par conséquent, la lutte de ces populations devient du coup bien plus large». Concernant le Liban où elle est venue en visite officielle, Wassila Tamzali considère «que dans ce pays, comme dans tous ceux du Maghreb et du Moyen Orient, les femmes sont bien sûr confrontées à la tradition islamique, mais aussi à celle anthropologique, plurielle qui transcende les religions. Au Liban la situation est complexe. On ne peut pas toucher à la religion sans toucher au statut libanais dans sa totalité». Similitude Pour elle, «il existe une forte similitude entre l’Algérienne et la Libanaise dont le combat se situe à l’intérieur de la famille et de la société à la fois. Elles ne peuvent être que du côté de la victoire, car les pays arabes qui ont stagné pendant longtemps, sont maintenant confrontés à des problèmes plaçant la femme dans une situation d’autonomie économique qui est le début de toute liberté, malgré quelques paradoxes. Le processus de changement est irréversible et les mouvements intégristes ne sont que les derniers sursauts de ce que vivent nos pays. Nous traversons une période où les femmes privilégiées, pratiquant l’autonomie, s’engagent pour les autres, celles sensibilisées au problème de la laïcité… D’autre part, les hommes veulent aujourd’hui des femmes différentes». Résultat, «nous avons réalisé plus d’un projet jusqu’à ce jour. Ne serait-ce que le fait d’être écoutées déjà. Une première étape a été de faire admettre la légitimité de ce discours dans des cercles de plus en plus larges et importants dans chacun des pays concernés. Dans les années 70 les femmes luttant pour leurs droits étaient assimilées à des Occidentales. Aujourd’hui on les combat peut-être, mais on admet la légitimité de leur lutte, beaucoup plus ouverte qu’auparavant. Les seules personnes qui refusent ce combat sont des intégristes». Selon ce porte-drapeau de l’égalité entre tous, le mouvement des femmes dans les pays arabes s’est développé parallèlement à l’action de l’ONU en 1975, plus précisément à la conférence de Mexico, qui a placé la question de la femme au coeur du débat diplomatique international. «Le principe de 1789 était que les hommes sont nés libres et égaux. Une société accepte un principe et en fait son monde», affirme Wassila Tamzali qui est également, aujourd’hui, chargée du développement de la coopération entre les pays de la Méditerranée en faveur de la démocratie. Comment perçoit-elle ce concept dans les pays arabes? «Il est tout simplement inexistant. La démocratie se traduit par la liberté, le droit de s’exprimer, la possibilité, pour le citoyen de jouer un rôle dans son pays. Y-a-t-il beaucoup de personnes dans le monde arabe qui ont une influence sur la politique de leur pays?…» Peut-on s’adresser à une Algérienne sans évoquer la situation dans son pays? Wassila Tamzali vit très mal le drame de l’Algérie. «Et avec une angoisse constante, parce que ce pays est entré dans un mouvement de violence qu’une solution, même acceptable, ne peut plus endiguer. En effet, si demain on mettait en place un système démocratique, il resterait la violence pour la violence. On a largement dépassé le Liban dans ce domaine là…» Bien plus qu’une simple tâche, sillonner infatigablement les pays de cette grande bleue de la Méditerranée est, pour Wassila Tamzali, une mission et un défi… Qu’elle relève tous les jours.
Algérienne et fière de l’être, sereine, intelligente mais surtout courageuse, Wassila Tamzali assure, à l’UNESCO, la direction du programme pour la promotion du statut de la femme dans la région méditerranéenne. Cette avocate de formation s’active, au sein de la division des Droits de l’Homme, à développer le volet des droits spécifiques aux femmes relevant essentiellement du sexisme. «Ce travail a été très formateur pour moi. Il m’a permis de comprendre et de saisir le problème dans sa globalité et de ne point m’arrêter aux sujets de la femme au travail ou à la seule mère au foyer. Dans toutes les cultures, les femmes ont dû se battre pour s’imposer comme citoyen à part entière». De par son origine, Wassila Tamzali se dit «très sensible à la question des femmes dans les cultures et traditions...