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Actualités - Chronologie

L'absence de la Turquie pèsera sur les travaux de la conférence européenne

L’absence de la Turquie pèsera lourdement sur les travaux de la conférence européenne jeudi à Londres, car un de ses principaux objectifs était d’ancrer Ankara dans la «famille européenne». Depuis de nombreuses années, la question turque constitue un casse-tête pour les chancelleries européennes. Elle est devenue aiguë avec l’arrivée au premier plan de l’agenda de l’UE des négociations pour son élargissement. Parmi les 12 postulants déclarés à l’adhésion à l’UE (dix pays d’Europe centrale et orientale, Chypre et la Turquie), Ankara rappelait volontiers que sa candidature était de loin la plus ancienne et qu’elle devait donc être placée sur un plan d’égalité. Or, l’opinion unanime des pays membres est que la Turquie est nettement plus éloignée que les autres candidats des critères généraux d’adhésion à l’UE, tant politiques (démocratisation, droits de l’homme) qu’économiques. Presque tout le monde estime qu’elle doit être maintenue étroitement liée à l’UE pour des raisons stratégiques mais aussi pour encourager son évolution démocratique. La France a pensé trouver la solution dès septembre 96 en proposant cette conférence européenne ayant vocation à regrouper tous les pays candidats à l’adhésion, pour parler des questions d’intérêt commun autres que l’élargissement. Ce projet a fini par remporter l’adhésion des Quinze au sommet de décembre à Luxembourg, mais dans des conditions qui ont fortement irrité Ankara. Officiellement, la Turquie refuse toujours d’être simplement «éligible» à l’adhésion alors que tous les autres – même les pays non inclus dans la première vague de négociation – sont lancés dans «un processus d’adhésion». L’énumération très précise – sous la pression des Grecs – des conditions politiques et diplomatiques à remplir pour les Turcs a également vexé, mais c’est surtout le traitement de la question chypriote qui a provoqué leur colère. Jusqu’au bout, ils ont fait pression pour que les négociations d’adhésion de Chypre à l’UE ne puissent pas commencer sans la participation sur un pied d’égalité de la partie chypriote-turque. Or les Quinze ont bien confirmé leur engagement de lancer les pourparlers avec Nicosie comme avec les cinq autres candidats les plus avancés en avril, tout en demandant à la partie turque – non reconnue internationalement – de rejoindre sa délégation. Réparer «l’erreur» de Luxembourg Depuis, les dirigeants turcs crient à la «dicrimination» et le président Suleyman Demirel a demandé aux «pays amis» dans l’UE de «réparer l’erreur» de Luxembourg. Outre les tensions traditionnelles avec la Grèce, une polémique avec l’Allemagne s’est également développée. L’amertume d’Ankara est d’autant plus grande que du fait du veto grec, tous les protocoles financiers de l’UE dont elle aurait dû bénéficier ont été gelés. Ceci alors que l’union douanière qui existe avec l’UE depuis 1996 s’est faite dans un premier temps plus à l’avantage des exportateurs européens. Du côté de l’UE, on répète que les critères d’adhésion sont bien les mêmes pour tous et qu’il n’y a pas l’arrière-pensée de vouloir écarter un pays musulman. La Commission européenne vient de proposer une nouvelle «stratégie européenne pour la Turquie» qui repose sur un élargissement de l’union douanière à d’autres secteurs et sur une coopération renforcée dans des domaines variés. Mais son avenir dépendra beaucoup de la possibilité de débloquer le veto grec sur l’assistance financière. Quant à la conférence européenne, on regrette du côté français qu’elle n’ait «pas été présentée de façon suffisamment attractive». Mais on souligne que sa «porte restera largement ouverte à la Turquie pour l’avenir puisqu’il s’agit du départ d’un processus». (AFP)
L’absence de la Turquie pèsera lourdement sur les travaux de la conférence européenne jeudi à Londres, car un de ses principaux objectifs était d’ancrer Ankara dans la «famille européenne». Depuis de nombreuses années, la question turque constitue un casse-tête pour les chancelleries européennes. Elle est devenue aiguë avec l’arrivée au premier plan de l’agenda de l’UE des négociations pour son élargissement. Parmi les 12 postulants déclarés à l’adhésion à l’UE (dix pays d’Europe centrale et orientale, Chypre et la Turquie), Ankara rappelait volontiers que sa candidature était de loin la plus ancienne et qu’elle devait donc être placée sur un plan d’égalité. Or, l’opinion unanime des pays membres est que la Turquie est nettement plus éloignée que les autres candidats des critères...