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Actualités - Chronologie

Les lumières et les ombres des initiatives œcuméniques de Jean Paul II

A l’approche du troisième millénaire, le pape Jean-Paul II a multiplié les initiatives œcuméniques qui n’ont pas toujours été comprises par les chrétiens non-catholiques qui l’ont parfois soupçonné d’arrière-pensées. L’action du pape a eu pour objectif la réunification d’un milliard et demi de chrétiens d’Orient et d’Occident, marqués par un millénaire d’unité, 900 années de schismes et d’excommunications réciproques, et quelques dizaines d’années de rapprochement progressif. Jean-Paul Il a consacré d’innombrables discours, documents et lettres personnelles au dialogue avec les chefs des autres Eglises chrétiennes, notamment l’encyclique «Ut unum sint» (Pour que tous soient un) et la Lettre apostolique «Orientale Lumen» (La lumière de l’Orient), en 1995. Il s’est mis à genoux devant un monument consacré aux protestants victimes des catholiques, mais il a aussi canonisé des catholiques victimes des protestants. Il a reçu comme un frère, au Vatican, en 1995 le patriarche de Constantinople Bartholomée 1er, chef symbolique de l’Orthodoxie. Il a annoncé avec le patriarche un avenir d’unité chrétienne. Mais trois jours après, il a encouragé la communauté grecque-catholique de Slovaquie à retrouver son identité, tout en sachant que la question des «uniates», considérés par de nombreux orthodoxes comme des «traîtres» à leur religion, reste une affaire délicate. Au début de son pontificat, Jean-Paul II a encouragé le dialogue œcuménique, dans le respect des directives du Concile Vatican II. Mais l’effondrement du colosse soviétique a entraîné des difficultés importantes pour le monde orthodoxe, déchiré par les conflits ethniques, politiques et religieux, et privé de l’assistance économique assurée auparavant par les régimes communistes. Les autorités orthodoxes ont eu l’impression que l’Eglise catholique avait voulu en profiter en tentant un retour massif dans les pays où elle avait été persécutée ou n’avait jamais été présente. C’est une des raisons pour lesquelles Jean-Paul II n’a pas pu rencontrer le patriarche orthodoxe de Moscou et de toutes les Russies Alexis II, personnalité ayant l’autorité réelle sur le monde orthodoxe. Le grand Jubilé de l’an 2000 Regrettant la «division» entre orthodoxes et catholiques qu’il a qualifiée de «péché grave», le pape, pour bâtir l’unité des chrétiens en vue de l’an 2000, a invité les catholiques à «aider en tout» les communautés orthodoxes. Pour lui, c’était une façon de répondre aux Eglises orthodoxes, surtout l’Eglise grecque et l’Eglise de Serbie, qui avaient accusé Rome de «prosélytisme agressif» et de mener une politique favorisant les nationalismes dans les territoires ex-soviétiques ainsi que dans les Balkans. Dans son encyclique «Ut unum sint», le pape a demandé aux chrétiens d’Orient et aux chrétiens d’Occident séparés de Rome de reconsidérer, avec les catholiques, «leur passé douloureux» avec la «volonté sincère de se pardonner mutuellement». Cependant ces appels ont été accompagnés de réaffirmations fermes de la doctrine traditionnelle catholique, notamment au sujet du célibat des prêtres ou du refus du sacerdoce pour les femmes. Ces affirmations ont heurté parfois le libéralisme des Eglises anglicane et protestante. En annonçant la célébration du grand Jubilé de l’an 2000, le pape a demandé aux «frères séparés» d’y participer alors que certaines fractures entre chrétiens, telles que le schisme de Martin Luther, ont été liées justement au premier Jubilé de l’Eglise, il y a cinq siècles. En 1983, Jean-Paul II s’était rendu pour la première fois à Rome dans un temple luthérien et avait demandé pardon pour les fautes de l’Eglise à l’égard du moine réformateur de Wittemberg. (AFP)
A l’approche du troisième millénaire, le pape Jean-Paul II a multiplié les initiatives œcuméniques qui n’ont pas toujours été comprises par les chrétiens non-catholiques qui l’ont parfois soupçonné d’arrière-pensées. L’action du pape a eu pour objectif la réunification d’un milliard et demi de chrétiens d’Orient et d’Occident, marqués par un millénaire d’unité, 900 années de schismes et d’excommunications réciproques, et quelques dizaines d’années de rapprochement progressif. Jean-Paul Il a consacré d’innombrables discours, documents et lettres personnelles au dialogue avec les chefs des autres Eglises chrétiennes, notamment l’encyclique «Ut unum sint» (Pour que tous soient un) et la Lettre apostolique «Orientale Lumen» (La lumière de l’Orient), en 1995. Il s’est mis à genoux...