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Actualités - Chronologie

Kosovo : Belgrade hausse le ton malgré les préparatifs de l'OTAN (photo)

Le président yougoslave Slobodan Milosevic a haussé le ton à l’adresse de l’Occident en qualifiant d’«acte criminel» les «menaces d’agression» contre la Yougoslavie alors que les plans de l’OTAN pour une éventuelle action armée contre la Serbie se précisaient. L’émissaire américain Richard Holbrooke a averti lundi soir le président yougoslave Slobodan Milosevic que l’OTAN se préparait intensément pour une éventuelle action armée contre la Serbie. Les plans de l’Alliance «progressent sur une base sérieuse, intense et soutenue», a-t-il déclaré devant la presse, après un entretien de plus de trois heures avec le chef de l’Etat yougoslave à Belgrade. Selon l’agence officielle yougoslave Tanjug, M. Milosevic a déclaré à son interlocuteur que «les menaces d’agression» contre la Yougoslavie étaient «un acte criminel». M. Holbrooke était arrivé dans l’après-midi à Belgrade pour tenter de persuader M. Milosevic que l’ONU avait la ferme intention de faire appliquer ses résolutions sur le conflit au Kosovo. «C’est un moment dangereux dans la région. Nous avons connu des moments dangereux dans le passé, mais celui-ci est particulièrement difficile», a souligné M. Holbrooke. Il a indiqué qu’il en avait discuté lundi matin à Bruxelles avec le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, et le général américain Wesley Clark, commandant suprême des forces alliées en Europe. M. Holbrooke a rappelé qu’il avait eu auparavant à Washington des «discussions approfondies» sur le Kosovo avec le secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le secrétaire à la Défense William Cohen et le conseiller du président Bill Clinton pour la sécurité nationale Samuel Berger. «Nous avons transmis au président Milosevic nos vues sur la gravité de la situation», a ajouté M. Holbrooke, qui était accompagné par le médiateur américain pour le Kosovo, Christopher Hill. «Un soutien criminel aux Albanais» Il a refusé de dire si des progrès avaient été enregistrés au cours des entretiens. «Nous continuons et essayons de faire de notre mieux», a-t-il dit. M. Milosevic, cité par l’agence Tanjug, a déclaré que «les menaces adressées à la Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro) constituent un soutien aux criminels albanais et non au peuple albanais, ce dont témoignent les nombreuses tombes, non seulement serbes mais aussi albanaises, que ceux-ci ont laissées derrière eux». Les autorités yougoslaves avaient averti dans la journée que leur pays «se défendrait par tous les moyens disponibles» en cas de frappes de l’OTAN. Le Parlement avait adopté une loi fiscale destinée à réunir un milliard de dinars (100 millions de dollars) pour couvrir les dépenses de l’armée occasionnées par son engagement au Kosovo. En même temps, Belgrade avait annoncé un retrait partiel de ses forces de police spéciales du Kosovo et invité, à l’initiative de la Russie, l’OSCE à envoyer une mission dans la province. M. Milosevic a estimé «qu’une solution politique est la seule solution possible» pour le Kosovo. Il s’est déclaré «convaincu que la communauté internationale contribuera enfin à la mise en route du processus politique, à la place des pressions et des menaces». Il a demandé aux Albanais du Kosovo de «reprendre enfin le dialogue» et rappelé que Belgrade leur avait renouvelé la semaine dernière une invitation en ce sens. Les Etats-Unis avaient insisté pour que le président Milosevic respecte pleinement les résolutions du Conseil de Sécurité dans le conflit et ne se contente pas de demi-mesures. Tout en reconnaissant que le président yougoslave avait commencé à retirer ses troupes de la province serbe à majorité albanaise, le porte-parole adjoint du département d’Etat, James Foley, avait estimé un peu plus tôt que ces «mesures initiales signalant un possible changement sur le terrain (...) ont besoin d’être amplifiées». Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait affirmé dans un rapport lundi sur le Kosovo que Belgrade a violé nombre de ses obligations, mais laisse le soin au Conseil de Sécurité d’en tirer les conclusions. Les quinze membres du Conseil doivent se réunir mardi pour envisager les suites à donner à ce rapport de dix pages, a déclaré un diplomate occidental. M. Annan appelle à la reprise «sans délai» des négociations entre les autorités serbes et la direction kosovar. Signe d’un apaisement au moins temporaire, le secrétaire américain à la Défense, William Cohen, a d’ailleurs décidé de ne pas assister à la réunion de l’OTAN sur le Kosovo mercredi à Bruxelles. (AFP)
Le président yougoslave Slobodan Milosevic a haussé le ton à l’adresse de l’Occident en qualifiant d’«acte criminel» les «menaces d’agression» contre la Yougoslavie alors que les plans de l’OTAN pour une éventuelle action armée contre la Serbie se précisaient. L’émissaire américain Richard Holbrooke a averti lundi soir le président yougoslave Slobodan Milosevic que l’OTAN se préparait intensément pour une éventuelle action armée contre la Serbie. Les plans de l’Alliance «progressent sur une base sérieuse, intense et soutenue», a-t-il déclaré devant la presse, après un entretien de plus de trois heures avec le chef de l’Etat yougoslave à Belgrade. Selon l’agence officielle yougoslave Tanjug, M. Milosevic a déclaré à son interlocuteur que «les menaces d’agression» contre la...