Les communistes ont décidé dimanche de rompre avec la coalition de centre-gauche au pouvoir à Rome, déclenchant une nouvelle crise en Italie, où le gouvernement Prodi, l’un des plus stables de l’histoire italienne, apparaît fortement menacé. Le comité politique national de Refondation Communiste (PRC), réuni depuis samedi à Rome, a approuvé la ligne «dure» du secrétaire national Fausto Bertinotti, en décidant le rejet de la loi de Finances 1999 et la rupture avec le gouvernement de centre-gauche que les communistes soutenaient depuis deux ans. M. Cossuta, le président du PRC, opposé à une rupture qu’il juge «désastreuse» et qui conduira selon lui à la «marginalisation» du parti, n’a pas réussi à empêcher la crise, annoncée depuis plusieurs semaines. Sa motion a recueilli 112 voix, contre 188 à celle de M. Bertinotti. La marge de manœuvre est très étroite pour le président du Conseil Romano Prodi, qui a exclu au cours des derniers jours toute recherche d’une autre majorité, notamment du côté des centristes, pour sauver son gouvernement. Or, les voix des 34 députés communistes lui sont indispensables pour conserver sa majorité à la Chambre des députés. L’adoption du budget grâce à l’appoint des voix des partisans d’Armando Cossuta, majoritaires au sein du groupe parlementaire communiste, reste très aléatoire, le président du groupe, Oliviero Diliberto, ayant fait savoir dimanche que les députés communistes respecteraient la décision du parti. Le recours à des élections anticipées d’ici à la fin novembre est réclamé à cor et à cri par le chef de l’opposition de droite, Silvio Berlusconi. Mais la majeure partie de la classe politique, y compris M. Bertinotti, y est hostile. L’hypothèse la plus couramment répandue dans la presse est la démission de Romano Prodi et la formation d’un gouvernement de techniciens qui gérerait les affaires pendant tout le semestre blanc (les six mois précédant l’élection du président de la République, pendant lesquels toute dissolution du Parlement est interdite constitutionnellement). Le nom de l’actuel ministre du Trésor et de l’Economie, Carlo Azeglio Ciampi, est le plus souvent cité. Romano Prodi lui-même n’a pas dit grand chose de ses intentions. Le président du Conseil a affirmé samedi que ses «décisions étaient déjà prises», mais sans plus de commentaire. Dimanche matin, le vice-président du Conseil, Walter Veltroni, a indiqué que le gouvernement «irait rapidement devant le Parlement pour vérifier sa majorité par un vote de confiance». Si cette majorité n’existe plus, «il y aura un autre gouvernement», a-t-il ajouté. Dans tous les cas de figure, le gouvernement Prodi, l’un des plus stables de l’histoire italienne, apparaît fortement menacé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les communistes ont décidé dimanche de rompre avec la coalition de centre-gauche au pouvoir à Rome, déclenchant une nouvelle crise en Italie, où le gouvernement Prodi, l’un des plus stables de l’histoire italienne, apparaît fortement menacé. Le comité politique national de Refondation Communiste (PRC), réuni depuis samedi à Rome, a approuvé la ligne «dure» du secrétaire national Fausto Bertinotti, en décidant le rejet de la loi de Finances 1999 et la rupture avec le gouvernement de centre-gauche que les communistes soutenaient depuis deux ans. M. Cossuta, le président du PRC, opposé à une rupture qu’il juge «désastreuse» et qui conduira selon lui à la «marginalisation» du parti, n’a pas réussi à empêcher la crise, annoncée depuis plusieurs semaines. Sa motion a recueilli 112 voix, contre 188 à celle...