Après la déroute de One Nation aux législatives en Australie, les commentateurs politiques se demandaient si le parti d’extrême-droite avait le moindre avenir alors que sa présidente, Pauline Hanson, a été brutalement mise sur la touche en perdant son siège de député. Selon la presse, les stratèges de One Nation avaient en privé avant les élections exprimé leur inquiétude sur une survie du parti au cas où la défaite annoncée de Pauline Hanson dans sa circonscription de l’Etat du Queensland, se confirmerait. Cet humiliant échec semble devoir marquer la fin d’une courte carrière politique pour cette femme dont l’image et les déclarations provocantes ont servi d’étendard au parti xénophobe lors d’une campagne très personnalisée. Il prive aussi One Nation d’une précieuse tribune à la Chambre des représentants. C’est précisément à la Chambre basse que Pauline Hanson avait, dans son premier discours de jeune député en 1996, atteint une douteuse notoriété en affirmant que l’Australie risquait d’être rapidement «envahie» par les Asiatiques. Le «hansonisme» était né. Mais ce discours avait envoyé une onde de choc dans la région, jusqu’à Hong Kong, Singapour ou Bangkok, partenaires commerciaux importants de l’Australie. Depuis Pauline Hanson a profité d’une célébrité entretenue par l’attention nourrie des médias pour prôner une immigration zéro, la limitation des programmes d’aide aux Aborigènes, le rétablissement de la peine de mort et le protectionnisme. Mais le verdict des urnes a été cruel. One Nation a non seulement perdu son seul siège à la Chambre, mais n’a pu faire entrer qu’un candidat au Sénat. Juste avant le décompte des voix, Pauline Hanson prédisait encore fièrement pour son parti «de 12 à 15 sièges à la Chambre des représentants et six au Sénat». Cette ancienne vendeuse de fish’n chips qui faisait jusqu’à la veille du scrutin trembler John Howard et Kim Beazley — leaders de la coalition libérale-nationale victorieuse et du parti travailliste d’opposition — a quitté les larmes aux yeux des supporters assommés par le résultat des élections, en annonçant qu’elle ne parlerait pas à la presse de sitôt. «Hanson c’est l’histoire ancienne, son rêve de venir une nouvelle force politique en Australie s’est transformé en cauchemar», écrivait le «Sunday Telegraph» de Sydney. On peut effectivement se demander si le «hansonisme» n’aura pas été qu’un accident de l’histoire dans un pays à tradition démocratique. Pourtant, Pauline Hanson a assuré qu’elle continuerait à jouer un rôle au sein du parti. «One Nation va continuer, nous avons un fort soutien dans ce pays», a-t-elle déclaré, «je reste présidente de OneNation». Ce parti a montré lors d’une campagne électorale calamiteuse qu’il avait encore à apprendre les rudiments du jeu politique. Pendant cinq semaines, One Nation n’a pas pu fournir le détail de son programme, a mené une campagne totalement désorganisée, avec des meetings annulés au dernier moment, émaillés d’affrontements avec des militants pro-démocrates ou d’attaques verbales contre les journalistes, qualifiés de «meute de chiens». Mais il serait toutefois imprudent de jeter aux oubliettes un parti qui a tout de même réuni 8,3% de l’électorat sur le plan national. Dans les supporters de One Nation, on ne trouve pas que des extrémistes, mais aussi des électeurs de l’Australie profonde désenchantés par les difficultés économiques et le chômage. C’est sur cette vague de désillusion que Pauline Hanson a abondamment surfé, avant de s’échouer. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après la déroute de One Nation aux législatives en Australie, les commentateurs politiques se demandaient si le parti d’extrême-droite avait le moindre avenir alors que sa présidente, Pauline Hanson, a été brutalement mise sur la touche en perdant son siège de député. Selon la presse, les stratèges de One Nation avaient en privé avant les élections exprimé leur inquiétude sur une survie du parti au cas où la défaite annoncée de Pauline Hanson dans sa circonscription de l’Etat du Queensland, se confirmerait. Cet humiliant échec semble devoir marquer la fin d’une courte carrière politique pour cette femme dont l’image et les déclarations provocantes ont servi d’étendard au parti xénophobe lors d’une campagne très personnalisée. Il prive aussi One Nation d’une précieuse tribune à la Chambre des...