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Actualités - Interviews

Réalisateur de West Beirut Ziad Doueiri : dans la vie tout m'inspire

Ziad Doueiri, dont le premier long métrage, «West Beirut» (récompensé par l’Institut du Monde Arabe à Paris), sera bientôt programmé dans les salles au Liban, a présenté son film, en avant-première, dans le cadre du Festival du film de Beyrouth. Le jeune réalisateur répond à nos questions. — Quel a été votre parcours? — J’ai quitté le Liban en 1983, à l’âge de vingt ans, pour poursuivre mes études aux Etats-Unis. J’ai alors suivi des cours à l’université de San Diego, ainsi qu’à l’UCLA. C’est là que j’ai réalisé mes premiers films, en Super 8 et en 16mn. — A quand remonte votre décision de devenir réalisateur? — Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours eu cette idée derrière la tête. Mais le déclic a eu lieu lors de mes cours universitaires, grâce à un professeur qui nous faisait découvrir des films passionnants... — Quel cinéma aimez-vous? — J’apprécie vraiment tous les genres, des films commerciaux aux films d’auteurs. Il en va de même pour les metteurs en scène. Mes influences sont très diverses. Pour ne citer que quelques noms: «Fearless», «Rumble Fish», «Les Quatre cents coups»... Mais le réalisateur s’inspire de tout, de la vie en général, des gens qu’il rencontre. — En arrivant aux USA, il y a quinze ans, avez-vous eu du mal à entrer dans ce métier? — En réalité, ça s’est fait très facilement. Aux Etats-Unis plus qu’ailleurs, on a la possibilité d’évoluer rapidement si l’on fait du bon travail. — Qu’avez-vous appris en travaillant comme assistant cameraman pour Quentin Tarantino et Robert Rodriguez? — Mon métier, tout simplement... Faire un film est quelque chose de vraiment concret. Ça n’a rien de philosophique, ni de psychologique. Il faut savoir où placer la caméra, comment utiliser l’éclairage, et dans ce sens, chaque film dispense son propre enseignement. Aucun film n’a été plus marquant qu’un autre. — Vous avez écrit et réalisé «West Beirut», votre premier long métrage. Est-ce une œuvre autobiographique? — Pour l’essentiel, oui, puisque la plupart des scènes correspondent à des événements vécus, ou auxquels j’ai assisté. Mais bien sûr une part est laissée à la fiction, en particulier dans le choix des personnages. — Combien de temps vous a-t-il fallu pour faire ce film? — Cela faisait très longtemps que j’y pensais. Je prenais des notes, écrivais des dialogues, mais les personnages n’existaient pas encore. Puis, en 1994, j’ai commencé à imaginer une histoire en y intégrant tous mes souvenirs. Le tournage, en lui-même, n’a pris que dix semaines. — En confiant la musique du film à Stewart Copeland (ex-batteur du groupe Police), étiez-vous à la recherche d’un certain son? — J’avais adoré ses compositions pour «Rumble Fish», «Wall Street» et «Talk Radio». En plus, j’avais toujours été un fan du groupe Police. Lorsque j’ai su qu’il avait vécu au Liban, j’espérais qu’il connaîtrait la musique orientale et s’aurait s’en inspirer pour réaliser la bande son. Mes souhaits ont été exaucés. — A-t-il été difficile de tourner à Beyrouth? — Parfois, car le désordre y règne... cela peut être un avantage pour qui sait en tirer profit, mais la plupart du temps, ça ne l’est pas. Il a fallu faire face à des problèmes de son, de transport et de logistique en général. Certaines personnes nous ont gracieusement offert leur maison, ou leur magasin, pour servir de décors naturels, alors que d’autres cherchaient à monnayer la chose... — A combien s’est élevée la production et d’où est venu l’argent? — Le film a coûté moins d’un million de dollars, ce qui est très peu. Les acteurs et techniciens ont accepté de travailler pour presque rien. L’armée libanaise nous a fourni son matériel gratuitement. Le financement provient principalement de la chaîne française Arte, du CNC, et de quelques télévisions étrangères. — Quel est le sujet de votre prochain film? — Sans entrer dans les détails, car j’y travaille actuellement, le film parlera de la politique extérieure des Etats-Unis au Moyen-Orient. En particulier de ses ratages et ses effets délétères...
Ziad Doueiri, dont le premier long métrage, «West Beirut» (récompensé par l’Institut du Monde Arabe à Paris), sera bientôt programmé dans les salles au Liban, a présenté son film, en avant-première, dans le cadre du Festival du film de Beyrouth. Le jeune réalisateur répond à nos questions. — Quel a été votre parcours? — J’ai quitté le Liban en 1983, à l’âge de vingt ans, pour poursuivre mes études aux Etats-Unis. J’ai alors suivi des cours à l’université de San Diego, ainsi qu’à l’UCLA. C’est là que j’ai réalisé mes premiers films, en Super 8 et en 16mn. — A quand remonte votre décision de devenir réalisateur? — Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours eu cette idée derrière la tête. Mais le déclic a eu lieu lors de mes cours universitaires, grâce à un...