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Actualités - Chronologie

Italie : scission chez les communistes pour sauver le gouvernement Prodi

Une partie des communistes italiens, regroupés autour de leur dirigeant historique Armando Cossutta, a décidé mercredi de faire scission pour sauver le gouvernement de Romano Prodi, menacé par sa plus grave crise politique. Les dissidents communistes opposés à la ligne de rupture votée dimanche par le Comité politique national du Parti de la refondation communiste (PRC), sous la houlette du secrétaire national Fausto Bertinotti, ont décidé d’appeler à voter la confiance au gouvernement Prodi. Romano Prodi a demandé mercredi à la Chambre des députés la confiance qui sera soumise au vote vendredi. Les voix des 34 députés communistes sont indispensables au gouvernement qui ne dispose à la Chambre des députés que d’une majorité relative. Au Sénat, il dispose d’une majorité absolue. Avec les 21 voix des députés «cossuttistes», et l’apport probable de quelques voix supplémentaires (deux ou trois voix, selon les calculs) de députés non inscrits, Romano Prodi devrait atteindre la majorité simple requise de 315 voix. Certains parlementaires qui n’appartiennent pas à la majorité mais sont opposés à des élections anticipées pourraient aussi s’absenter au moment du vote, faisant baisser le chiffre de la majorité requise. Réunis mercredi à Rome, les cadres et dirigeants des fédérations proches de M. Cossutta ont approuvé par acclamation et dans une atmosphère tendue une proposition demandant aux groupes parlementaires de voter la confiance au gouvernement Prodi, la loi de Finances 1999, et de lutter pour les 35 heures. M. Cossutta a annoncé une prochaine réunion pour lancer un nouveau mouvement, entérinant de fait la scission au sein du PRC. «Le PRC tel qu’il existe aujourd’hui ne nous permet pas de défendre les exigences que nous estimons nécessaires», a déclaré M. Cossutta, qui avait démissionné lundi de la présidence du PRC. Le chef du PRC, Fausto Bertinotti, a réagi aux communistes dissidents en annonçant que les deputés communistes qui voteront pour la confiance à Prodi seront exclus du parti. Romano Prodi a défendu avec passion sa politique mercredi, en ouvrant devant les députés le débat sur la confiance. Le président du Conseil a exhorté M. Bertinotti à revenir «sur ses pas» et tenté de convaincre les «cossuttistes» que son gouvernement est bien ancré à gauche et que son budget contient un volet social fondamental malgré la rigueur «indispensable». S’adressant à M. Bertinotti, il a lancé: «Ce gouvernement, je le dis avec orgueil, a été voulu par les électeurs de Refondation». «Je ne peux croire que vous vouliez livrer le pays à ceux qu’ensemble nous avons combattus et battus» (le Pôle des libertés de Silvio Berlusconi), a-t-il ajouté. Il a longuement insisté sur le contenu social de son budget «pour l’emploi, le développement du Mezzogiorno, les couches les plus défavorisées». «Il s’agit de la première loi de Finances qui peut, après des années très difficiles, donner des signaux concrets, même s’ils ne sont pas suffisants, de solidarité sociale», a-t-il affirmé. Il a également réaffirmé l’engagement européen de l’Italie. «Nous sommes dans une phase cruciale», l’Italie ne peut se permettre d’arriver à la monnaie unique «affaiblie et incertaine», d’apparaître à nouveau comme «le pays de la continuelle instabilité». L’opposition de droite, menée par Silvio Berlusconi, a réclamé la démission de Romano Prodi, parlant de «racommodage» de la coalition de centre-gauche. La scission, opérée par les partisans d’Armando Cossutta, pourrait préparer une éventuelle entrée de ces communistes dissidents dans le gouvernement Prodi, le repositionnant plus à gauche, en harmonie avec les principaux gouvernements de l’Europe, selon certains analystes politiques. (AFP)
Une partie des communistes italiens, regroupés autour de leur dirigeant historique Armando Cossutta, a décidé mercredi de faire scission pour sauver le gouvernement de Romano Prodi, menacé par sa plus grave crise politique. Les dissidents communistes opposés à la ligne de rupture votée dimanche par le Comité politique national du Parti de la refondation communiste (PRC), sous la houlette du secrétaire national Fausto Bertinotti, ont décidé d’appeler à voter la confiance au gouvernement Prodi. Romano Prodi a demandé mercredi à la Chambre des députés la confiance qui sera soumise au vote vendredi. Les voix des 34 députés communistes sont indispensables au gouvernement qui ne dispose à la Chambre des députés que d’une majorité relative. Au Sénat, il dispose d’une majorité absolue. Avec les 21 voix des...