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Actualités - Chronologie

Kosovo : Belgrade prêt à se défendre contre l'OTAN

La Yougoslavie a juré de se défendre contre des frappes aériennes de l’OTAN, après que la Russie eut prévenu fermement qu’une intervention militaire occidentale dans le conflit au Kosovo provoquerait une crise dans les relations entre l’Est et l’Ouest. Le président yougoslave Slobodan Milosevic a convoqué le Conseil suprême de défense de la Fédération après des entretiens de crise, à Belgrade, avec des émissaires du gouvernement russe, au premier rang desquels les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Igor Ivanov et Igor Sergueïev. Dans un communiqué, la Fédération yougoslave déclare qu’elle souhaite un règlement pacifique dans la province du Kosovo, où la majorité albanophone réclame l’indépendance, mais ajoute: «Si nous sommes attaqués, nous défendrons le pays par tous les moyens dont nous disposerons. Ceci est la position unanime des membres (du Conseil)». Tandis que les Russes conféraient avec Milosevic pour tenter de trouver ce qui pourrait retenir l’OTAN, leurs voisins des Balkans — Grèce, Bulgarie et Roumanie — en appelaient à la Yougoslavie pour qu’elle se plie aux résolutions de l’ONU, à savoir l’arrêt des hostilités au Kosovo et l’ouverture d’un dialogue avec les indépendantistes. Le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, a souligné que la Yougoslavie devait prendre au sérieux la menace d’intervention alliée car le temps pressait. Le secrétaire britannique à la Défense, George Robertson, a même déclaré dimanche que l’Alliance atlantique devrait de toute façon envoyer des troupes au Kosovo pour veiller à l’application d’un règlement négocié. C’est la première fois qu’un dirigeant occidental reconnaît aussi clairement que les intentions de l’OTAN ne sont pas limitées à la menace de frappes aériennes. Entretiens Cook-Védrine Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat américain, Trent Lott, a estimé qu’une majorité d’Américains ne seraient pas d’accord pour envoyer des forces terrestres au Kosovo dans le cadre d’une mission de maintien de paix. Mais le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Richard Gephardt, lors de la même émission télévisée, a fait valoir qu’il défendrait l’envoi de soldats américains au Kosovo si cela faisait partie d’une solution diplomatique. Une rencontre a été organisée à l’impromptu, dans la nuit de dimanche à lundi à Paris, entre le secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, et son homologue français Hubert Védrine pour examiner les derniers développements de la crise. Aucune déclaration n’était prévue à l’issue des entretiens. Des réunions des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne et du Conseil de l’Atlantique Nord de l’OTAN sont prévues lundi, respectivement à Luxembourg et Bruxelles, pour faire le point juste avant la publication du rapport du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Annan doit dire si les autorités yougoslaves se sont pliées dans une mesure suffisante à la résolution du Conseil de Sécurité qui réclame l’arrêt des combats et l’amorce de négociations au Kosovo. Si le rapport d’Annan est négatif, l’OTAN pourrait y voir le feu vert d’une intervention de sa part. Le gouvernement russe a prévenu l’OTAN que le moindre raid contre la Yougoslavie sans mandat précis de l’ONU constituerait une «violation flagrante» des règles onusiennes qui anéantirait toute chance de solution négociée. Selon le journal de Belgrade, Dnevni Telegraph, le gouvernement de Belgrade est prêt à faire des concessions, qu’il n’a pas précisées, pour désamorcer la menace de l’OTAN. Des diplomates occidentaux et des journalistes ont d’ailleurs déclaré que les Serbes commençaient apparemment à se plier aux exigences de l’ONU depuis que Belgrade a annoncé, le 28 septembre, que le conflit était terminé et que ses forces regagnaient leurs casernes. Environ 200 chars et autres véhicules de la police et de l’armée serbes ont évacué le Kosovo dimanche, et les informations de ces derniers jours ne faisaient état de combats que dans les zones montagneuses isolées, à la frontière avec l’Albanie. (Reuters)
La Yougoslavie a juré de se défendre contre des frappes aériennes de l’OTAN, après que la Russie eut prévenu fermement qu’une intervention militaire occidentale dans le conflit au Kosovo provoquerait une crise dans les relations entre l’Est et l’Ouest. Le président yougoslave Slobodan Milosevic a convoqué le Conseil suprême de défense de la Fédération après des entretiens de crise, à Belgrade, avec des émissaires du gouvernement russe, au premier rang desquels les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Igor Ivanov et Igor Sergueïev. Dans un communiqué, la Fédération yougoslave déclare qu’elle souhaite un règlement pacifique dans la province du Kosovo, où la majorité albanophone réclame l’indépendance, mais ajoute: «Si nous sommes attaqués, nous défendrons le pays par tous les moyens...