Douze millions d’Australiens se rendent aux urnes aujourd’hui pour décider qui, de la coalition conservatrice du Premier ministre sortant John Howard ou du Parti travailliste de Kim Beazley, formera le prochain gouvernement au terme d’une partie serrée. Rarement l’issue de législatives aura été entourée d’un tel suspense en Australie: la coalition libérale-nationale de M. Howard et le parti travailliste de M. Beazley ont été au coude à coude dans les sondages avant que la coalition ne prenne un léger avantage deux jours avant les élections anticipées. La plupart des analystes politiques semblaient pencher pour une victoire sur le fil de M. Howard, avec une très forte érosion de la confortable majorité que détenait depuis 1996 sa coalition à la Chambre des représentants. Les Australiens de plus de 18 ans, pour qui le vote est obligatoire, doivent renouveler les 148 sièges de la chambre basse ainsi que 40 sièges (un peu plus de la moitié) au Sénat. A Sydney, centre financier et plus grande ville d’Australie avec ses quatre millions d’habitants, peu de signes témoignaient de la tenue des élections à l’issue d’une campagne qui a été focalisée sur la question économique au détriment de toute autre et s’est avérée l’une des plus soporifiques des dernières décennies. Comme dans les autres villes, quasiment aucune affiche électorale n’était visible dans les rues et les habitants semblaient moins intéressés par la politique que par les bains de soleil sur les plages de Sydney en ce début de printemps avec un mercure à plus de 30 degrés. Samedi marque par ailleurs le début d’un week-end de trois jours, lundi étant férié dans la moitié des Etats d’Australie, et un week-end riche en événements sportifs (auto, moto, cricket) susceptibles d’attirer des millions d’Australiens devant leur téléviseurs. Un pari risqué pour Howard Les travaillistes ont accusé M. Howard, qui a anticipé les élections de sept mois, d’avoir précisément choisi la date de samedi dans l’espoir de limiter la mobilisation et d’escamoter le débat autour du thème central de la campagne des conservateurs: une réforme fiscale qui reste très impopulaire. M. Howard, qui semble-t-il a misé sur le fait que les Australiens accordent généralement un deuxième mandat au parti au pouvoir, a néanmoins pris le pari le plus risqué de ses 24 ans de vie politique en anticipant ces élections et en axant sa campagne sur cette réforme fiscale qui implique l’introduction d’une taxe de 10% sur les biens et les services (GST). Dans son dernier discours jeudi, il a demandé aux Australiens de lui accorder plus de temps pour mettre en chantier cette réforme, indispensable selon lui pour rendre l’Australie plus compétitive et créer des emplois, vu «la situation extrêmement difficile de l’économie mondiale». Le parti travailliste, qui a centré sa campagne sur une promesse de réduction de 8% à 5% du chômage, a estimé que le programme de M. Howard «ne comportait pas d’emplois». L’autre inconnue de ce scrutin porte sur les résultats du parti d’extrême-droite de Pauline Hanson, One Nation, un parti anti-immigration, anti-libre échange et pro-peine de mort qui a fait irruption sur la scène politique il y a à peine deux ans. Le score de One Nation permettra de dire si, comme l’indiquaient de récents sondages, l’«effet Hanson» s’est réellement tassé depuis que ce parti a remporté 23% des voix aux élections de l’Etat rural du Queensland en juin. Si Pauline Hanson est menacée de perdre son siège de député — le système complexe de vote préférentiel ne lui est pas favorable — One Nation pourrait néanmoins entrer au Sénat et y jouer le rôle d’arbitre, mettant le nouveau gouvernement dans une position très délicate pour faire approuver sa politique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Douze millions d’Australiens se rendent aux urnes aujourd’hui pour décider qui, de la coalition conservatrice du Premier ministre sortant John Howard ou du Parti travailliste de Kim Beazley, formera le prochain gouvernement au terme d’une partie serrée. Rarement l’issue de législatives aura été entourée d’un tel suspense en Australie: la coalition libérale-nationale de M. Howard et le parti travailliste de M. Beazley ont été au coude à coude dans les sondages avant que la coalition ne prenne un léger avantage deux jours avant les élections anticipées. La plupart des analystes politiques semblaient pencher pour une victoire sur le fil de M. Howard, avec une très forte érosion de la confortable majorité que détenait depuis 1996 sa coalition à la Chambre des représentants. Les Australiens de plus de 18 ans,...