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Actualités - Chronologie

Kosovo : l'ONU condamne les massacres , branle-bas de combat militaire (photo)

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a «vivement condamné» jeudi les responsables des massacres de civils attribués aux forces serbes au Kosovo alors que tous les signaux passaient au vert pour une intervention prochaine de l’OTAN contre des objectifs serbes. Le président en exercice du Conseil, l’ambassadeur britannique Jeremy Greenstock, a déclaré à la presse que les quinze membres du Conseil «condamnaient vivement les responsables des atrocités» sans toutefois les citer. Le Conseil s’est réuni pendant deux heures à huis clos à l’initiative de la Grande-Bretagne. Le massacre pendant le week-end d’une trentaine de civils dans une forêt du Kosovo a été le détonateur d’une indignation générale dans le monde. Washington, comme Londres et Paris ont multiplié les déclarations laissant présager une action militaire pour forcer Belgrade à lâcher son emprise sur le Kosovo, une province serbe séparatiste peuplée en majorité d’Albanais de souche. Le Pentagone a ainsi annoncé que l’OTAN pourrait décider mercredi prochain d’une intervention militaire au Kosovo, après la publication du rapport du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. M. Annan, qui devait à l’origine ne remettre son rapport qu’en milieu de semaine prochaine, devrait le rendre lundi au Conseil de Sécurité, comme l’en ont invité les Occidentaux et le Conseil. Il doit dire si le président yougoslave Slobodan Milosevic s’est conformé à la résolution 1199 du 23 septembre qui exigeait un cessez-le-feu, le retrait des forces spéciales serbes, le retour des réfugiés et l’ouverture d’un dialogue politique avec les séparatistes kosovars. Le Conseil de Sécurité a «exigé le respect entier et immédiat» par Belgrade de cette résolution. L’Alliance pourrait prendre mercredi un «ordre d’activation», c’est-à-dire qu’elle fixerait une date pour le début des frappes aériennes et autoriserait le commandement militaire de l’OTAN à utiliser les forces à sa disposition. L’OTAN a demandé à ses militaires d’accélérer la rédaction d’un rapport de situation sur le terrain et la préparation d’une force comprenant plus d’une centaine d’avions. L’intervention de l’OTAN prendrait la forme de raids limités ou d’une campagne aérienne massive sur des objectifs serbes. Avions de combats et missiles Selon un responsable de l’OTAN, les alliés ont déjà mis à la disposition de l’Alliance plus d’une centaine d’avions de combats. Des missiles de croisière américains Tomahawk figurent également dans l’arsenal fourni à l’OTAN . A Washington, le secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le secrétaire à la Défense William Cohen et le conseiller du président Clinton pour la sécurité nationale Samuel Berger se sont entretenus à huis clos, avec un très grand nombre de sénateurs, sur le Kosovo. «Si un bombardement était nécessaire ou justifié (...) ce serait pour affirmer que le monde ne va pas rester sur la touche et regarder des gens se faire froidement assassiner», a déclaré le sénateur républicain Kay Bailey Hutchinson après la réunion. Washington a également recommandé aux Américains d’éviter désormais la région en raison des risques de frappes de l’OTAN. Le porte-parole du Département d’Etat, James Rubin, a affirmé que «la perspective d’une action militaire se rapproche», ajoutant que «la communauté internationale est en train de perdre patience». La Maison-Blanche avait exhorté auparavant M. Milosevic à «agir très rapidement pour retirer ses forces de sécurité déployées au Kosovo». Londres et Paris ont tenu le même langage de fermeté. Le secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, a affirmé que la Grande-Bretagne est désormais «prête à soutenir l’usage de la force» militaire, alors que les milieux officiels français soulignaient que tous les éléments pour une intervention de l’OTAN étaient réunis. En revanche, alliée traditionnelle des Serbes, la Russie a une nouvelle fois manifesté son opposition à une intervention de l’OTAN sans une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité où elle dispose d’un droit de veto. En sept mois, le conflit du Kosovo a fait 1.270 morts côté albanais, selon le Comité (albanais) des droits de l’homme à Pristina, et provoqué l’exode de 300.000 personnes, selon le HCR.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU a «vivement condamné» jeudi les responsables des massacres de civils attribués aux forces serbes au Kosovo alors que tous les signaux passaient au vert pour une intervention prochaine de l’OTAN contre des objectifs serbes. Le président en exercice du Conseil, l’ambassadeur britannique Jeremy Greenstock, a déclaré à la presse que les quinze membres du Conseil «condamnaient vivement les responsables des atrocités» sans toutefois les citer. Le Conseil s’est réuni pendant deux heures à huis clos à l’initiative de la Grande-Bretagne. Le massacre pendant le week-end d’une trentaine de civils dans une forêt du Kosovo a été le détonateur d’une indignation générale dans le monde. Washington, comme Londres et Paris ont multiplié les déclarations laissant présager une action...