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Actualités - Conferences Internationales

Des enfants à une conférence sur l'exploitation sexuelle des jeunes

Une conférence internationale sur l’exploitation sexuelle des jeunes se tient depuis dimanche à Victoria (Colombie Britannique) à huis clos, en présence de plusieurs dizaines d’enfants venus témoigner de leur vie dans la rue. C’est la première fois, a indiqué une porte-parole de la conférence, Judy Paterson, que des jeunes directement concernés participent à ce genre de conférence. Cherry Kingsley, 28 ans, coprésidente de la conférence, a elle-même passé huit ans dans les rues de Vancouver, à partir de l’âge de 14 ans. A la conférence de Stockholm sur l’exploitation des enfants en 1996, elle avait regretté l’absence de témoignages directs de personnes en relation concrète avec le travail du sexe. Elle a elle-même circulé dans le Canada pour demander à des jeunes s’ils voulaient venir à Victoria, tandis que d’autres ont fait de même dans différents pays des deux Amériques. Tout en se félicitant de la participation des jeunes, Mme Kingsley s’est dite «attristée» à l’idée que la plupart des 54 adolescents retourneront se vendre dans la rue à l’issue de la rencontre. Les jeunes prostitués viennent des Etats-Unis, du Canada, du Brésil, de Bolivie, du Mexique, du Pérou, du Chili, du Honduras, de République dominicaine et de Haïti. Des règles de sécurité très strictes entourent la conférence, pour protéger les jeunes d’éventuelles représailles de la part de certains souteneurs. Agenda d’action La conférence, organisée par une association de lutte contre la prostitution, rassemble aussi des professionnels de la protection de l’enfance. Pendant trois jours, et à huis clos, ces adolescents et adolescentes vont partager leur expérience de la rue et comparer leurs difficultés respectives. Jane, 15 ans, a raconté à un journaliste comment elle est arrivée à la prostitution: elle consommait du crack et avait besoin d’argent. Son problème, aujourd’hui, c’est d’être «accrochée à l’argent» et au pouvoir qu’il donne «d’acheter ce que l’on veut». Elle constate: «Mon choix c’est de continuer. A 25 ans, je serai affreuse, droguée, et je coucherai avec des gens pour 20 dollars. Ou bien d’aller au collège, et à 25 ans d’avoir un boulot et un joli endroit où vivre». Et en prime, dit-elle, «de m’aimer moi-même». Un ancien prostitué, Cameron, a espéré que la mise en commun de «situations uniques» permettrait de «s’éclater la tête pour prendre de vraiment bonnes décisions». A l’issue de ces trois jours, les délégués mettront au point un «agenda d’action» visant à mettre un terme à l’exploitation sexuelle des jeunes. Enfin ils rencontreront jeudi un groupe de fonctionnaires du gouvernement canadien et de Colombie Britannique pour leur faire part de leur réflexion et leur indiquer la marche à suivre pour trouver des solutions. Un délégué de l’UNICEF, Bertil Lindblad, a souhaité que d’autres régions du monde se mettent de la même façon à l’écoute des jeunes prostitués, afin que l’on puisse comprendre ce que vit la jeunesse exploitée. Le coût de la conférence est défrayé par le gouvernement du Canada, l’UNICEF, le gouvernement de Colombie Britannique et par le Congrès du travail du Canada. (AFP)
Une conférence internationale sur l’exploitation sexuelle des jeunes se tient depuis dimanche à Victoria (Colombie Britannique) à huis clos, en présence de plusieurs dizaines d’enfants venus témoigner de leur vie dans la rue. C’est la première fois, a indiqué une porte-parole de la conférence, Judy Paterson, que des jeunes directement concernés participent à ce genre de conférence. Cherry Kingsley, 28 ans, coprésidente de la conférence, a elle-même passé huit ans dans les rues de Vancouver, à partir de l’âge de 14 ans. A la conférence de Stockholm sur l’exploitation des enfants en 1996, elle avait regretté l’absence de témoignages directs de personnes en relation concrète avec le travail du sexe. Elle a elle-même circulé dans le Canada pour demander à des jeunes s’ils voulaient venir à Victoria,...