Japon : face à la crise, les entreprises se serrent la ceinture
le 26 septembre 1998 à 00h00
Confrontées à la plus grave crise économique de l’après-guerre, les entreprises japonaises se sont engagées dans une course à la réduction des coûts qui, pour leurs employés, sonne le glas des années flamboyantes des dîners et soirées arrosées dans les clubs de luxe. Depuis plusieurs années déjà, les entreprises ont entrepris de réduire fortement les remboursement de ces sorties nocturnes dans des quartiers des grandes villes qui sont aujourd’hui désertés le soir. Mais désormais, la chasse aux dépenses prend parfois des allures extrêmes. C’est ainsi que la direction de certaines entreprises se met à rationner les rouleaux de papier toilette. La fourniture de papier, de crayons et de gommes est soumise à des autorisations dûment visées par les supérieurs hiérarchiques. Jiro Yamamoto, un commercial pour une société de courtage, racontait récemment dans les colonnes de l’hebdomadaire «Aera» que la consigne de la direction était d’appeler les clients à l’heure du déjeuner. «La logique est que le client sera sûrement parti pour déjeuner et qu’ainsi ce sera à lui de rappeler» et donc de payer la note de téléphone, explique-t-il, tout en trouvant cette méthode «absolument déplorable». Dans les locaux d’un grand fabricant de produits électroniques, la recommandation est dans les toilettes de «ne pas utiliser plus de deux feuilles de papier toilette à chaque fois», relève ce magazine. Ichiro Watanabe, employé dans une entreprise du secteur de l’éducation, affirme que les produits détergents stockés dans les kitchenettes d’entreprises sont livrés dilués avec de l’eau. «Les gommes sont maintenant coupées en deux avant de nous être distribuées», dit-il. Les restrictions budgétaires touchent tous les secteurs de l’industrie. Même les laboratoires de recherche de pointe ne sont pas épargnés. Dans un laboratoire d’une société internationale de produits pharmaceutiques basée dans la ville scientifique de Tsukuba près de Tokyo et gérée selon des critères japonais, des réunions sont organisées pour demander aux employés de réfléchir à la meilleure façon de réduire les gaspillages. «Les salaires ne sont pas encore réduits et la direction n’a pas touché aux primes pour le moment. Mais tout le monde est appelé à réfléchir. On nous demande d’éteindre les lumières en sortant des laboratoires. L’utilisation des ascenseurs est restreinte», explique un chercheur étranger. Consciente des difficultés des entreprises et soucieuse avant tout de préserver l’emploi, la puissante Confédération des syndicats japonais (Rengo) a fait savoir fin septembre qu’elle s’abstiendrait de demander des augmentations de salaires unifiées lors des traditionnelles négociations qui ont lieu tous les printemps avec le patronat. «Les temps ont changé. Le Rengo ne doit plus fixer des hausses de salaires unifiées que les membres acceptent automatiquement», a indiqué un responsable du Rengo qui déclare 7 millions de membres dans le pays. Les premiers à en souffrir sont les employés des petites et moyennes entreprises qui sont les plus durement affectées par la crise. (AFP)
Confrontées à la plus grave crise économique de l’après-guerre, les entreprises japonaises se sont engagées dans une course à la réduction des coûts qui, pour leurs employés, sonne le glas des années flamboyantes des dîners et soirées arrosées dans les clubs de luxe. Depuis plusieurs années déjà, les entreprises ont entrepris de réduire fortement les remboursement de ces sorties nocturnes dans des quartiers des grandes villes qui sont aujourd’hui désertés le soir. Mais désormais, la chasse aux dépenses prend parfois des allures extrêmes. C’est ainsi que la direction de certaines entreprises se met à rationner les rouleaux de papier toilette. La fourniture de papier, de crayons et de gommes est soumise à des autorisations dûment visées par les supérieurs hiérarchiques. Jiro Yamamoto, un commercial pour...
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