De 5 à 6000 personnes se sont rassemblées à la cathédrale Saint-Michel de Bruxelles, pour assister à une cérémonie en hommage à Sémira Adamu, jeune Nigériane de 20 ans morte étouffée par des gendarmes pendant son expulsion. La cérémonie, organisée par les associations qui ont soutenu la jeune femme dans son combat pour obtenir l’asile en Belgique, notamment le Collectif belge contre les expulsions, a commencé par l’arrivée d’un cerceuil blanc contenant le corps de Sémira. Le cercueil était notamment suivi par Tina, une cousine de la jeune réfugiée venue spécialement en Belgique pour la cérémonie. Aucun parti politique n’a été convié à participer à cet hommage œcuménique, sans mot d’ordre ni banderole, afin que Sémira «puisse reposer dans la dignité». De nombreuses personnes avaient toutefois noué autour de leur bras un bandeau noir ou blanc en signe de deuil. La vice-présidente d’un parti politique belge, le PSC (parti social-chrétien), Joëlle Milquet, venue selon elle «à titre personnel» rendre hommage à Sémira, a été prise à partie verbalement par plusieurs personnes et a dû quitter les abords de la cathédrale où les forces de l’ordre se sont montrées discrètes. Elles étaient en revanche nombreuses un peu plus loin. Des chants africains et des musiques religieuses retransmises par haut-parleurs ont entrecoupé les prises de parole de ceux qui ont connu Sémira et de militants d’associations de défense des droits de l’homme. «Sémira avait 20 ans, elle aimait chanter, elle aimait les livres, elle aimait la liberté», a affirmé une militante du Collectif contre les expulsions, après avoir demandé, sous les applaudissements de la foule, «aux policiers en civil de partir, par respect pour Sémira». La mort de Sémira qui «était humble, très forte et savait la valeur de la vie humaine» montre «l’urgence extrême» qu’il y a «à continuer de lutter contre les mentalités qui rendent possibles des lois meurtrières», a ajouté cette militante du Collectif. Parmi la foule venue à cet hommage figuraient de nombreux Africains, ainsi que les parents de Mélissa, l’une des victimes du pédophile belge Marc Dutroux. «Sémira a été assassinée légalement, avec une mauvaise loi comme il en existe tant d’autres en Belgique», a déclaré le père de Mélissa, Gino Russo. A la fin de la cérémonie, le cercueil de la jeune réfugiée devait être ramené au funérarium de Bruxelles. Selon la «marraine» belge de Sémira, Lise Thiry, sa dépouille doit être prochainement rapatriée au Nigeria où elle doit être enterrée. Sémira Adamu est morte des suites d’une hémorragie interne après être tombée dans un coma profond provoqué par un coussin que deux gendarmes chargés de l’expulser lui ont écrasé pendant plusieurs minutes sur le visage pour étouffer ses cris. Sémira se trouvait alors dans un avion de la compagnie belge Sabena en partance pour le Togo. (AFP)
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