L’Amérique pleure sa championne disparue, mettant l’accent sur la beauté et le dévouement à la cause de la jeunesse de Florence Griffith-Joyner. Mais les rumeurs autour des records d’extraterrestre de la triple championne olympique de Séoul en 1988 ont simultanément refait surface, alimentées par l’absence d’explication médicale officielle sur les causes du décès. A Colorado Springs, siège du comité olympique américain (USOC), les drapeaux du CIO et de l’USOC ont été mis en berne, tandis que son président Bill Hybl soulignait le rôle de «modèle» pour les jeunes sportives et«sa gentillesse et son intérêt pour les enfants» de Griffith-Joyner, décédée lundi matin à son domicile de Mission Viejo en Californie, à trois mois de son 39e anniversaire. «Une légende vivante», devait ajouter Patricia Rico, présidente de la Fédération américaine d’athlétisme. «De la tête aux doigts de pied, elle était unique», titre le Washington Post, mettant l’accent sur son caractère d’innovatrice en matière de mode sportive, avec des tenues excentriques et bariolées et des ongles interminables. «C’était un mélange de classe à l’état pur, de beauté fascinante, de mode et, aussi, de controverses, ajoute le journal. Il n’y a jamais eu quelqu’un comme elle avant et, avec tout le respect dû à Marion Jones (nouvelle reine du sprint mondial), il n’y a plus eu personne avec son talent et son charisme depuis qu’elle a pris sa retraite après les Jeux de Séoul». Pendant trois mois il y a juste dix ans, Griffith-Joyner, surnommée Flo-Jo dans les milieux de l’athlétisme, avait été imbattable, ajoutant d’incroyables records mondiaux du 100 mètres (10 sec 49) et du 200 mètres (21 sec 34) à ses trois médailles d’or olympiques, avant de prendre une retraite anticipée quelques mois plus tard à 29 ans. «Avant, c’était une bonne sprinteuse, suffisamment pour gagner deux médailles d’argent sur 200 mètres aux Jeux de 1984 et aux championnats du monde de 1987, mais pas assez pour mériter plus de deux lignes dans l’annuaire de la Fédération internationale en 1988, souligne le Los Angeles Times. Et soudain, voilà que, non seulement elle bat les records, mais les met hors de portée pour longtemps». Autopsie «Comment avait-elle pu aller aussi vite?, s’interroge USA Today. Et où avait-elle été chercher tous ces muscles?». Les rumeurs, qui avaient été bon train à l’époque, ont repris de plus belle avec sa disparition prématurée lundi pour des raisons que l’autopsie pratiquée lundi après-midi n’a pas encore permis de déterminer. «Il faudra attendre plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines, pour être fixé», a indiqué un représentant du bureau du shériff de Mission Viejo. «Flo-Jo n’a jamais été contrôlée positive, souligne le Washington Post. Aux accusations (de dopage), elle répondait que son aspect physique avait changé (en 1988) parce qu’elle n’avait commencé à suivre un régime sérieux d’entraînement que tard dans sa carrière». Dans l’entourage de l’ancienne athlète, on attribue son décès vraisemblablement à des problèmes cardiaques, mais, selon des spécialistes, cités par la presse américaine, les accidents cardio-vasculaires mortels sont extrêmement rares chez des personnes de moins de 40 ans. «Il ne faut pas tirer de conclusion hâtive, a souligné le Dr Robert Voy, médecin de l’équipe olympique américaine de 1984 à 1988 et maintenant patron d’une clinique de médecine sportive à Las Vegas. Même l’autopsie ne suffira pas à apporter la preuve que son décès a été provoqué par l’utilisation massive de produits dopants. Mais cela nous aiderait beaucoup de savoir. La mort prématurée d’un athlète a toujours quelque chose de choquant». (AFP)
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