Les Britanniques l’ont vu ces dernières semaines poser nu, le sourire conquérant, un journal arborant son portrait stratégiquement positionné pour éviter la censure. Ils ont pu l’admirer jonglant, tel le maître du monde, avec un ballon représentant le globe. Mais plus rien ne peut vraiment les étonner venant du milliardaire le plus connu du pays, Richard Branson, PDG du groupe Virgin, 48 ans, qui s’est lancé dans sa dernière aventure: le récit de son existence agitée. Ecrit par ses soins, édité par son groupe, il vient de paraître en Grande-Bretagne, accompagné d’un déferlement médiatique, sera lancé début octobre en France, et publié ensuite partout où Virgin est présent. «Loosing my Virginity» est l’ultime avatar d’un exhibitionnisme qui fait dire à ses admirateurs comme à ses détracteurs que la «meilleure publicité de Branson est encore Branson lui-même». C’est l’histoire des «années de lutte» pour forger le groupe, des années où chaque «nouvelle aventure m’a fait perdre un peu plus de ma virginité», raconte l’homme d’affaires qui reçoit une noria de journalistes dans sa maison d’un quartier chic de Londres, transformée en musée de ses exploits sportifs et de ses conquêtes contre l’establishment économique. Car l’image que Richard Branson aime avant tout donner est celle de «l’aventurier» qui ne ressemble à personne: un David combattant les Goliaths du business mondial, en particulier British Airways et ses «sales manœuvres» pour couler sa compagnie aérienne Virgin Atlantic, un patron à la «conscience sociale» dans un monde où le profit à court terme est le maître-mot, un homme qui a accumulé les investissements les plus variés parce que son moteur est «l’exploration de l’inconnu» et le «fun» (l’amusement). Des mystères Le résultat est un groupe comptant quelque 200 sociétés, valorisé à plus d’un milliard de livres (1,6 milliard de dollars), où l’on trouve de tout: outre la compagnie aérienne, seule société très rentable du groupe, des chemins de fer, des boissons, des magasins de livres et de disques, des cinémas, des hôtels, des services financiers, des vêtements et bientôt, assure-t-il, des médicaments. «Un groupe qui avait engagé les Sex Pistols en 1977 et vend aujourd’hui des retraites complémentaires», s’amuse Branson. Mais cet extraverti invétéré garde aussi soigneusement ses mystères, qui irritent les milieux économiques. Ses détracteurs chercheront en vain un récit détaillé de ses déboires dans les chemins de fer et de son rêve différé de «créer la meilleure compagnie ferroviaire européenne». En attendant ses nouveaux trains pendulaires, Virgin West Coast Trains s’est contenté de repeindre à ses couleurs les vieux wagons de feu British Rail et a remporté la palme du non-respect des horaires. «Le rêve tient toujours» rétorque Richard Branson, précisant que l’histoire des chemins de fer est pour le «second tome» de son autobiographie. Les amateurs de transparence chercheront tout aussi vainement un organigramme précis du groupe et des résultats financiers détaillés. Un exercice auquel Richard Branson, qui déteste se soumettre au contrôle des financiers de la City, a jusqu’ici évité: la plupart des sociétés ne sont pas côtées et ont leur siège dans les îles Vierges, ce qui le dispense de publier des comptes et réduit singulièrement son chèque au fisc. Le lecteur pourra se consoler avec le récit des exploits sportifs d’un homme qui a déjà tenté par trois fois de faire le tour du monde en ballon et celui de ses aventures sentimentales. Sur ce point, Richard Branson, qui entend faire de son ouvrage un best-seller, n’est pas avare de détails, racontant ses infidélités à sa première femme et comment il a échangé cette dernière avec la compagne d’un ami. Avant de s’assagir avec sa seconde épouse et réaliser la prédiction d’un maître d’école à l’enfant déjà à moitié-rebelle: «Tu iras en prison. Ou tu deviendras milliardaire».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Britanniques l’ont vu ces dernières semaines poser nu, le sourire conquérant, un journal arborant son portrait stratégiquement positionné pour éviter la censure. Ils ont pu l’admirer jonglant, tel le maître du monde, avec un ballon représentant le globe. Mais plus rien ne peut vraiment les étonner venant du milliardaire le plus connu du pays, Richard Branson, PDG du groupe Virgin, 48 ans, qui s’est lancé dans sa dernière aventure: le récit de son existence agitée. Ecrit par ses soins, édité par son groupe, il vient de paraître en Grande-Bretagne, accompagné d’un déferlement médiatique, sera lancé début octobre en France, et publié ensuite partout où Virgin est présent. «Loosing my Virginity» est l’ultime avatar d’un exhibitionnisme qui fait dire à ses admirateurs comme à ses détracteurs que la...