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Actualités - Chronologie

La Mostra parle d'amour en roumain et en américain (photo)

La Mostra de Venise parle d’amour en roumain et en américain, l’amour au temps de la barbarie et, comme le dit la chanson, il n’y a pas d’amour heureux ni dans «Terminus Paradis» de Lucian Pintilie, ni dans «New Rose Hotel» d’Abel Ferrara — les deux candidats au Lion d’Or — ni d’ailleurs dans la plupart des films montrés jusqu’ici. Dans cette Mostra fin de siècle, où le couple traditionnel est une espèce en voie de disparition, la quête de l’amour, l’amour impossible, la solitude, reviennent comme des leitmotive que ce soit sur le ton de l’humour léger pour «Conte d’automne» d’Eric Rohmer, ou dans un registre sombre comme «Voleur de vie». «Terminus Paradis», sur fond de Roumanie sinistrée, et «New Rose Hotel» sur fond de nuits glauques dans un futur proche régi par les multinationales, sont des drames fatalistes à l’issue tragique. Après sa trilogie désabusée sur l’état de son pays, «La reconstitution», «Le chêne» et «Trop tard», Lucian Pintilie signe, avec toujours autant d’humour noir et grinçant, une histoire d’amour à la Romeo et Juliette dont la politique n’est jamais absente. Mitou (Costel Cascavel), le porcher contestataire, révolté contre sa famille, la société et l’armée, tombe follement amoureux de Norica (Dorina Chiriac), une jeune serveuse, promise à son patron qui pourrait être son père. Appelé sous les drapeaux, Mitou n’a qu’une obsession: retrouver Norica quelles qu’en soient les conséquences. Alors Romeo emprunte un char pour retrouver sa Juliette… Fuite suicidaire vers une petite église blanche, perdue au milieu des champs de tournesols, l’image paisible d’un «Terminus Paradis», après les HLM délabrés des banlieues de Bucarest, la misère, la puanteur de la porcherie, le trafic étourdissant de la ville, les saoûlographies, les brimades militaires et le rêve illusoire d’un Eldorado américain… Mitou et Norica, les deux jeunes Roumains «trashy», pourraient faire partie de l’univers déjanté du New-Yorkais Abel Ferrara («The Bad Lieutenant», «King of New York»), de retour à la Mostra où il avait présenté «The Funeral». Adapté d’une nouvelle de l’écrivain «cyberpunk» William Gibson, situé dans l’atmosphère futuriste et crépusculaire de métropoles anonymes et de boîtes où le sexe remplace l’amour, «New Rose Hotel» est un thriller à base d’espionnage industriel. Fox (l’acteur fétiche de Ferrara, Christopher Walken) complote la défection d’un génie japonais de la génétique pour le compte d’une multinationale avec X son ami (Willem Dafoe), un jeu dangereux qui peut rapporter gros s’ils ont la bonne carte. Ils misent sur Sandii (Asia Argento) qui a tout ce qu’il faut (et plus) pour séduire Hiroshi. Mais l’amour de X va brouiller les cartes. Argent, sexe, amitié, trahison, rien ne se passe comme prévu… Heureusement pour les festivaliers, au bord de la dépression (on a frôlé l’émeute pour l’accès au film de Ferrara), le soleil était de retour et avec lui les stars: Melanie Griffith et Kenneth Branagh étaient attendus pour la première mondiale, jeudi, du dernier Woody Allen «Celebrity». George Clooney, le héros en blouse blanche de la série «E.R.», était déjà là, tout sourire, pour présenter «Out of Sight», une comédie romantique de Steven Soderbergh («Sex, Lies and Vidéotapes»). Gentleman-cambrioleur, le dernier «Batman» en date se retrouve coïncé, après une évasion, dans le coffre d’une voiture avec un membre de la loi et de l’ordre qui n’est autre que la pulpeuse Jennifer Lopez. Et que croyez-vous qu’il arriva? (AFP)
La Mostra de Venise parle d’amour en roumain et en américain, l’amour au temps de la barbarie et, comme le dit la chanson, il n’y a pas d’amour heureux ni dans «Terminus Paradis» de Lucian Pintilie, ni dans «New Rose Hotel» d’Abel Ferrara — les deux candidats au Lion d’Or — ni d’ailleurs dans la plupart des films montrés jusqu’ici. Dans cette Mostra fin de siècle, où le couple traditionnel est une espèce en voie de disparition, la quête de l’amour, l’amour impossible, la solitude, reviennent comme des leitmotive que ce soit sur le ton de l’humour léger pour «Conte d’automne» d’Eric Rohmer, ou dans un registre sombre comme «Voleur de vie». «Terminus Paradis», sur fond de Roumanie sinistrée, et «New Rose Hotel» sur fond de nuits glauques dans un futur proche régi par les multinationales,...