Argentine : le gouvernement et l'armée éclaboussés par des ventes illégales d'armes
le 12 septembre 1998 à 00h00
Plusieurs ministres et chefs militaires argentins sont désormais impliqués dans des affaires de ventes illégales d’armes en Equateur et en Croatie, entre 1991 et 1995, ces dossiers connaissant un spectaculaire rebondissement à la suite de révélations. Ces affaires avaient connu un premier dénouement spectaculaire en 1996 avec la mise en cause et la démission du ministre de la Défense de l’époque, Oscar Camilion, et du commandant de l’armée de l’air, le général Juan Paulik. Mais, souligne-t-on de source judiciaire, ces deux «fusibles» n’ont pas empêché le dossier de rebondir et de toucher désormais deux autres ministres et le chef d’état-major des armées. Le cas le plus sensible concerne un lot de 75 tonnes de munitions et cinq mille fusils automatiques officiellement vendus en 1995 au Venezuela, mais dont la destination finale était l’Equateur. Or ce pays était alors en conflit larvé avec le Pérou pour un problème de frontière et l’Argentine est un des pays garant du protocole de paix de Rio de Janeiro signé en 1942 par les deux pays andins. Selon des documents publiés au début de la semaine par le quotidien Clarin, le 13 février 1995 l’ambassadeur d’Argentine à Lima, Arturo Ossorio Arana, avait envoyé un avertissement à son ministère des Affaires étrangères pour l’informer de la véritable destination finale des armes. L’attaché militaire aurait fait la même chose de son côté auprès de ses supérieurs. Le ministre des Affaires étrangères, Guido Di Tella, a pourtant rejeté toute responsabilité de son département, tandis que les militaires dénoncent de leur côté «une opération politique» et demandent au gouvernement «d’assumer ses responsabilités». «Faux idéologique« L’autre affaire concerne la vente à Panama en 1991 de 6.500 tonnes d’armes, dont des canons de 155 et 105mm, des mortiers, des lance-grenades, des missiles à courte portée, des fusils, des munitions et des explosifs dont on a finalement retrouvé la trace en Croatie, pays sous le coup d’un embargo de l’ONU. Les lots d’armes avaient fait l’objet d’un décret présidentiel pour leur vente à Panama, pays pourtant sans forces armées depuis l’intervention américaine de 1989. L’ancien ministre de la Défense, l’actuel ministre du Travail Erman Gonzalez, s’est vu notifier l’ouverture d’une information pour «faux idéologique». L’enquête du polémique juge Jorge Urso devrait connaître de nouveaux et spectaculaires rebondissements dans les prochains jours, estime-t-on de source judiciaire. (AFP)
Plusieurs ministres et chefs militaires argentins sont désormais impliqués dans des affaires de ventes illégales d’armes en Equateur et en Croatie, entre 1991 et 1995, ces dossiers connaissant un spectaculaire rebondissement à la suite de révélations. Ces affaires avaient connu un premier dénouement spectaculaire en 1996 avec la mise en cause et la démission du ministre de la Défense de l’époque, Oscar Camilion, et du commandant de l’armée de l’air, le général Juan Paulik. Mais, souligne-t-on de source judiciaire, ces deux «fusibles» n’ont pas empêché le dossier de rebondir et de toucher désormais deux autres ministres et le chef d’état-major des armées. Le cas le plus sensible concerne un lot de 75 tonnes de munitions et cinq mille fusils automatiques officiellement vendus en 1995 au Venezuela, mais...
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