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Actualités - Chronologie

Les rêves présidentiels de Tchernomyrdine ébranlés (photo)

Viktor Tchernomyrdine paradait il y a trois semaines à peine comme successeur du président russe: écarté jeudi du poste de premier ministre par Boris Eltsine au profit d’Evgueni Primakov, il essuie un cuisant échec qui devrait fortement hypothéquer ses chances d’accéder un jour au siège suprême. Rappelé par M. Eltsine le 23 août pour prendre la place du jeune réformateur Sergueï Kirienko confronté à une grave crise économique, M. Tchernomyrdine n’a pas réussi en deux votes à faire accepter sa candidature par les députés de la Douma russe, en majorité communistes et nationalistes. Les élus de la Chambre basse du Parlement reprochent à cet homme de 60 ans, premier ministre de décembre 1992 à mars 1998, d’être responsable de la catastrophe économique dans laquelle le pays est plongé. En proposant son nom pour les fonctions de premier ministre, Boris Eltsine avait pourtant fait de lui son successeur désigné au Kremlin. Sa nomination, avait assuré le chef de l’Etat dans un message télévisé à la nation, a été motivée par le besoin de garantir «la continuité du pouvoir en l’an 2000», date de l’élection présidentielle. «Les qualités principales de Viktor Stepanovitch Tchernomyrdine sont la probité, l’honnêteté, et le sens des responsabilités. Je crois que ces qualités seront des facteurs décisifs lors de l’élection présidentielle», avait ajouté Boris Eltsine. A ce moment-là, le 24 août, le nouveau premier ministre semblait avoir toutes les cartes en mains. Il avait imposé ses conditions au président vieillissant, exigeant d’avoir carte blanche pour former son gouvernement et pour conduire sa politique. Les analystes voyaient en lui l’homme fort du pays. C’était sans compter sur l’hostilité de la gauche et des réformateurs d’opposition, majoritaires à la Douma. Incapable d’amadouer les parlementaires, M. Tchernomyrdine a renoncé jeudi à solliciter son investiture. «Si Tchernomyrdine est un obstacle, je retire» ma candidature, a-t-il déclaré. «La Russie a eu suffisamment de secousses pendant ce siècle (…). Je ne veux pas nuire à la Russie». Coup d’Etat en douceur Il a ensuite accusé les communistes de mener «un coup d’Etat en douceur pour écarter le chef de l’Etat», et mis en garde contre l’avènement d’un pouvoir de type fasciste en Russie, dans une intervention télévisée sur la chaîne publique ORT. A la tête du gouvernement, Viktor Tchernomyrdine avait surtout marqué par son sens du compromis, qui lui permettait à la fois d’obtenir les crédits du FMI et de se concilier l’opposition parlementaire. En près de six ans de règne, il n’a jamais pris le taureau par les cornes et imposé les réformes draconiennes jugées nécessaires par les économistes. Une des principales raisons avancées pour son limogeage en mars dernier au profit d’un jeune inconnu. En dépit de son manque de charisme et d’un taux de popularité très bas, M. Tchernomyrdine, au physique massif de vieil industriel soviétique, n’avait pas hésité à annoncer son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle en juin 2000. Il s’est déjà assuré les bases d’une puissante machine électorale, Par l’intermédiaire de Gazprom dans lequel il a gardé un rôle influent, il avait acquis à sa cause de nombreuses entreprises de presse et de télévision régionales. La semaine dernière, après un premier rejet de sa candidature par la Douma, il avait présenté son programme de «dictature économique», un plan annoncé comme «sensationnel» et finalement jugé brouillon par les analystes. (AFP)
Viktor Tchernomyrdine paradait il y a trois semaines à peine comme successeur du président russe: écarté jeudi du poste de premier ministre par Boris Eltsine au profit d’Evgueni Primakov, il essuie un cuisant échec qui devrait fortement hypothéquer ses chances d’accéder un jour au siège suprême. Rappelé par M. Eltsine le 23 août pour prendre la place du jeune réformateur Sergueï Kirienko confronté à une grave crise économique, M. Tchernomyrdine n’a pas réussi en deux votes à faire accepter sa candidature par les députés de la Douma russe, en majorité communistes et nationalistes. Les élus de la Chambre basse du Parlement reprochent à cet homme de 60 ans, premier ministre de décembre 1992 à mars 1998, d’être responsable de la catastrophe économique dans laquelle le pays est plongé. En proposant son nom...