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Actualités - Chronologie

Législatives suédoises : victoire sans gloire des sociaux-démocrates (photos)

Le premier ministre Goran Persson a revendiqué la victoire aux législatives de dimanche, en assurant que le pays ne connaîtrait pas de bouleversement, bien que son parti social-démocrate (SDP) ait réalisé son plus mauvais score depuis 80 ans. Le scrutin se traduit certes par une nette majorité pour le SDP et deux autres partis orientés à gauche, comme l’annonçaient les sondages, et par la défaite de l’opposition de centre-droit dirigée par Carl Bildt, ancien représentant de l’ONU en Bosnie. Mais le SDP, affaibli, sera tributaire d’autres formations pour gouverner, la plus en vue étant le parti de la gauche anciennement communiste. Le taux de participation enregistré — 78,6% — est faible pour le pays habituellement très motivé qu’est la Suède. «Nous allons continuer à gouverner», a lancé Persson aux militants réunis au siège de son parti, en serrant un bouquet de roses rouges. Il n’en a pas moins reconnu que le SDP aurait besoin d’auxiliaires. «De toute évidence, cela concerne avant tout le Parti de la gauche et le parti des Verts, qui ont clairement exprimé leur position durant la campagne électorale», a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Tout en insistant sur le fait que le remboursement de la dette publique resterait leur priorité, les sociaux-démocrates ont fait de leur programme social, qui prévoit un budget de neuf milliards de couronnes (1,14 milliard de dollars), la pierre angulaire de leur campagne. Bildt et son Parti modéré prônaient quant à eux de fortes réductions d’impôts pour favoriser les créations d’emplois et faire baisser le chômage, dont le taux s’élève à 7,3%. Politique d’austérité sanctionnée Persson, qui s’était attiré la confiance des marchés en tant que ministre des Finances de 1994 à 1996, puis comme chef du gouvernement, en assainissant le budget du pays, a cependant été sanctionné par un électorat fatigué par des années de régime d’austérité. Son recul a largement profité au Parti de la gauche, qui a centré son programme sur la semaine de 35 heures, la taxation des entreprises et le retrait de l’Union européenne. Le SDP, le Parti de la gauche et les Verts recueillent ensemble environ 53,1% des voix. Le Parti modéré, principale formation d’opposition, et trois autres partis de centre-droit réalisent un score combiné de 44,3%. Mais la part du SDP, qui était de 45,3% en 1994, tombe à 36,6% des voix, son résultat le plus médiocre depuis 1920. Par contraste, le Parti de la gauche double son score de 1994 en obtenant 11,8%. Les Verts, eux, restent stables à 4,5%. Persson a assuré qu’une alliance avec la gauche — dans un gouvernement minoritaire et non dans une coalition — n’entraînerait pas de changement de politique économique. «Nous continuerons en tant que gouvernement minoritaire social-démocrate en restant fidèles à notre politique économique, avec un budget équilibré, une inflation faible et, avec un peu de chance, des taux d’intérêts faibles également», a-t-il déclaré. «Aussi mon message est-il : Les affaires continuent»». Schyman: «L’électorat doit être entendu» La perspective d’un SDP affaibli et tributaire du Parti de la gauche a inquiété les marchés et affecté la couronne suédoise ces dernières semaines. Des économistes déclarent cependant que le rôle accru de la gauche n’inspire guère d’appréhension pour le moment. Gudrun Schyman, dirigeante très populaire du Parti de la gauche, a annoncé qu’elle s’entretiendrait lundi avec la direction du SDP, mais elle a souligné devant la presse que les résultats du scrutin de dimanche devait être pris en compte avec le plus grand sérieux. Elle a dit ne pas réclamer de postes ministériels pour son parti mais compter en revanche sur un programme politique reflétant de près l’attente exprimée par l’électorat. Persson pourrait tenter de se concilier l’appui de petites formations de centre-droit pour éviter de dépendre trop étroitement du Parti de la gauche, bien que les chrétiens démocrates — dont le score a plus que doublé pour atteindre 11,8% — aient exclu de coopérer avec lui. Carl Bildt, que l’on s’attend à voir retourner à la diplomatie internationale après sa défaite, a estimé que Persson serait obligé de composer avec la gauche et il a prédit en conséquence une période d’instabilité parlementaire. «C’est le plus mauvais résultat possible pour la Suède», a dit Bildt. «(Cela signifie) un gouvernement extrêmement faible, dirigé par un parti diminué, et je crains que nous n’allions vers une politique moins orientée vers la croissance». (Reuters)
Le premier ministre Goran Persson a revendiqué la victoire aux législatives de dimanche, en assurant que le pays ne connaîtrait pas de bouleversement, bien que son parti social-démocrate (SDP) ait réalisé son plus mauvais score depuis 80 ans. Le scrutin se traduit certes par une nette majorité pour le SDP et deux autres partis orientés à gauche, comme l’annonçaient les sondages, et par la défaite de l’opposition de centre-droit dirigée par Carl Bildt, ancien représentant de l’ONU en Bosnie. Mais le SDP, affaibli, sera tributaire d’autres formations pour gouverner, la plus en vue étant le parti de la gauche anciennement communiste. Le taux de participation enregistré — 78,6% — est faible pour le pays habituellement très motivé qu’est la Suède. «Nous allons continuer à gouverner», a lancé Persson aux...