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Actualités - Reportage

Les réalisateurs Hadjithomas-Joreige : regard neuf sur Beyrouth (photo)

Les coréalisateurs de «La maison rose», Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, sont mari et femme. Professeurs de scénario et d’image à l’IESAV, ils se partagent entre le Liban et la France, Joana donnant des cours à l’Université Paris X. Dans ce premier long métrage de 110 mn, ils ont investi toute leur énergie. Ils se félicitent du bon déroulement des opérations et de l’atmosphère qui a régné sur le tournage. «Le scénario de «La maison rose» avait obtenu, en 1995, le prix européen «Sources du groupe Media» »,indiquent-ils. «Nous l’avons retravaillé puis nous sommes entrés en contact avec le producteur Edouard Mauriat. Le cinéma, nous y arrivons un peu en autodidactes», ajoutent-ils, «même si nous avons eu tous deux un cursus universitaire assez artistique (Histoire de l’Art, Lettres modernes, théâtre…)». Attirés depuis toujours par l’image, Joana et Khalil ont déjà à leur actif plusieurs installations et expositions de photographies, ainsi que deux courts métrages: «3 3 3 Sycomore» (16 mm) et «Faute d’identités» (35 mm). Le scénario de «La maison rose» a également été présenté au Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier où il a reçu une mention spéciale du jury, pour la justesse du regard sur la situation libanaise. Comment définissent-ils «La maison rose»? «On pourrait dire que c’est un long métrage de fiction, une sorte de comédie qui parle d’après-guerre, de réadaptation, de reconstruction», répondent-ils. «Il y a dans ce film une part de fantaisie et d’onirisme. Par quelques séquences, on approche aussi du western»… Côté message, «il y en a plusieurs», notent-ils. «Ce sont plutôt des questions que nous posons: comment vivre l’après-guerre; comment ne pas devenir amnésique par rapport à un état de fait; est-ce que le système en place ne favorise pas certains aux dépens d’autres; comment gérer le passé et le présent qui se téléscopent, etc.» Mémoire Ils expliquent que «le film ne porte pas de jugement mais réfléchit sur ce que sera notre société une fois restructurée. C’est également une invitation à être proches des gens, à prendre de la distance par rapport aux clichés… Nous avons eu envie de parler d’une réalité qui nous affecte», souligne Joana Hadjithomas, «et colle à cette réalité qu’elle ne cherche pas à simplifier. Nous avons un problème à régler avec le concept de mémoire», ajoute-t-elle. «Toutefois, il s’agit là de mémoire personnelle, individuelle, et non collective». Les acteurs de «La maison rose» sont au nombre de 51. «Ils sont presque tous professionnels», relèvent les réalisateurs. On retrouve notamment Joseph Bou Nassar, Mireille Safa, Issam Bou Khaled, Hassan Farhat, Hassan Mourad, Fadi Abi Samra, Maurice Maalouf, Zeina Saab de Meleiro, Chadi el-Zein, Hanane Abboud, Georges Kehdi, Gabriel Yammine, Zeid Hamdane, Antoine Balaban, Nicolas Daniel, Nabil Assaf, Nagy Sourati, Raymond Hosni, Rabih Mroué et Hamzé Nasrallah. «Nous n’avons pas voulu qu’il y ait un seul personnage principal pour qu’on ne pense pas qu’il symbolise le regard ou la voix du réalisateur», explique Khalil Joreige. «Il n’y a donc pas de héros; le film est éclaté, et une vingtaine de personnages se partagent les rôles importants». De leur premier film, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige pourraient parler pendant des heures. «Tous ont fait un véritable effort pour entrer dans cette aventure», disent-ils. Y en aura-t-il d’autres? «Certainement. Nous n’allons pas nous arrêter là», promettent-ils.
Les coréalisateurs de «La maison rose», Khalil Joreige et Joana Hadjithomas, sont mari et femme. Professeurs de scénario et d’image à l’IESAV, ils se partagent entre le Liban et la France, Joana donnant des cours à l’Université Paris X. Dans ce premier long métrage de 110 mn, ils ont investi toute leur énergie. Ils se félicitent du bon déroulement des opérations et de l’atmosphère qui a régné sur le tournage. «Le scénario de «La maison rose» avait obtenu, en 1995, le prix européen «Sources du groupe Media» »,indiquent-ils. «Nous l’avons retravaillé puis nous sommes entrés en contact avec le producteur Edouard Mauriat. Le cinéma, nous y arrivons un peu en autodidactes», ajoutent-ils, «même si nous avons eu tous deux un cursus universitaire assez artistique (Histoire de l’Art, Lettres modernes,...