Pourtant, que la montagne est belle, chante Ferrat. Rurales, modestes sans doute, les anciennes demeures de vieux villages font écho au charme d’une nature que peu à peu l’homme «moderne» défigure. Il y a là, parallèlement aux hôtels particuliers des Beyrouthins enrichis au début du siècle, tout un patrimoine affectif autant qu’architectural que les autorités négligent. Ces foyers «paysans», toujours vastes pour héberger plusieurs générations en gardant à la famille son unité, étaient bâtis en terre battue et poutres de bois apparentes. Avec une étonnante recherche intérieure, un souci constant d’enjoliver le moindre recoin par des arcades, des arabesques, des niches, des alcôves en glaise modelée et en bois précieux. Quand on ne dormait pas dans les alcôves, on y rangeait draps et matelas. Et, dans les niches, on empilait coussins ou oreillers habillés de popeline, parfois de satin écru. Il y avait du reste une infinité d’enclaves murales de formes et de tailles variées, parce que tout s’y plaçait : les lampes à huile, les provisions de bouche, les effets personnels et les outils du labeur agricole. Le sol était souvent en terre ocre bien battue, bien nivelée, mais qu’il fallait régulièrement poncer, tâche bien évidemment dévolue à l’élément féminin de la maisonnée… C’était un cadre lent pour une existence paisible. Et l’on éprouve en en contemplant aujourd’hui les derniers specimens, l’étrange nostalgie de ce que l’on n’a pas connu, que l’on ne connaîtra jamais. C’est bien pourquoi, Baakline tire la sonnette d’alarme: l’un de ces fleurons du passé commun, la maison de Fouad Sabbagh risque de s’effondrer sous le poids des ans. Le propriétaire n’a pas les moyens d’assurer le sauvetage et c’est un SOS que les amis du patrimoine lancent ici même… Alors à bon lecteur salut…
Pourtant, que la montagne est belle, chante Ferrat. Rurales, modestes sans doute, les anciennes demeures de vieux villages font écho au charme d’une nature que peu à peu l’homme «moderne» défigure. Il y a là, parallèlement aux hôtels particuliers des Beyrouthins enrichis au début du siècle, tout un patrimoine affectif autant qu’architectural que les autorités négligent. Ces foyers «paysans», toujours vastes pour héberger plusieurs générations en gardant à la famille son unité, étaient bâtis en terre battue et poutres de bois apparentes. Avec une étonnante recherche intérieure, un souci constant d’enjoliver le moindre recoin par des arcades, des arabesques, des niches, des alcôves en glaise modelée et en bois précieux. Quand on ne dormait pas dans les alcôves, on y rangeait draps et matelas. Et, dans...
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