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Actualités - Conferences Et Seminaires

L'Europe face à un défi : la délinquance en col blanc

Des policiers d’une vingtaine de pays européens sont réunis depuis mardi en colloque à Paris pour confronter leurs expériences et tenter de renforcer leur coopération dans la lutte contre la criminalité économique organisée. Ce séminaire de trois jours fait suite à une résolution d’une assemblée générale d’Interpol qui prévoit une conférence internationale sur le sujet en l’an 2.000. La délinquance financière en Asie et en Amérique a déjà été l’occasion de réunions similaires l’an dernier, l’Europe et l’Afrique étant au programme de l’organisation internationale de police cette année. La délinquance en «col blanc», qui porte annuellement sur 500 à 1.000 milliards de dollars, selon les sources, constitue un fléau de plus en plus complexe et sophistiqué «qui peut mettre en péril nos démocraties», a souligné le secrétaire général d’Interpol, Raymond Kendall. De l’abus de biens sociaux au blanchiment de «l’argent sale», la délinquance économique a évolué au cours des quinze dernières années, surtout dans ses «dimensions», a-t-il dit. Un phénomène auquel n’échappe pas l’Union européenne, comme l’a souligné devant la presse le Danois Per Brix Knudsen, de l’Unité de coordination de lutte antifraude (UCLAF) dont s’est doté Bruxelles. A titre d’exemple, il a souligné le cas de la fraude au tabac et aux alcools, produits «à haute fiscalité», qui coûte chaque année quelque quatre milliards d’écus (environ 25 milliards de francs) aux professionnels et aux Etats, un quart de cette somme échappant directement aux caisses communautaires. Dans ce domaine, dit Per Brix Knudsen, les contrebandiers à la petite semaine sont aujourd’hui supplantés par des mafias parfaitement organisées qui, si elles gagnent moins sur ces «marchés» que sur celui des stupéfiants, savent aussi que les risques sont «moins grands». La fraude aux subventions bruxelloises est aussi un «classique», comme l’a encore récemment souligné le rapport d’enquête parlementaire sur la Corse. A ce titre, la perspective de l’élargissement de l’Union à certains pays de l’Est constitue un «défi», dit Per Brix Knudsen. «Dans beaucoup de secteurs, dit-il, il s’agit seulement d’harmoniser des textes. Dans le domaine de la fraude, il est nécessaire d’établir dès maintenant une coopération étroite et d’élaborer une véritable stratégie incluant la possibilité de contrôler, sur place, que les fonds communautaires ne sont pas détournés de leur objet», estime M. Knudsen. Le séminaire parisien réunit à ce titre des policiers d’Ukraine, de Lettonie, de Pologne, d’Azerbaïdjan et de Croatie. La prochaine arrivée de l’euro constitue aussi de l’avis des experts une autre menace potentielle en matière de délinquance économique. «L’euro va constituer pour les faux-monnayeurs une cible très attrayante comme l’est actuellement le dollar», prédit Alain Defer, chef de la division nationale pour la répression des faux moyens de paiement et de contrefaçons de la police judiciaire française. Avant même sa mise en service, la monnaie unique européenne a déjà défrayé la chronique judiciaire avec la «disparition étrange» et toujours pas résolue d’une maquette de cette monnaie entre la France et l’Allemagne. Pendant trois jours, les participants au séminaire parisien vont mettre en commun leur expérience, comparer leurs techniques d’investigation et surtout tenter de dessiner les contours d’un plan de coopération qui, de l’avis général, constitue le moyen le plus sûr de combattre le crime économique organisé. Une coopération dont le cadre est illustré par cette image d’Ange Manccini, directeur du service de coopération technique internationale de police (SCTIP) de la police judiciaire française: «c’est un peu comme un mariage. Il y a des fois où cela marche bien, parfois on s’engueule. L’important, c’est de faire en sorte que cela marche le mieux possible», dans le respect des législations nationales. (Reuters)
Des policiers d’une vingtaine de pays européens sont réunis depuis mardi en colloque à Paris pour confronter leurs expériences et tenter de renforcer leur coopération dans la lutte contre la criminalité économique organisée. Ce séminaire de trois jours fait suite à une résolution d’une assemblée générale d’Interpol qui prévoit une conférence internationale sur le sujet en l’an 2.000. La délinquance financière en Asie et en Amérique a déjà été l’occasion de réunions similaires l’an dernier, l’Europe et l’Afrique étant au programme de l’organisation internationale de police cette année. La délinquance en «col blanc», qui porte annuellement sur 500 à 1.000 milliards de dollars, selon les sources, constitue un fléau de plus en plus complexe et sophistiqué «qui peut mettre en péril nos...