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Actualités - Chronologie

Sourdes-muettes et immobilisées Les ONG rongent leur frein

Dépossédées de moyens de communication, privées d’accès à leurs projets dans les «territoires libérés» par la rébellion faute d’autorisation ou de sécurité, nombre d’ONG rongent leur frein à Goma (est), tandis qu’autour, le Kivu attend de l’aide. A l’automne 1997, quelque 35.000 familles au Nord et au Sud-Kivu avaient reçu des graines de haricots, d’arachides, soja et légumes variés distribués par Food for the Hungry (FHI). L’ONG pense pouvoir n’en atteindre cette année que 8.000 à 9.000. Sur 20.000 prévues. Les difficultés d’accès ont fait monter le coût du sac (achat+acheminement) de 6 à 8 dollars. Quant aux missions d’évaluation de besoins, FHI a instruit son personnel local de n’utiliser que les transports en commun, un 4x4 sur certaines routes peu sûres attirant trop les convoitises. Chacun s’accorde à dire que les difficultés ne datent pas du début de la rébellion, mais de la fin 1997, lorsque la dégradation des relations entre les Banyamulenge et le nouveau régime de Kinshasa a encore accru l’insécurité dans un Kivu déjà en proie, selon les zones, aux attaques d’extrêmistes hutus Interahamwe, d’anciens soldats des forces armées rwandaises (ex-FAR, armée du génocide rwandais), ou de combattants Maï-Maï. Le directeur FHI Congo, Monty Crisp, vient juste d’être autorisé à se rendre à Bukavu (la capitale du Sud-Kivu, au sud de Goma), mais par bateau (six heures) sur le lac Kivu. Sans nouvelles du personnel Il sait que des stocks d’ONG là-bas ont été pillés aux premiers jours des combats, début août. Il est sans nouvelles du personnel FHI local depuis. Car les moyens de communication des ONG ont disparu. Sitôt rendues maîtres de Goma, les autorités rebelles ont recensé et saisi leurs systèmes radio VHF et leurs téléphones satellitaires, promettant de les leur rendre en temps voulu. En attendant, nombre d’ONG sont «scotchées» à Goma et leurs activités réduites à portion congrue, incapables comme Save The Children d’accéder à la plupart des 1.000 enfants déplacés, séparés ou malades, qu’elle suit dans un rayon de 100 km autour de la capitale du Nord-Kivu. Inquiétudes Entre évaluation des besoins, des stocks, recensement ou accueil des déplacés et fourniture de rations (par le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU entre autres), il reste à faire sur Goma. Malgré l’arrivée, par petits groupes, de quelque 10.000 «déplacés» depuis un peu plus d’un mois, les ONG s’accordent à considérer que la situation humanitaire ne s’est pas, ou pas encore, détériorée de façon inquiétante. Même si le PAM, l’un des rares à pouvoir travailler «sans problème» vers le nord, selon sa direction congolaise, fait état de 250 nouveaux cas de malnutrition infantile recensés en une seule semaine. Les stocks alimentaires et les réserves de médicaments sont satisfaisants, seul l’approvisionnement s’est complexifié, avec la partition de facto du pays. L’hôpital général de Goma, où le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) mène une mission de formation et de préparation à l’urgence, est paré pour un mois environ. Reste l’extérieur, où les besoins risquent d’être, à terme, plus criants. Car plus qu’une aide humanitaire d’urgence, ce sont des projets agricoles, d’infrastructure routière, d’assainissement des eaux qui sont gelés ou pour certains même pas engagés, étant donné les sommes en jeu, «dans l’attente d’y voir un peu plus clair», selon des agents d’ONG réticents à être cités. «On marche sur des œufs» avec les nouvelles autorités, explique cet expatrié, conscient qu’en dépit de bons rapports avec les rebelles, une contradiction de plus en plus forte risque d’apparaître entre d’une part le besoin croissant du travail des ONG dans les territoires libérés ou zones de front, et d’autre part les moyens qu’elles demanderont (moyens de communication, autorisations d’accès, accès aux prisonniers) pour effectuer ce travail. (AFP)
Dépossédées de moyens de communication, privées d’accès à leurs projets dans les «territoires libérés» par la rébellion faute d’autorisation ou de sécurité, nombre d’ONG rongent leur frein à Goma (est), tandis qu’autour, le Kivu attend de l’aide. A l’automne 1997, quelque 35.000 familles au Nord et au Sud-Kivu avaient reçu des graines de haricots, d’arachides, soja et légumes variés distribués par Food for the Hungry (FHI). L’ONG pense pouvoir n’en atteindre cette année que 8.000 à 9.000. Sur 20.000 prévues. Les difficultés d’accès ont fait monter le coût du sac (achat+acheminement) de 6 à 8 dollars. Quant aux missions d’évaluation de besoins, FHI a instruit son personnel local de n’utiliser que les transports en commun, un 4x4 sur certaines routes peu sûres attirant trop les...