La police anti-émeute est de nouveau intervenue en force mercredi dans les rues de Phnom Penh pour disperser des rassemblements antigouvernementaux, tuant un moine bouddhiste et blessant grièvement plusieurs autres manifestants, tandis que l’opposition appelait les autorités à mettre fin à la «violence barbare». Selon des sources informées, un moine bouddhiste est décédé des suites d’une blessure par balle et un autre a été légèrement blessé. L’information n’a pas été confirmée officiellement. Un semblant de calme était revenu à la mi-journée mais l’atmosphère reste tendue dans le centre de la capitale. Les manifestants, des jeunes, s’étaient regroupés – «spontanément», selon l’opposition – en début de matinée devant l’ambassade américaine afin de «demander l’aide des Etats-Unis pour apporter la démocratie au Cambodge». Bombardés de pierres, les policiers, armés de fusils et de matraques, ont tiré quelques coups de feu en l’air pour disperser des petits groupes de manifestants, très mobiles, dans les rues autour de l’ambassade et de la résidence du chef de l’opposition royaliste, le prince Norodom Ranariddh. Plusieurs manifestants ont été battus violemment lorsque les policiers les ont chargés et pourchassés aux abords de l’ambassade. Un caméraman américain a été blessé à la tête par une pierre. Les manifestations, organisées à l’origine pour dénoncer le résultat des élections de juillet, entachées de fraude selon l’opposition, prennent un ton de plus en plus agressif contre le régime du second premier ministre Hun Sen, l’homme fort du Cambodge, accusé d’être à la solde du Vietnam communiste. Hun Sen avait mis à exécution mardi sa menace de disperser les manifestations de l’opposition, qui durent depuis plusieurs semaines, afin de tenter de restaurer l’ordre. La police anti-émeute avait investi mardi après-midi le parc de l’Assemblée nationale, occupé depuis quinze jours par des partisans de l’opposition qui y avaient installé un campement de fortune rebaptisé par eux «Place de la démocratie». Le campement a été détruit. Les chefs de l’opposition, qui semblent ne pas contrôler les manifestants, ont exhorté les autorités à mettre fin à «la répression barbare». M. Rainsy s’est engagé «à faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter le bain de sang». Il s’est défendu d’être «derrière les manifestants», lors d’une conférence de presse au QG du parti d’opposition royaliste FUNCINPEC. L’opposant, qui dirige un parti portant son nom, est sorti brièvement de l’hôtel où il s’est réfugié sous la protection de l’ONU, pour rencontrer le chef du FUNCINPEC, le prince Ranariddh, avant d’y retourner. Hun Sen, le second premier ministre, avait laissé entendre lundi que l’arrestation de l’opposant avait été ordonnée à la suite d’une attaque à la grenade contre sa résidence à Phnom Penh. Mais le ministère de l’Intérieur a affirmé qu’aucun mandat d’arrêt n’avait été prononcé. De son côté, le prince Ranariddh a averti que la situation pourrait dégénérer en «lutte violente». «Nous ne sommes pas en mesure d’empêcher les gens de manifester. C’était une manifestation pacifique, maintenant elle est violente», a-t-il déploré. Il s’est néanmoins engagé à continuer à appeler les manifestants à ne pas recourir à la violence. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La police anti-émeute est de nouveau intervenue en force mercredi dans les rues de Phnom Penh pour disperser des rassemblements antigouvernementaux, tuant un moine bouddhiste et blessant grièvement plusieurs autres manifestants, tandis que l’opposition appelait les autorités à mettre fin à la «violence barbare». Selon des sources informées, un moine bouddhiste est décédé des suites d’une blessure par balle et un autre a été légèrement blessé. L’information n’a pas été confirmée officiellement. Un semblant de calme était revenu à la mi-journée mais l’atmosphère reste tendue dans le centre de la capitale. Les manifestants, des jeunes, s’étaient regroupés – «spontanément», selon l’opposition – en début de matinée devant l’ambassade américaine afin de «demander l’aide des Etats-Unis pour...