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Actualités - Chronologie

Football Allemagne : Jupp Heynckes refuse la succession de Vogts

L’ex-international allemand et ex-entraîneur du Bayern Munich et du Real Madrid Jupp Heynckes a refusé mardi la succession du sélectionneur allemand démissionnaire Berti Vogts. Heynckes était cité par toute la presse et par les experts, le «Kaiser» Franz Beckenbauer en tête, comme l’un des quatre hommes susceptibles de devenir sélectionneur, aux côtés d’Otto Rehhagel, champion d’Allemagne avec le FC Kaiserslautern, Ottmar Hitzfeld, entraîneur du Bayern, et Christoph Daum, coach du Bayer Leverkusen. C’est Heynckes, lequel avait les faveurs de Beckenbauer, qui semblait le plus apte à assurer la difficile relève de Vogts, car, des quatre, il était le seul sans contrat, après son limogeage par le Real Madrid en dépit du succès en Ligue des champions. Les trois autres sont liés à leur club par un contrat de longue durée. L’intéressé a opposé une fin de non-recevoir aux appels du pied en sa direction, mettant en avant mardi l’état de santé de son épouse, Iris, qui a subi hier lundi deux opérations chirurgicales. «En ce moment, je n’ai pas l’esprit, ni le temps, de me concentrer sur le premier match qualificatif de l’Allemagne pour le championnat d’Europe le 10 octobre contre la Turquie», a-t-il souligné dans une déclaration écrite adressée au président de la Fédération allemande de football (DFB), Egidius Braun. Déjà confronté au refus de Beckenbauer, Rehhagel, Hitzfeld et Daum, M. Braun, 73 ans, a dû renoncer à se rendre mardi en Turquie pour fêter le 75e anniversaire de la naissance de la Fédération turque de football pour prendre personnellement en mains la difficile recherche de l’oiseau rare. Après les éliminations, humiliantes pour les triples champions du monde, en quarts de finale du Mondial en 94 aux Etats-Unis (1-2 contre la Bulgarie) et en 98 en France (0-3 face à la Croatie), le titre de champion d’Europe 1996 ne constituant qu’un brillant accessit, Berti Vogts a dû jeter l’éponge avant même le premier match de qualification pour l’Euro-2000. Car, non seulement, l’élimination du Mondial, mais aussi l’art et la manière — un jeu sans ambition, sans rythme, sans imagination, stéréotypé, fourni par une équipe vieillissante — ont été mis en cause tant par les supporteurs allemands que par la presse. Et, la calamiteuse campagne de préparation à Malte la semaine dernière (2-1 contre les obscurs maltais et 1-1 contre la Roumanie) a fini par donner le coup de grâce à un sélectionneur qui présentait pourtant le meilleur bilan de l’histoire du football allemand: 67 victoires, 23 matches nuls et seulement 12 défaites. Après avoir déjà dû se renier une première fois lors du Mondial en France en rappelant après trois ans d’absence le vétéran Lothar Mattaeus, 38 ans, Vogts avait tourné casaque une seconde fois en intronisant de nouveau — et comme meneur de jeu — celui qu’il avait déclaré «proscrit à tout jamais» au Mondial-94, Stefan Effenberg, nouvelle coqueluche du Bayern Munich. Enfin, il a définitivement lassé, y! compris son dernier carré de fidèles, par ses tergiversations tactiques, telles à Malte la suppression du poste de libero — devenu avec Beckenbauer une institution en Allemagne depuis plus de 30 ans — au profit d’une défense à quatre orientée sur le joueur adverse porteur du ballon, poste rétabli au cours du second match contre les Roumains... Et, le temps presse pour les Allemands dans la perspective de la qualification pour l’Euro-2000: le 10 octobre, ils feront un difficile déplacement en Turquie, laquelle capitalise déjà un succès 3-0 sur l’Irlande du Nord, avant de se rendre quatre jours plus tard en Moldavie. Dans ce groupe 3, ils ont enfin aussi comme adversaire la Finlande, victorieuse des Moldaves 3-2. La presse salue le départ de Berti Vogts La presse quotidienne allemande a salué presque unanimement mardi la démission de Berti Vogts. Même le «Handelsblatt», quotidien économique et financier, annonce à la une le départ de celui dont «la carrière de footballeur avait pris fin par un but contre son camp et dont la carrière d’entraîneur se termine avec une malchance identique». Sous le titre «Aus!» (sorti!), le quotidien populaire «Bild» rappelle tout de même que Berti Vogts «a gagné 67 fois et perdu seulement 12 fois». «Quoique champion d’Europe, il reste pour les spécialistes comme celui qui n’a pas réussi à se faire reconnaître. Hier, il a remporté pour lui-même une grande victoire en partant résolument et courageusement», ajoute «Bild» Si «l’équipe nationale est dans une impasse, Berti Vogts n’est pas seul responsable», avertit le quotidien. «Les joueurs, ces dernières semaines, l’ont laissé prendre les coups (...). Le bouc émissaire est parti. Ils ne pourront plus se cacher derrière lui». Les joueurs donnent leur sentiment dans l’«Express», autre quotidien populaire qui annonce sur toute la largeur de sa une: «Berti s’en va». Pour Mario Basler, Vogts a pris «la meilleure décision». Oliver Bierhoff, lui, estime que «la faute incombe à beaucoup» et que la décision de Vogts intervient à temps. Il espère que désormais «l’équipe pourra jouer plus librement». Pour la «Frankfurter Allgemeine Zeitung», «l’autorité et la crédibilité de Vogts auprès de l’équipe et du public ont été annihilées pendant la Coupe du monde, lorsqu’il est apparu comme le plus grand perdant lors de l’élimination de l’Allemagne par la Croatie». Enfin, pour le «General Anzeiger» de Bonn, «cette démission arrive trop tard. Berti Vogts a tiré hier les conséquences de son insuccès, des critiques internes et externes ainsi que de son incapacité à résister aux pressions». (AFP)
L’ex-international allemand et ex-entraîneur du Bayern Munich et du Real Madrid Jupp Heynckes a refusé mardi la succession du sélectionneur allemand démissionnaire Berti Vogts. Heynckes était cité par toute la presse et par les experts, le «Kaiser» Franz Beckenbauer en tête, comme l’un des quatre hommes susceptibles de devenir sélectionneur, aux côtés d’Otto Rehhagel, champion d’Allemagne avec le FC Kaiserslautern, Ottmar Hitzfeld, entraîneur du Bayern, et Christoph Daum, coach du Bayer Leverkusen. C’est Heynckes, lequel avait les faveurs de Beckenbauer, qui semblait le plus apte à assurer la difficile relève de Vogts, car, des quatre, il était le seul sans contrat, après son limogeage par le Real Madrid en dépit du succès en Ligue des champions. Les trois autres sont liés à leur club par un contrat de...