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Actualités - Chronologie

Licenciements à tours de bras des milieux financiers touchés par la crise

Quand il a été renvoyé, Sacha, employé d’une agence de courtage, a reçu un véritable choc. Ce jeune homme dynamique, habitué ces dernières années à voir son niveau de vie augmenter en même temps que le marché se développait, avait oublié qu’en Russie la vie peut changer du jour au lendemain. Sacha est l’une des nombreuses victimes de la crise financière sans précédent qui balaye la Russie depuis plus de trois semaines, entraînant une vague de licenciements, essentiellement dans les milieux financiers, banquiers et d’affaires qui ont explosé depuis la chute de l’URSS en 1991. «Maintenant, bien sûr, cela va être très dur de trouver du travail», pronostique Sacha, qui a perdu son poste quelques jours avant la dévaluation du rouble le 17 août. «Je suis prêt à être payé moins cher car je sais que le marché va vraiment très mal mais je n’arrive toujours pas à trouver la place que je veux», raconte le jeune homme, âgé de 31 ans. Un courtier russe touche en moyenne un salaire de 2.500 à 3.500 dollars par mois. Et les prévisions des instituts de statistiques ne donnent aucun espoir à Sacha et ses collègues bardés de diplômes russes ou étrangers. Dans les semaines à venir, la crise pourrait toucher 20% des quelques 750.000 employés du secteur financier, soit 150.000 caissiers, vendeurs ou directeurs, selon le directeur de l’Association des banques russes, Sergueï Egorov. Une goutte dans l’océan de licenciements qui se profilent — 11% de la population active, selon l’Organisation mondiale du travail (OMT) — et va toucher de plein fouet l’embryon de la classe moyenne russe lentement constituée. «La plupart des banques ont déjà licencié 30 à 60% de leurs salariés. Beaucoup de personnes sont renvoyées pour la première fois de leur vie et c’est un véritable choc», relève Terri Lindeberg, représentant pour Moscou de l’agence pour l’emploi britannique Antal International. Peter Afanassiev, employé dans une autre agence de recrutement, note que depuis le début de la crise «le flot des inscriptions a doublé, peut-être triplé, et que 50% des demandeurs d’emplois travaillaient dans des banques ou des compagnies d’investissements». «Nous ne serons pas capables d’aider ces gens au cours des prochains mois. Il est clair que la plupart des (compagnies financières) ont complètement arrêté de recruter», prévient M. Afanassiev. «Huit compagnies sur dix ont suspendu leurs activités», selon lui. Chaque jour, dans les couloirs de ces sociétés, les rumeurs vont bon train: ceux qui ont été licenciés, ceux qui vont l’être. La grande banque Menatep a renvoyé 30% de son personnel, au moins 1.000 personnes, la semaine dernière. Alfa-Bank aurait fait de même pour 40% de ses employés. DialoBank, qui avait déja fait une première charette de licenciements dès juillet, devrait encore réduire ses troupes très prochainement. Certaines institutions ont eu recours au chômage technique, préférant mettre en «vacances» impayées leurs salariés jusqu’à de meilleurs jours. «Environ 20% de nos salariés sont «en vacances» et retrouveront leur place dès que la situation se sera améliorée», indique Alexeï Kondratiev, de la société de courtage Rinako Plus, qui emploie 150 personnes. Les vrais licenciements sont encore à venir, si la situation ne s’améliore pas, reconnaît néanmoins M. Kondriatev. «La crise touche tout le monde et dire le contraire serait mentir», ajoute-t-il. Cette hécatombe, qui a touché en premier les milieux financiers, touche peu à peu les autres secteurs qui pâtissent eux aussi de la dégringolade sans fin du rouble et de l’inflation galopante. Le nouveau chômeur apprend parfois la nouvelle en tombant des nues. «Nous sommes arrivés un matin, les portes de l’immeuble étaient fermées. Il y avait deux listes sur le mur, l’une avec les noms de ceux qui étaient renvoyés, l’autre avec les noms de ceux qui restaient. Les renvoyés n’ont même pas été autorisés à entrer dans le bâtiment», raconte Igor, employé d’une firme pharmaceutique, Ecohelp Pharm. (AFP)
Quand il a été renvoyé, Sacha, employé d’une agence de courtage, a reçu un véritable choc. Ce jeune homme dynamique, habitué ces dernières années à voir son niveau de vie augmenter en même temps que le marché se développait, avait oublié qu’en Russie la vie peut changer du jour au lendemain. Sacha est l’une des nombreuses victimes de la crise financière sans précédent qui balaye la Russie depuis plus de trois semaines, entraînant une vague de licenciements, essentiellement dans les milieux financiers, banquiers et d’affaires qui ont explosé depuis la chute de l’URSS en 1991. «Maintenant, bien sûr, cela va être très dur de trouver du travail», pronostique Sacha, qui a perdu son poste quelques jours avant la dévaluation du rouble le 17 août. «Je suis prêt à être payé moins cher car je sais que le...