Présente militairement depuis trois ans en Bosnie, l’OTAN espère que les élections générales, qui se tiendront dans ce pays les 12 et 13 septembre, permettront l’amorce d’un désengagement progressif de ses troupes. Ce souhait, exprimé surtout par les militaires, ne sera peut-être pas réalisable avant encore six mois, estiment cependant des diplomates. «La situation s’est améliorée mais le problème des réfugiés reste un problème majeur» qui interdit de rendre sa liberté totale à la Bosnie, indique l’un d’entre eux. «L’année du retour des réfugiés», appelée ainsi en janvier, «est loin d’être une réussite», poursuit-il, en évoquant le cas de personnes rentrées au pays mais qui en sont reparties peu de temps après. «Le retour des réfugiés se passe très mal ou ne se passe pas», renchérit un autre diplomate. La mission de la SFOR, qui devait initialement s’achever en juin, a été prolongée de manière illimitée, avec un engagement à revoir le dispositif militaire (30.000 hommes) tous les six mois. Pour l’instant, aucune date précise n’a été fixée pour le premier examen, l’OTAN préférant voir comment vont se dérouler les élections. «Nous attendons deux choses», explique un responsable de l’Alliance sous couvert d’anonymat. «Que le scrutin se déroule dans le calme et qu’il traduise un affaiblissement des partis nationalistes traditionnels». «Les élections ne vont pas renouveler une génération entière de dirigeants politiques mais permettre d’engager une première percée de l’opposition démocratique», prédit-il. Optimisme L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s’est montrée assez optimiste sur les résultats des élections. L’opposition en Bosnie devrait réaliser un bon score lors des élections, a déclaré devant le Conseil permanent de l’OTAN (ambassadeurs) le chef de la mission de l’OSCE en Bosnie, l’Américain Robert Barry. Le crédit des partis mono ethniques commence à s’effriter en Bosnie, a-t-il ajouté, devant les représentants des 16 pays membres de l’Alliance atlantique. «Nous sommes moins optimistes et plus mesurés», indique un diplomate de l’OTAN. Attendons de voir les résultats et voyons ensuite si la question d’un début de retrait de la force militaire peut être abordée. Plusieurs facteurs ne facilitent pas une telle perspective, reconnaissent diplomates comme militaires. D’une part, la mise en place des nouvelles assemblées prendra du temps. D’autre part, l’arrivée de l’hiver interdit tout désengagement massif avant le printemps. «De toute façon, tout retrait se déroulera de manière progressive, afin de minimaliser les effets d’une déstabilisation éventuelle de la région», précise un responsable de l’Alliance. Outre la question des réfugiés, celle des criminels de guerre recherchés par le Tribunal pénal international de La Haye reste récurrente et devra être résolue avant tout départ de Bosnie. «Nous ne partirons pas sans avoir réglé le problème de Radovan Karadzic et Ratko Mladic», assure un diplomate. L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie et son bras droit militaire pendant la guerre sont accusés de génocide et de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le TPI. Les responsables militaires de l’OTAN en Bosnie savent où se trouve Radovan Karadzic, mais «ils ne veulent pas agir pour le moment», a affirmé récemment le Haut représentant civil en Bosnie, l’Espagnol Carlos Westendorp. «Ils ne veulent pas être bousculés pour faire cette opération», a-t-il ajouté. (AFP - Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Présente militairement depuis trois ans en Bosnie, l’OTAN espère que les élections générales, qui se tiendront dans ce pays les 12 et 13 septembre, permettront l’amorce d’un désengagement progressif de ses troupes. Ce souhait, exprimé surtout par les militaires, ne sera peut-être pas réalisable avant encore six mois, estiment cependant des diplomates. «La situation s’est améliorée mais le problème des réfugiés reste un problème majeur» qui interdit de rendre sa liberté totale à la Bosnie, indique l’un d’entre eux. «L’année du retour des réfugiés», appelée ainsi en janvier, «est loin d’être une réussite», poursuit-il, en évoquant le cas de personnes rentrées au pays mais qui en sont reparties peu de temps après. «Le retour des réfugiés se passe très mal ou ne se passe pas», renchérit...