Sur le marché des changes de Beyrouth, la parité dollar/livre libanaise s’est maintenue dans des limites assez étroites, encore une fois la semaine dernière, avec des volumes d’affaires toujours minces. Mais, par moments, la monnaie nationale a subi quelques pressions liées à la rareté de l’offre du «billet vert» et la Banque du Liban (B.D.L.) a dû en vendre de petites quantités au haut de sa fourchette d’intervention qu’elle avait abaissé de 1518,50 à 1518,00 L.L. avant de ramener le bas de cette même fourchette de 1505,50 à 1505,00 L.L. En effet, la livre est parvenue à achever la semaine avec un petit solde positif, le dollar ayant légèrement reculé d’un taux moyen indicatif de 1512,00 L.L. au vendredi 28 août à 1511,50 L.L. vendredi dernier, cédant 0,03% en moyenne d’une huitaine à l’autre. Pourtant, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar au point supérieur d’intervention de la B.D.L., soit entre 1517,75 et 1518,25 L.L. avec un point d’ancrage à 1518,00 L.L., contre 1518,25/1518,75 L.L. et avec un point d’ancrage à 1518,50 L.L., témoignant de la réticence du marché à l’offre. Ce phénomène s’explique toujours par les incertitudes que suscite la situation politique intérieure à la veille de l’échéance présidentielle, faisant ignorer aux opérateurs l’amélioration des fondamentaux de la conjoncture économico-financière au Liban. A cet égard, l’annonce, la semaine dernière, par l’agence internationale «Thomson Bank Watch» qu’elle avait relevé la notation du Liban de «B» (stable) à B + (positive), ne devait avoir aucun impact sur le marché malgré que ce changement reflétait la satisfaction de «Thomson» quant à la réduction du déficit budgétaire de 24% du produit intérieur brut (P.I.B.) libanais en 1997 à 14% au premier semestre 1998 et au ralentissement de l’inflation de 8 à 4% pendant la même période. Dollar toujours faible à l’étranger A l’étranger, le dollar est demeuré faible la semaine dernière, souffrant toujours des inquiétudes suscitées par une éventuelle contagion de la crise des marchés émergents asiatiques et russes vers les États-Unis via leurs principaux partenaires des pays d’Amérique Latine. Ce sentiment a été renforcé à la veille du week-end par les craintes d’un nouveau rejet aujourd’hui, par la Douma (parlement russe) à majorité communiste, de la candidature de Viktor Tchernomyrdine à la tête du gouvernement, dans une démarche pouvant mettre en péril le plan d’assainissement financier et de soutien au rouble envisagé par un groupe d’experts afin de faire sortir la Russie de la crise économique grave qui la frappe depuis plusieurs semaines. Cela d’autant que la communauté financière internationale apprenait que l’agence américaine Standard and Poor’s considérait la monnaie vénézuélienne comme étant surévaluée au moment où l’agence de notation internationale Moody’s faisait savoir qu’elle avait abaissé la notation de la dette du Brésil en devises de «neutre» à «négative» et qu’elle avait placé la note de la dette de l’Argentine sous surveillance. Ces développements, reflétant l’inquiétude de Standard ans Poor’s et de Moody’s quant au creusement des déséquilibres extérieurs dans ces pays d’Amérique latine vraisemblablement en raison des crises qui frappent d’autres marchés émergents dans le Sud-Est asiatique et en Russie, n’ont pas tardé à entretenir un climat de prudence autour du secteur financier aux Etats-Unis dont plusieurs grandes banques seraient impliquées dans des créances en Amérique latine qui risquent de devenir douteuses avec celles en Russie. Eu égard à toutes ces considérations, les opérateurs ont passé outre à la fin de la semaine dernière les assurances quant à la vigueur de l’économie américaine émanant aussi bien du président Clinton, au lendemain de sa visite à Moscou et après la publication des chiffres de l’emploi au Etats-Unis pour le mois d’août, que du secrétaire au Trésor, Robert Rubin, et du président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, à la veille de leur réunion avec leurs homologues japonais. Il en est de même de la déclaration du président de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, qui a estimé jeudi dernier, que la récente baisse du dollar ne correspondait pas aux fondamentaux de l’économie américaine. De ce fait, l’annonce par le département américain de Travail que le taux de chômage aurait atteint seulement 4,5% de la population active le mois dernier, comme en juillet, et que l’économie aurait créé quelque 365.000 emplois non-agricoles contre 68.000 pendant la même période, est passée inaperçue sur le marché vendredi dernier. Plus tôt dans la semaine aussi, les opérateurs n’étaient guère sensibilisés par l’augmentation de 1,2% des commandes à l’industrie aux Etats-Unis en juillet contre 0,3% en juin ainsi que par la hausse de 0,4% de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine (le leading indicator) et des dépenses à la construction contre une baisse de 0,2% et de 2 % respectivement pendant la même période, témoignant de la vigueur de l’économie. Au contraire, les intervenants sont demeurés plus attentifs aux nouvelles faisant état tantôt de l’aggravation de la situation sur les marchés émergents, et tantôt du ralentissement de l’économie aux Etats-Unis tel qu’illustré par la baisse de 1,6% des ventes de logements neufs en juillet, contre une hausse de 1,1% en juin et par la diminution du taux de la productivité américaine de 3,5% au premier trimestre à 0,1% au deuxième trimestre 1998. Ils ont continué en effet, à éprouver beaucoup de désaffection à l’égard du dollar à la veille d’un long week-end chômé aux Etats-Unis pour le Labor Day aujourd’hui, le faisant négocier vendredi dernier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine se terminant au vendredi 28 août sur un ton faible, comme suit : — 1,6720 pour un sterling contre 1,6840 (+0,72%). — 1,7305 D.M. contre 1,7575 (— 1,54%). — 1,4235 F.S. contre 1,4430 (— 1,35%). — 5,8030 F.F. contre 5,8960 (— 1,58%). — 1708,00 lires contre 1735,00 (— 1,56%). — 133,55 yen contre 141,85 (— 5,85%). Reprise de l’or Reflétant le nouvel accès de faiblesse du dollar et les inquiétudes émanant de la crise des marchés émergents asiatiques, russes et latino-américains, l’or a renoué avec la hausse la semaine dernière sur des rachats du découvert et des achats à bon compte au lendemain de sa forte chute entraînée par les craintes de ventes russes pour soutenir le rouble. C’est ainsi qu’à New York, la parité de l’once a progressé en clôture, vendredi dernier, à 287,- dollars contre 274,60 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 28 août, en nette hausse de 4,52% en moyenne d’une huitaine à l’autre. En parallèle, l’argent-métal a fait l’objet d’un courant d’achats spéculatifs, le portant au-dessus du seuil des 5,00 dollars l’once à la fin de la semaine, avant de clôturer vendredi dernier, à New York, à 4,9680 dollars contre 4,6320 dollars au vendredi 28 août, en forte hausse de 7,25% en moyenne.
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