La tourmente financière russe, et surtout sa possible contagion à l’Europe de l’Est, comporte plus de risques pour l’économie allemande que «la crise asiatique, avertissent les analystes. La crise russe touchera l’Allemagne si elle s’étend aux pays d’Europe de l’Est» et «l’effet serait alors plus grand que la crise asiatique», avertit Marco Kramer, de la banque Paribas à Francfort. L’Allemagne exporte 10% de ses produits dans la partie orientale de l’Europe, Russie comprise (2% pour ce seul pays). En Asie, elle n’écoule que 6% de ses biens. De plus, le commerce de l’Allemagne avec ses voisins est-européens est en plein essor: en 1997, les exportations vers ces pays ont crû de 27%, relève M. Kramer. Déjà, les analystes privés revoient à la baisse leur pronostic de croissance. Alors qu’ils misaient il y a encore quelques semaines sur une expansion proche de 3% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, ils ont corrigé leurs estimations à environ 2.5%. Le PIB, totalité des richesses d’un pays, avait augmenté de 2,2% en 1997. Les ambitions pour 1999 ont, elles aussi, été revues à la baisse. L’un des plus grand instituts allemands, le DIW à Berlin, se montre le plus pessimiste en prédisant une perte d’un demi pour cent de croissance pour l’Allemagne l’an prochain à quelque 2%. A moins de trois semaines d’élections législatives qui s’annoncent serrées, le gouvernement conservateur affiche en revanche un optimisme inperturbable: le chancelier Helmut Kohl soulignait encore jeudi les chances d’atteindre une croissance «de 2,5%, 2,8 voire 2,9%, cette année et les deux suivantes». Theo Waigel, le ministre des Finances, parle toujours de 3% pour 1998. Ce n’est pas tant la crise en Russie que ses dangers de contamination en Europe de l’Est, partenaire privilégié de l’Allemagne, et le développement d’une crise identique en Amérique latine qui inquiètent les économistes. Le scénario d’une récession mondiale, qui s’étendrait comme un jeu de domino, n’est plus désormais totalement exclu, estime Lutz Hoffmann, président du DIW, évoquant aussi le potentiel d’extension de la crise asiatique à Hong Kong et à la Chine . L’impact psychologique L’Ukraine et le Bélarus, qui, comme la Russie, dépendent des matières premières et doivent rembourser beaucoup à court terme, commencent à souffrir, souligne Eckhard Schulte, de l’Industrial Bank of Japan. Tout en réfutant le déclenchement d’une crise mondiale majeure, le président de la banque centrale allemande, la Bundesbank, Hans Tietmeyer, a mis en exergue «l’impact psychologique» sur le comportement et les attentes des investisseurs allemands que la tempête en Russie est susceptible de provoquer. La dépréciation du dollar face au mark, appelée à se poursuivre, va renchérir les produits allemands à l’exportation, souligne de surcroît l’établissement HSBC Trinkaus. La situation est «inquiétante, mais il n’y a aucune raison de céder à la panique», résume Klaus Friedrich, chef économiste à la Dresdner Bank, qui rappelle que l’Allemagne réalise les trois quarts de ses exportations en Europe occidentale et aux Etats-Unis et écoule le reste dans les pays émergents et au Japon. Tout en craignant les répercussions de la crise russe sur les pays d’Europe de l’est, Juergen Pfister, économiste à la Commerzbank, note aussi que ces derniers sont beaucoup moins dépendants de Moscou qu’avant, car il s’efforcent de découpler leur économie de celle de l’ex-URSS. En moyenne, seul 5% des exportations totales des pays d’Europe de l’Est vont vers la Russie, relève-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La tourmente financière russe, et surtout sa possible contagion à l’Europe de l’Est, comporte plus de risques pour l’économie allemande que «la crise asiatique, avertissent les analystes. La crise russe touchera l’Allemagne si elle s’étend aux pays d’Europe de l’Est» et «l’effet serait alors plus grand que la crise asiatique», avertit Marco Kramer, de la banque Paribas à Francfort. L’Allemagne exporte 10% de ses produits dans la partie orientale de l’Europe, Russie comprise (2% pour ce seul pays). En Asie, elle n’écoule que 6% de ses biens. De plus, le commerce de l’Allemagne avec ses voisins est-européens est en plein essor: en 1997, les exportations vers ces pays ont crû de 27%, relève M. Kramer. Déjà, les analystes privés revoient à la baisse leur pronostic de croissance. Alors qu’ils...