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Actualités - Chronologie

La voiture, nouvelle reine incontestée des rues pékinoises (photo)

Autrefois omniprésentes dans les rues pékinoises, les bicyclettes cèdent de plus en plus la place aux voitures individuelles, avec l’encouragement des autorités qui entendent faire de Pékin une grande capitale moderne. Avec ses 11 millions d’habitants, Pékin arrive d’ores et déjà en tête des grandes villes chinoises tant en ce qui concerne le nombre des véhicules motorisés en circulation — 1,4 million — que des embouteillages qui ne cessent jamais, pas même la nuit. Mais pour les autorités, l’heure n’est pas encore venue de mettre un frein au tout-voiture, même si les experts sonnent régulièrement l’alerte sur les méfaits de la pollution automobile. «Il y a une volonté systématique de favoriser la voiture et de décourager la bicyclette à Pékin parce que les autorités veulent donner l’image d’une ville moderne» note Jean François Doublet, un chercheur de l’Université Paris-X qui effectue une étude sur l’urbanisme et la voiture à Pékin. Alors que des voies séparées avaient commencé à être aménagées pour les cyclistes, de nombreux séparateurs mobiles ont disparu ces derniers mois, rendant chaque jour la circulation des cyclistes, obligés de slalomer entre les voitures, un peu plus difficile. Pékin n’a cessé de s’étendre ces dernières années, avec des habitants relégués dans des banlieues de plus en plus lointaines, mais les transports publics n’ont guère suivi le mouvement, avec des bus bondés qui avancent de plus en plus lentement et un réseau métropolitain squelettique ne comportant toujours que deux lignes de métro. Seule bouffée d’air pour les Pékinois, ils disposent désormais d’un réseau de minibus parallèle aux lignes de bus traditionnelles ainsi que d’une flotte de taxis à faire pâlir d’envie les plus grandes capitales: pas moins de 70.000 taxis enregistrés dont toutefois un bon nombre de «miandi» petits taxis jaunes bon marché, appelés à disparaître l’an prochain. Favoriser les grosses cylindrées Car l’objectif des autorités à Pékin n’est pas seulement de favoriser les voitures, mais avant tout les grosses cylindrées qui ont les faveurs des hauts cadres du régime. C’est ainsi que pour réguler une circulation de plus en plus anarchique, elles n’autorisent plus désormais les petites cylindrées qu’à circuler un jour sur deux. Résultat, tout le monde achète aujourd’hui de grosses voitures à Pékin, alors que la voirie, malgré tous les travaux entrepris ces dernières années, ne représente toujours guère plus de 10% de la surface de Pékin contre 20% dans la plupart des villes européennes. Les motocyclettes sont quant à elles quasi inexistantes, leur nombre étant strictement contrôlé depuis 1985 par un système draconien de distribution des plaques d’immatriculation, destiné à éviter que Pékin ne ressemble un jour à Bangkok ou à Taipeh, avec une flotte de motos et vespas pétaradantes. «Les motos sont dangereuses et incontrôlables, elles polluent, font du bruit et provoquent des accidents», relève un responsable du bureau de la circulation, qui reconnaît par ailleurs que le développement de la voirie n’est pas suffisant pour absorber toutes les nouvelles voitures. Près de 200.000 nouvelles immatriculations de voitures sont prévues cette année à Pékin où les bulldozers travaillent jour et nuit pour agrandir les avenues ou en trouver de nouvelles, éventrant au passage des quartiers entiers de maisons traditionnelles. Là où il y a encore quelques années vivaient des paysans, les pelleteuses s’activent pour édifier un quatrième périphérique autour de Pékin, venant s’ajouter à deux autres déjà construits. Quant aux inconvénients, ils commencent à se faire douloureusement sentir: en quelques années Pékin est devenue l’une des villes les plus polluées du monde, ce qui a contraint les autorités à interdire l’essence au plomb et à imposer une série de normes antipollution assez strictes au début de cette année. Sans grand succès jusqu’à présent: selon un contrôle réalisé en juillet, 55% des 17.000 automobilistes inspectés ne respectaient pas les normes. (AFP)
Autrefois omniprésentes dans les rues pékinoises, les bicyclettes cèdent de plus en plus la place aux voitures individuelles, avec l’encouragement des autorités qui entendent faire de Pékin une grande capitale moderne. Avec ses 11 millions d’habitants, Pékin arrive d’ores et déjà en tête des grandes villes chinoises tant en ce qui concerne le nombre des véhicules motorisés en circulation — 1,4 million — que des embouteillages qui ne cessent jamais, pas même la nuit. Mais pour les autorités, l’heure n’est pas encore venue de mettre un frein au tout-voiture, même si les experts sonnent régulièrement l’alerte sur les méfaits de la pollution automobile. «Il y a une volonté systématique de favoriser la voiture et de décourager la bicyclette à Pékin parce que les autorités veulent donner l’image...