Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Kosovo : l'arme aux pieds, l'OTAN attend le feu vert

L’OTAN, plans d’intervention achevés pour le Kosovo, attend désormais les ordres des capitales de ses 16 membres pour agir, mais cette perspective, sauf massacre massif et soudain de civils, n’apparaît guère imminente, d’autant qu’une issue politique au conflit se dessine. Mercredi, lors de la prochaine réunion de son Conseil permanent (ambassadeurs), les alliés devront répondre à la question: et maintenant, que faire, quel rôle pour l’OTAN? Dans l’immédiat, ils devraient se contenter d’appuyer les efforts américains pour une solution négociée. Leur message à l’égard de l’opinion publique devra, de son côté, être renouvelé. «La réthorique de la planification a atteint ses limites. La prochaine action ne peut être qu’une frappe» avec ou sans sommations, estime un diplomate, tandis que d’autres s’inquiètent pour la crédibilité de l’OTAN. Pendant trois mois, diplomates et militaires ont travaillé, d’arrache-pied, ont-ils affirmé, à la mise au point d’une vaste gamme d’options d’intervention armée, assurant aux médias que l’Organisation ne faisait par là que montrer son sérieux et sa détermination à peser sur le conflit dans la province serbe. Il y a eu tour à tour des accélérations de la planification, une extension des options étudiées, et même un «affinage» demandé par le secrétaire général Javier Solana. Parallèlement, des déclarations menaçantes ont été lancées à l’adresse de Belgrade et des manœuvres aériennes et terrestres organisées en Albanie pour signifier au président Slobodan Milosevic que l’OTAN n’hésiterait pas à recourir à sa puissance de feu. Résultat: beaucoup de bruit et apparemment peu d’influence sur la situation au Kosovo. Plus de 250.000 réfugiés La guerre a continué, la liste des victimes s’est allongée, et quelque 250.000 réfugiés seraient aujourd’hui éparpillés dans la nature, difficiles à localiser par l’ONU, qui s’inquiète de plus en plus de l’approche de l’hiver. L’OTAN a retenu trois options d’intervention armée principales: une campagne aérienne de grande ampleur, pour laquelle il faut au préalable détruire toutes les défenses antiaériennes serbes, une intervention terrestre impliquant le recours à 60.000 hommes pour garantir un cessez-le-feu et 36.000 pour la simple application d’un accord de paix, et des raids aériens limités. Une guerre totale contre la Serbie est cependant impensable, comme semble peu probable un accord de Belgrade pour déployer des troupes de l’OTAN au Kosovo. Seule la dernière option pourrait être mise en œuvre. Elle est sans risque pour les troupes de l’Alliance car l’arme utilisée sera vraisemblablement des missiles américains Tomahawk, tirés de navires de surface ou de sous-marins patrouillant en Adriatique. Un tel coup de semonce serait crédible, estime-t-on à l’OTAN. Des cibles ont été sélectionnées, visant probablement des centres de communication de l’armée serbe ou ses quartiers-généraux. A sa décharge et pour expliquer en partie son embarras, force est de reconnaître à l’OTAN qu’une intervention au Kosovo est compliquée. Le terrain est montagneux, sans voies de communication, et il se situe sur le territoire d’un pays souverain. La question du mandat préalable à toute action n’a toujours pas été réglée. Certains pays comme la France soulignent la nécessité d’une autorisation de l’ONU, d’autres comme les Américains ou certains Allemands estiment pouvoir s’en passer. Les militaires sont les plus réticents à envisager une action armée. Ils sont déjà engagés en Bosnie et réclament un but politique clair à toute intervention. S’agit-il d’aider l’Armée de libération du Kosovo (UCK), de contribuer à l’indépendance du Kosovo?, demandent-ils, sachant que telle n’est pas la volonté des puissances occidentales. (AFP)
L’OTAN, plans d’intervention achevés pour le Kosovo, attend désormais les ordres des capitales de ses 16 membres pour agir, mais cette perspective, sauf massacre massif et soudain de civils, n’apparaît guère imminente, d’autant qu’une issue politique au conflit se dessine. Mercredi, lors de la prochaine réunion de son Conseil permanent (ambassadeurs), les alliés devront répondre à la question: et maintenant, que faire, quel rôle pour l’OTAN? Dans l’immédiat, ils devraient se contenter d’appuyer les efforts américains pour une solution négociée. Leur message à l’égard de l’opinion publique devra, de son côté, être renouvelé. «La réthorique de la planification a atteint ses limites. La prochaine action ne peut être qu’une frappe» avec ou sans sommations, estime un diplomate, tandis que...