Le ministère israélien des Finances a présenté une nouvelle mouture de son projet de budget 1999 qui prévoit des coupes dans les budgets sociaux, une rallonge pour la défense et des limitations au droit de grève. Ce projet inclut notamment une augmentation de 135 millions de dollars du budget de la défense, qui absorbe déjà près de 18% du budget. Le Trésor souhaite en revanche procéder à des coupes de 530 millions de dollars qui toucheront avant tout l’éducation et les pensions versées aux retraités. Un chapitre du budget prévoit de limiter le droit de grève, en imposant un vote à bulletin secret pour tout mouvement dans le secteur public, ce qui empêcherait la centrale syndicale Histadrout de lancer une grève, comme celle déclenchée jeudi par quelque 300.000 fonctionnaires. «C’est une véritable déclaration de guerre contre les salariés», a affirmé le secrétaire général de la Histadrout, M. Amir Peretz, à la télévision. Le montant total du projet, 54 milliards de dollars, dont plus de la moitié sert à rembourser les dettes, est à peu près équivalent à celui de cette année. Le Trésor table sur une baisse du déficit, qui serait ramené à 21% du Produit intérieur brut (PIB), contre 2,4% cette année, a ajouté la radio. Les projets de coupes dans l’éducation ont été annoncés alors que les enseignants observaient jeudi leur troisième jour de grève à l’appel de la Histadrout pour obtenir des augmentations de salaires. Le projet du budget, dont les grandes lignes avaient été approuvées le mois dernier par le gouvernement, doit encore être entériné par le Parlement qui a, en principe, jusqu’au 31 décembre pour se prononcer. Ces débats donnent lieu chaque année à des marchandages et pressions entre le gouvernement et les différents partis et ministres de la coalition du premier ministre Benjamin Netanyahu. Le ministre de l’Education, Yitzhak Lévy, a d’ores et déjà dénoncé les projets du Trésor. «Ces coupes sont inacceptables et nous allons demander, au contraire, une augmentation de près de 400 millions de dollars», a annoncé M. Lévy. Le député du parti ultra-orthodoxe Shass, membre de la majorité, M. Shlomo Benizri, a de son côté affirmé que sa formation ne permettrait pas que les «couches les plus défavorisées soient touchées». «Comme l’an dernier, nous ferons échouer les projets du Trésor», a ajouté ce parlementaire. M. Netanyahu s’est prononcé le mois dernier pour une augmentation du budget de la défense en 1999 pour «répondre aux nouvelles réalités stratégiques». Selon la presse israélienne, l’annonce fin juillet de l’essai d’un missile iranien capable d’atteindre Israël a pesé sur la décision de M. Netanyahu, tout comme la détérioration des relations d’Israël avec les pays arabes en raison du blocage du processus de paix. L’armée israélienne se plaint depuis des années de la stagnation, voire du recul des dépenses de défense par rapport au PIB, et le nouveau chef d’état-major, le général Shaul Mofaz, a mis en garde contre l’épuisement des stocks de munitions, le vieillissement des équipements militaires et les risques de retard dans les programmes de développement. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministère israélien des Finances a présenté une nouvelle mouture de son projet de budget 1999 qui prévoit des coupes dans les budgets sociaux, une rallonge pour la défense et des limitations au droit de grève. Ce projet inclut notamment une augmentation de 135 millions de dollars du budget de la défense, qui absorbe déjà près de 18% du budget. Le Trésor souhaite en revanche procéder à des coupes de 530 millions de dollars qui toucheront avant tout l’éducation et les pensions versées aux retraités. Un chapitre du budget prévoit de limiter le droit de grève, en imposant un vote à bulletin secret pour tout mouvement dans le secteur public, ce qui empêcherait la centrale syndicale Histadrout de lancer une grève, comme celle déclenchée jeudi par quelque 300.000 fonctionnaires. «C’est une véritable déclaration...