La rébellion congolaise accuse Kabila d'avoir peur de négocier
le 04 septembre 1998 à 00h00
La rébellion congolaise accuse le président Laurent-Désiré Kabila d’avoir «peur» de négocier, malgré les pressions croissantes de la communauté internationale pour une solution négociée en République démocratique du Congo (RDC). «Kabila sait que si nous négocions, il va perdre. Il a peur. Il n’a aucun programme politique, aucun projet de société pour le Congo, il gouverne seul en dictateur», a déclaré à Goma Bizima Karaha, ancien ministre des Affaires étrangères de M. Kabila et actuel chef des relations extérieures du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, branche politique de la rébellion). «C’est pour cela que nous demandons depuis le début des négociations et un cessez-le-feu, même si nous avons l’avantage sur le terrain. Nous le battons militairement. Politiquement, nous sommes sûrs de le battre», a-t-il ajouté. La rébellion — aidée selon Kinshasa par le Rwanda et l’Ouganda — affirme avoir pris, en un mois de guerre, le contrôle de plus d’un tiers du territoire de la RDC, où le président Kabila dispose de l’aide militaire de l’Angola, du Zimbabwe et de la Namibie. «Les présidents angolais et zimbabwéen ont forcé Kabila à venir à Durban (pour le sommet des pays non-alignés) parce qu’ils ne vont pas rester éternellement au Congo», a déclaré mercredi soir Arthur Zahidi Ngoma, 2ème vice-président du RCD, depuis le quartier général de la rébellion à Goma. «Ils sont sans doute également pour une solution politique et des négociations, ce que nous demandons depuis le début», a-t-il ajouté. «L’Angola a eu d’importantes pertes lors des combats sur le front Ouest. Le général angolais qui menait les opérations a lui-même reconnu qu’au moins 800 de ses hommes étaient morts. Il est clair que Kabila va se retrouver seul», a expliqué M. Ngoma. Le président Kabila s’est rendu mercredi à Durban (est de l’Afrique du Sud) pour participer au XIIe sommet des non-alignés, alors qu’il avait annoncé dimanche qu’il était «trop occupé» pour participer au sommet. Mais il a quitté Durban dans la nuit de mercredi à jeudi, après avoir fait savoir qu’il ne participerait pas à une réunion de travail sur la situation en RDC organisée jeudi matin, en marge de ce sommet, par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. L’objectif de M. Annan est d’obtenir un cessez-le-feu en RDC, afin d’éviter une guerre ouverte entre les deux coalitions. Il estime qu’un règlement pacifique est possible en RDC, à condition que toutes les troupes étrangères se retirent. (AFP)
La rébellion congolaise accuse le président Laurent-Désiré Kabila d’avoir «peur» de négocier, malgré les pressions croissantes de la communauté internationale pour une solution négociée en République démocratique du Congo (RDC). «Kabila sait que si nous négocions, il va perdre. Il a peur. Il n’a aucun programme politique, aucun projet de société pour le Congo, il gouverne seul en dictateur», a déclaré à Goma Bizima Karaha, ancien ministre des Affaires étrangères de M. Kabila et actuel chef des relations extérieures du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD, branche politique de la rébellion). «C’est pour cela que nous demandons depuis le début des négociations et un cessez-le-feu, même si nous avons l’avantage sur le terrain. Nous le battons militairement. Politiquement, nous sommes...
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