Richard Virenque prendra le départ de la Vuelta samedi à Cordoue mais son avenir sportif s’est sensiblement obscurci ces dernières heures. En deux jours, les mauvaises nouvelles se sont précipitées pour le coureur cycliste, chef de file de l’équipe Festina exclue du Tour de France. Il a appris qu’il ne serait probablement pas retenu en équipe de France pour les Championnats du monde, le 11 octobre, à Valkenburg (Pays-Bas), et que l’Union cycliste internationale (UCI) était partisan de la fermeté, à savoir une suspension allant de six à douze mois, pour les coureurs de l’équipe Festina concernés par les faits de dopage. Enfin, des informations ont filtré sur les déclarations faites devant les policiers par le coureur français le plus populaire lorsqu’il a été entendu par les enquêteurs à titre de témoin les 23 et 24 juillet. De source proche de l’enquête, l’AFP a appris que Virenque n’avait pas nié avoir pris des produits interdits, tout en ajoutant des réserves à ses propos. Le coureur a vivement réagi mardi à ces révélations en soulignant qu’il n’avait jamais avoué de dopage. «Dans cette affaire, on relance un peu la braise dès que l’on sent le feu s’éteindre pour nous détruire encore plus, a-t-il déclaré sur Europe 1. Rien de tout cela n’est vrai. On s’acharne sur moi (...) Je ne me suis jamais dopé». Les «aveux» de Virenque: un «bruit erroné», selon le parquet de Lille Son avocat, Me Gilbert Collard, s’est montré tout aussi ferme au micro de France-Info: «Je pense que cette information fait partie d’un ensemble d’informations que l’on entend depuis plusieurs jours destinées à décrédibiliser Virenque, à le déstabiliser, à le déshonorer parce qu’on veut, petit à petit, préparer l’opinion publique à une procédure disciplinaire. C’est honteux!». Une injustice. Virenque estime être une victime de l’affaire. Au point qu’il s’est lancé dans des offensives tous azimuts, contre la Société du Tour de France, qu’il veut poursuivre en justice, contre la Fédération française, à qui il reproche son attitude à propos de la sélection pour le Championnat du monde, et, de façon plus générale, contre les commentaires faits autour de cette affaire. En parlant à plusieurs reprises d’une injustice qui serait commise à son encontre. L’avenir sportif de Virenque passe pourtant par le dossier qui sera réuni par le chargé d’instruction de l’affaire. L’UCI a fixé aux fédérations le délai théorique du 13 septembre pour prononcer des sanctions, mais en sachant que la procédure française serait inévitablement plus longue. La participation de Virenque à la Vuelta n’est donc pas remise en cause. L’information selon laquelle le cycliste Richard Virenque (Festina) aurait reconnu la prise de produits dopants est un «bruit erroné», a déclaré mercredi à l’AFP Gérald Vinsonneau, premier procureur adjoint au parquet de Lille. «Il n’y a aucun élément nouveau dans le dossier», a ajouté M. Vinsonneau. Richard Virenque, leader de l’équipe Festina, «a toujours dit que s’il avait été dopé, c’était à son insu, et qu’il était persuadé de ne jamais avoir pris de produits dopants», a-t-il poursuivi. Une source proche de l’enquête sur l’affaire Festina avait affirmé mardi à l’AFP que Virenque, lors de son audition fin juillet à Lyon par les policiers du SRPJ de Lille, «n’avait pas nié avoir pris des produits interdits, tout en ajoutant des réserves à ses propos». A ce sujet, le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui parle «d’aveux indirects» dans son édition de mercredi. Confrontations «Je ne sais pas quelle est cette source», a encore déclaré M. Vinsonneau, ajoutant que selon les déclarations qu’il a faites aux enquêteurs, «Virenque a été contrôlé plusieurs fois, mais jamais ces contrôles antidopage ne se sont révélés positifs». Les déclarations des coureurs de Festina étant «contradictoires», des «confrontations» seront nécessaires, a-t-il toutefois poursuivi, ajoutant qu’il n’était nullement question qu’elles aient lieu rapidement. Le juge lillois Patrick Keil, chargé d’instruire l’affaire Festina, devrait reprendre ses auditions à la fin octobre après le retour des commissions rogatoires confiées au SRPJ de Lille, a ajouté M. Vinsonneau. Richard Virenque ne sera donc pas entendu prochainement par le juge, a-t-il précisé. Les résultats des analyses de cheveux prélevés sur les coureurs de Festina sont attendus pour le début du mois d’octobre, a encore précisé M. Vinsonneau. Ces prélèvements avaient eu lieu les 23 et 24 juillet lors de l’audition à Lyon des neuf coureurs de Festina engagés dans le Tour de France. Cinq d’entre eux (Laurent Brochard, Christophe Moreau, Alex Zulle, Laurent Dufaux et Armin Meier) avaient alors reconnu s’être dopés. L’affaire Festina, qui a ébranlé l’édition 1998 du Tour de France, avait commencé après l’interpellation le 8 juillet du soigneur des Festina, le Belge Willy Voet, qui tentait de franchir la frontière franco-belge avec un stock de produits interdits dans une voiture aux couleurs de l’équipe cycliste. Mis en examen, Voet, le directeur suspendu de Festina, Bruno Roussel, et le médecin Eric Ryckaert avaient été écroués dans la région lilloise, et l’équipe avait alors été exclue du Tour de France, le jour du contre-la-montre de Corrèze. Seul le médecin demeure sous les verrous. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Richard Virenque prendra le départ de la Vuelta samedi à Cordoue mais son avenir sportif s’est sensiblement obscurci ces dernières heures. En deux jours, les mauvaises nouvelles se sont précipitées pour le coureur cycliste, chef de file de l’équipe Festina exclue du Tour de France. Il a appris qu’il ne serait probablement pas retenu en équipe de France pour les Championnats du monde, le 11 octobre, à Valkenburg (Pays-Bas), et que l’Union cycliste internationale (UCI) était partisan de la fermeté, à savoir une suspension allant de six à douze mois, pour les coureurs de l’équipe Festina concernés par les faits de dopage. Enfin, des informations ont filtré sur les déclarations faites devant les policiers par le coureur français le plus populaire lorsqu’il a été entendu par les enquêteurs à titre de témoin...