Un an après le déferlement d’émotion qu’avait provoqué la mort de Diana, les Britanniques ont commencé à commémorer l’événement dimanche avec une extrême sobriété en l’absence de cérémonies officielles. La famille royale et le gouvernement ont voulu faire du premier anniversaire de la disparition «une affaire privée», alors que la princesse de Galles avait eu droit en septembre 1997 à des funérailles nationales qui avaient figé le pays dans le deuil. La reine et son époux, le prince Charles et les deux fils de Diana, William et Harry, ont passé le week-end retranché dans le château écossais de Balmoral, le lieu même où les Windsor avaient appris en pleine nuit l’annonce de la mort de la princesse de Galles il y a douze mois. Ils y séjournent en compagnie du premier ministre Tony Blair et de son épouse Chérie. Tous doivent assister dimanche et lundi — par un pur hasard de calendrier une journée fériée en Grande-Bretagne — à deux offices religieux dans la chapelle de Carthie où la mémoire de Lady Di doit être honorée. Mais, de manière significative, le chef du gouvernement s’est interdit le moindre commentaire cette année et a enjoint à ses ministres de garder le silence, alors qu’il avait été parmi les premiers à réagir à la mort de Diana l’an dernier. Tony Blair, pressentant le choc que le pays allait ressentir, s’était alors attiré une énorme sympathie en rendant un hommage à la «princesse du peuple». «Il pense que l’anniversaire de sa mort devrait être marqué de manière privée et discrète», a indiqué Downing Street. Selon la presse, toutefois, il aurait agi ainsi à la demande expresse du Palais de Buckingham. Les admirateurs de la «reine des cœurs», mêlés aux habituels touristes, ont commencé dès dimanche matin à venir se recueillir par petits groupes devant les grilles de l’ancienne résidence londonienne de la princesse de Galles, le palais de Kensington. «Pèlerins» «J’ai toujours du mal à croire qu’elle est partie, je ne m’y suis pas encore fait», raconte Jill Anderson, 45 ans, en déposant un bouquet de fleurs devant la demeure, devenue en douze mois une des grandes attractions de la capitale. Plusieurs milliers de «pèlerins» étaient attendus au cours de la journée, une affluence toutefois sans comparaison avec les centaines de milliers de personnes qui y avaient défilé des semaines durant il y a un an. Le château de la famille Spencer à Althorp — où repose la dépouille de Diana et où un petit musée a été érigé en sa mémoire — devait fermer ses portes au public dimanche soir. Il a accueilli des milliers d’admirateurs tout au long de l’été, une opération très controversée en raison du prix de 9,5 livres (15 dollars) exigé à l’entrée. A la demande du primat anglican George Carey, des prières doivent être dites dimanche en mémoire de Diana dans de nombreuses églises, notamment dans la cathédrale de Westminster à Londres, proche de l’abbaye du même nom où les obsèques de la princesse avaient été célébrées. Et dans la soirée, une veillée aux bougies est prévue à Manchester (nord). Lundi, tous les drapeaux du royaume seront mis en berne et une messe de requiem à la mémoire de Diana, mais aussi de Mère Thérésa, sera dite à Londres. Un an après l’accident du tunnel de l’Alma, les commentaires éplorés des chaînes de télévision ont fait largement place aux critiques parfois teintées de cynisme, relativisant le leg de Diana et s’interrogeant sur «l’hystérie» qui s’était emparée du pays. La presse populaire, dont les ventes avaient été spectaculairement dopées à l’automne dernier par la mort de la princesse de Galles, est la seule à essayer de maintenir la flamme pour celle qu’elle appelle désormais «La rose d’Angleterre». Le «Mirror on Sunday» offre à ses lecteurs un poster en couleurs de la princesse, tandis que le News of the World publie une série «de photos perdues» de Diana. Partout ailleurs, le débat est lancé, résumé par ce titre du Mail on Sunday à propos des commémorations: «Requiem ou révision?». (AFP)
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