Devant le siège européen des Nations Unies, à Genève, une immense chaise avec un pied arraché rappelle aux délégués à la Conférence du désarmement le fléau des mines antipersonnel qui handicapent ou tuent deux mille personnes par mois. Il y a un an, des bouquets avaient été déposés en hommage à Diana devant cette sculpture géante en bois installée par des organisations exigeant le bannissement de cette arme perfide. Marraine des opérations de sensibilisation de la Croix-Rouge britannique, la princesse s’était rendue en janvier 1997, sept mois avant son accident mortel à Paris, en Angola, le pays le plus miné au monde après le Cambodge. Dans quelques jours, c’est le footballeur David Ginola, le parrain choisi par la Croix-Rouge française, qui marchera dans les pas de la princesse dans ce pays sinistré par neuf millions de mines posées en vingt ans de guerre civile, près d’une par habitant. Au Comtié international de la Croix-Rouge (CICR), à Genève, on salue l’impact qu’avaient eu les voyages de Diana en Angola et en Bosnie-Herzégovine. Le monde entier a vu et revu les photos de deux petits garçons amputés, l’un Serbe et l’autre musulman, entourant la princesse dans un village en Bosnie. Ces déplacements ont grandement participé au succès de la «Campagne internationale pour le bannissement des mines» (ICBL) qui avait contribué à la signature en décembre dernier du traité d’Ottawa interdisant leur utilisation et leur commerce. Le prix Nobel de la paix 1997 avait honoré l’ICBL en récompensant sa coordinatrice, l’Américaine Jody Williams. A ce jour, 129 Etats ont signé le traité et 32 l’ont ratifié, pour la plupart des pays européens. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde n’ont pas signé ce texte qui entrera en vigueur six mois après que 40 pays l’aient ratifié. Chiffres surévalués Mary-Anne Andersen, porte-parole du CICR pour les mines, se dit optimiste, affirmant que les ratifications encore nécessaires pourraient intervenir dans les tous prochains mois après la fin des vacances des Parlements nationaux. «Assurément, dit-elle, l’engagement de Lady Di au côté de la Croix-Rouge britannique a contribué à sensibiliser tout le monde, elle a fait beaucoup pour cette cause.» Pour Michael Kleiner, porte-parole du CICR pour l’Afrique, continent très touché, il convient de «saluer cette initiative de sensibilisation qui a eu un résultat impressionnant». La conférence du désarmement tente de négocier à Genève un traité universel relatif aux mines antipersonnel, mais ses 61 membres échouent à trouver le consensus préalablement nécessaire. Il s’agit d’une politique des petits pas puisqu’on pourrait aborder, dans un premier temps, le «transfert» des mines, c’est-à-dire l’interdiction de leur commerce mais non de leur utilisation. Coordinateur du projet, l’ambassadeur d’Australie, John B. Campbell, a indiqué que la Chine, la Russie et les Européens sont favorables à des négociations. Il s’est déclaré «confiant pour l’avenir» même si plusieurs pays non-alignés demandent un délai avant de se prononcer. Les Etats-Unis n’avaient pas souhaité rejoindre le traité d’Ottawa dans l’immédiat, ce type d’armes défensives protégeant leurs GI’s sur la ligne de démarcation intercoréenne et ailleurs. Ils ont demandé en août que des négociations sur le transfert puisse commencer à Genève. Selon le CICR, qui a équipé de prothèses 60.000 victimes depuis 1980, 25 pays connaissent «un état de crise» dû aux mines dont ils sont infestés. Les plus touchés sont le Cambodge, l’Angola, l’Erythrée, le Mozambique, la Somalie (nord du pays), le Soudan, l’Afghanistan, la Bosnie et l’Irak (Kurdistan). Des experts américains estiment que le chiffre, généralement admis, de 100 millions de mines encore enfouies serait surévalué. Une dizaine de pays en posséderait autant dans leurs arsenaux. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Devant le siège européen des Nations Unies, à Genève, une immense chaise avec un pied arraché rappelle aux délégués à la Conférence du désarmement le fléau des mines antipersonnel qui handicapent ou tuent deux mille personnes par mois. Il y a un an, des bouquets avaient été déposés en hommage à Diana devant cette sculpture géante en bois installée par des organisations exigeant le bannissement de cette arme perfide. Marraine des opérations de sensibilisation de la Croix-Rouge britannique, la princesse s’était rendue en janvier 1997, sept mois avant son accident mortel à Paris, en Angola, le pays le plus miné au monde après le Cambodge. Dans quelques jours, c’est le footballeur David Ginola, le parrain choisi par la Croix-Rouge française, qui marchera dans les pas de la princesse dans ce pays sinistré par...