Julia Taft, sous-secrétaire d’Etat américaine aux réfugiés, est arrivée au Kosovo, province menacée de catastrophe humanitaire, en raison des combats entre forces serbes et séparatistes albanais. La responsable américaine a rencontré aussitôt, à Pristina, chef-lieu de la province, le «président» des Albanais kosovars, Ibrahim Rugova, pour tenter d’évaluer la situation. Julia Taft s’est s’entretenue en outre avec des responsables serbes et des représentants d’organisations humanitaires internationales et non-gouvernementales, avant de se rendre à l’intérieur du Kosovo, où environ 230.000 personnes ont fui leurs foyers en raison des combats, a-t-on indiqué de source diplomatique. Environ 170.000 personnes ont été déplacées au Kosovo même et vivent dans des conditions très précaires, souvent sans abri, tandis que 60.000 autres se sont réfugiées au Monténégro, en Albanie et en Bosnie, selon les organisations humanitaires. 382.000 déplacés Le comité (albanais) des droits de l’homme évalue, pour sa part, à 382.000 le nombre des Albanais déplacés au Kosovo où, selon lui, environ 400 villages et hameaux ont été détruits par les bombardements des forces gouvernementales. Le département d’Etat a accusé la Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro) de s’en prendre aux travailleurs humanitaires, après la mort mardi au Kosovo de trois membres de la Société Mère Teresa, tués par les forces de sécurité serbes. «Prendre des civils pour cible est un acte lâche», a déclaré le porte-parole adjoint du département d’Etat, James Foley. Les trois travailleurs humanitaires ont été tués par un tir de char serbe au sud-ouest de Pristina, entre Malisevo et Kijevo, a précisé M. Foley, citant des conclusions d’observateurs diplomatiques internationaux. «Nous déplorons les tentatives délibérées visant à gêner le travail de secours humanitaire», a ajouté le porte-parole. Bilans Un inconnu a lancé un cocktail molotov devant l’entrée du Centre américain à Pristina, sans faire de victime ni dégâts. Le directeur de la représentation, Richard Huckaby, ne se trouvait pas dans le bâtiment au moment de l’incident. Un diplomate occidental de haut rang, qui a requis l’anonymat, a indiqué que le président yougoslave Slobodan Milosevic avait réitéré sa promesse de permettre aux agences humanitaires d’établir une présence permanente sur tout le territoire du Kosovo. Les autorités de Belgrade ont décidé d’ouvrir au Kosovo dix centres d’aide aux réfugiés, où il travailleront en coordination avec les organisations humanitaires internationales, a indiqué jeudi la radio officielle yougoslave. Le Conseil de l’OTAN (ambassadeurs) a décidé de proposer au Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONU le soutien de l’Alliance pour localiser les réfugiés et leur venir en aide. La Suède a proposé, de son côté, l’organisation d’une conférence internationale afin de lever des fonds pour l’aide humanitaire au Kosovo, a annoncé mercredi son ministre des Affaires étrangères Lena Hjelm-Wallen. L’initiative suédoise a été présentée lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays scandinaves, baltes et de Russie, à Vaesteraas (Suède). Selon le comité des droits de l’homme du Kosovo, 612 Albanais ont été tués depuis la mi-janvier dans la province. Parmi les tués, on compte 62 enfants mineurs, a indiqué son président Pajazit Nushi, qui a par ailleurs fait état d’environ 800 personnes enlevées ou portées disparues, toutes ethnies confondues. Côté forces gouvernementales, 65 policiers serbes et 22 membres de l’armée yougoslave ont été tués depuis le début du conflit il y a six mois, selon les autorités de Belgrade. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Julia Taft, sous-secrétaire d’Etat américaine aux réfugiés, est arrivée au Kosovo, province menacée de catastrophe humanitaire, en raison des combats entre forces serbes et séparatistes albanais. La responsable américaine a rencontré aussitôt, à Pristina, chef-lieu de la province, le «président» des Albanais kosovars, Ibrahim Rugova, pour tenter d’évaluer la situation. Julia Taft s’est s’entretenue en outre avec des responsables serbes et des représentants d’organisations humanitaires internationales et non-gouvernementales, avant de se rendre à l’intérieur du Kosovo, où environ 230.000 personnes ont fui leurs foyers en raison des combats, a-t-on indiqué de source diplomatique. Environ 170.000 personnes ont été déplacées au Kosovo même et vivent dans des conditions très précaires, souvent sans...