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Actualités - Chronologie

Cauchemar quotidien au Bangladesh, aux deux tiers inondé

M. Munir Hossain dort sur un lit perché sur des piles de briques au-dessus de l’eau sale qui a envahi sa maison. Ce commerçant de Dacca vit la misère quotidienne de dizaines de millions d’habitants du Bangladesh, pays parmi les plus pauvres du monde, victime habituelle d’innombrables catastrophes naturelles, et qui subit depuis deux mois les plus longues inondations qu’il ait jamais connues. Le pays est aux deux tiers sous les eaux. 424 personnes ont déjà péri dans les inondations. Il y a 30 millions de sans-abri. 55 des 54 districts du pays ont été affectés par les fortes pluies de mousson. Les pertes pour l’agriculture sont estimées à 302 millions de dollars. Plus de 100.000 personnes souffrent déjà de maladies intestinales. «C’est un cauchemar», explique Hossain. «Mon lit est surélevé sur huit briques et des planches de bois, presque sous le toit. Mais si l’eau monte encore, je ne sais pas où aller». Les bateaux sont devenus le moyen de transport le plus populaire, y compris dans les rues de Dacca, la capitale comptant 9 millions d’habitants, inondée aux deux tiers, et où affluent des réfugiés de régions inondées. Les vélo-rickshwas peinent dans l’eau au niveau du genou. Ces inondations constituent un grave revers économique pour un pays de 126 millions d’habitants dont le PIB par tête n’est que de 226 dollars et qui pourtant commençait à émerger grâce notamment à d’importantes réserves de gaz naturel. Urgence d’une aide alimentaire «Les inondations actuelles constituent une catastrophe économique pour le Bangladesh», a déclaré mercredi le ministre des Finances, Shah Kibria, lors d’une réunion avec les représentants d’organisations et pays susceptibles de fournir une assistance, appelant à une aide d’urgence, notamment alimentaire, de 681,5 millions de dollars. Les contributions financières commençent à affluer du Japon, Canada, Allemagne, Norvège, Etats-Unis, Grande-Bretagne. Nombre d’organisations fournissant assistance ont une expérience directe des inondations, qui affectent aussi les enclaves diplomatiques de Baridhara et Gulshan, à Dacca. Mohammad Forkan, factotum d’un appartement de Gulshan, explique qu’il a dû se procurer un bateau pour circuler, pour 52 dollars, au prix fort. La crainte des épidémies est venue s’ajouter aux tracas quotidiens de la vie les pieds dans l’eau à Dacca et dans les autres villes du pays. Dans le port de Narayanganj, près de la capitale, inondé lui aussi, Laila Hasan, qui vit dans un immeuble, raconte qu’elle garde ses enfants à la maison de peur des maladies. Elle a mis de l’acide autour de son appartement pour repousser les serpents d’eau. «La peau est irritée par l’eau», dit Masud Rana, qui vient chaque jour à son échoppe avec des vêtements de rechange car il fait son trajet en partie dans l’eau jusqu’à la taille. Nombre de magasins ont dû fermer. Dans d’autres, les provisions ont été installées sur des tas de briques pour les garder au sec. Mais le ravitaillement se fait de plus en plus rare. Il est de plus en plus diffile de trouver un abri, même à Dacca où des milliers d’immeubles ont été inondés. «Nous n’avons nulle part où aller, les hôtels non inondés n’ont plus de place ou sont trop chers», explique un liftier d’un immeuble chic de la capitale. Par milliers, les sans-abri dorment sur les quelques rues sèches de la capitale. Le simple fait d’aller aux toilettes est devenu un cauchemar. «Je ne veux même pas y penser», dit Harunur Rahsid, qui habite près de la rivière Buriganga qui traverse la capitale. «Il me faut marcher dans de l’eau qui m’arrive à la taille pour aller chez des voisins». (AFP)
M. Munir Hossain dort sur un lit perché sur des piles de briques au-dessus de l’eau sale qui a envahi sa maison. Ce commerçant de Dacca vit la misère quotidienne de dizaines de millions d’habitants du Bangladesh, pays parmi les plus pauvres du monde, victime habituelle d’innombrables catastrophes naturelles, et qui subit depuis deux mois les plus longues inondations qu’il ait jamais connues. Le pays est aux deux tiers sous les eaux. 424 personnes ont déjà péri dans les inondations. Il y a 30 millions de sans-abri. 55 des 54 districts du pays ont été affectés par les fortes pluies de mousson. Les pertes pour l’agriculture sont estimées à 302 millions de dollars. Plus de 100.000 personnes souffrent déjà de maladies intestinales. «C’est un cauchemar», explique Hossain. «Mon lit est surélevé sur huit briques et...