Vent de panique monétaire en Russie, le rouble en chute libre (photo)
le 27 août 1998 à 00h00
De Moscou à Vladivostok, un vent de panique monétaire s’est emparé mercredi des citoyens russes et de leurs dirigeants, également désemparés devant l’effondrement brutal de la monnaie nationale. En quelques minutes mercredi matin, le rouble a connu une chute vertigineuse, révélatrice de la gravité de la crise financière que traverse la Russie. Les autorités monétaires ont renoncé à fixer le dollar par rapport au rouble, après un recul de plus de 5% de la devise russe lors des premiers échanges. En l’espace de quelques heures, le rouble a perdu 40% de sa valeur par rapport au mark. Au fixage, la devise allemande était cotée à 7,6 roubles, contre 4,4995 mardi. Dans tout le pays, consommateurs et épargnants tentaient désespérément de se débarrasser de leurs roubles, conscients de l’impuissance de la banque centrale à contrôler l’incontrôlable. Dans les rues de la capitale, on pouvait voir de nombreuses personnes âgées agglutinées devant les magasins pour écouler leur argent. Mais au Goum, le grand centre commercial situé sur la Place rouge, la moitié des boutiques avaient baissé leur rideau pour procéder à la valse des étiquettes rituelle en période d’hyperinflation. En province, les directeurs des succursales bancaires se plaignaient amèrement de ne plus être approvisionnés en dollars. «Nous ne vendons que les dollars qu’on nous a vendus. Nous n’avons pas d’autre cash disponible», a dit un caissier de l’Omskpromstroïbank à Omsk, en Sibérie. «Minute par minute» A Vladivostok, sur la côte orientale, le dollar s’échangeait jusqu’à 9,15 roubles, mais il était rare. La plupart des retraits automatiques avec cartes de crédit ont été interdits. Il y a seulement six semaines, le billet vert s’échangeait officiellement à six roubles. Le nouveau premier ministre Viktor Tchernomyrdine, qui suit la situation «minute par minute», s’est dit «extrêmement insatisfait» de la politique menée par la Banque de Russie ces derniers jours pour défendre le rouble. Tchernomyrdine doit rencontrer prochainement à ce sujet le gouverneur de la Banque centrale, Sergueï Doubinine. Dans ses interventions, la Banque de Russie doit tenir compte de la baisse rapide de ses réserves, qui sont passées de 17 milliards de dollars le 7 août à 15,1 milliards une semaine après. Reconnaissant son impuissance, la Banque centrale a d’ailleurs estimé mercredi qu’il était «déraisonnable» de poursuivre des interventions de grande envergure pour défendre le rouble. (Reuters)
De Moscou à Vladivostok, un vent de panique monétaire s’est emparé mercredi des citoyens russes et de leurs dirigeants, également désemparés devant l’effondrement brutal de la monnaie nationale. En quelques minutes mercredi matin, le rouble a connu une chute vertigineuse, révélatrice de la gravité de la crise financière que traverse la Russie. Les autorités monétaires ont renoncé à fixer le dollar par rapport au rouble, après un recul de plus de 5% de la devise russe lors des premiers échanges. En l’espace de quelques heures, le rouble a perdu 40% de sa valeur par rapport au mark. Au fixage, la devise allemande était cotée à 7,6 roubles, contre 4,4995 mardi. Dans tout le pays, consommateurs et épargnants tentaient désespérément de se débarrasser de leurs roubles, conscients de l’impuissance de la banque...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.