Deux sur deux. La France a enlevé les deux premières médailles d’or des Championnats du monde de cyclisme sur piste, mercredi à Bordeaux, avec Arnaud Tournant sur le kilomètre et Philippe Ermenault en poursuite. Tournant, impressionnant, a lancé l’équipe de France de la façon la plus rapide. A 20 ans, le Nordiste a pulvérisé son meilleur temps sur le kilomètre de plus d’une seconde pour priver d’un quatrième titre l’Australien Shane Kelly, invaincu aux Championnats du monde sur la distance depuis 1995. Cette force de la nature (1,82 m pour 81 kg), que son entraîneur Gérard Quintyn compare pour sa force à Pierre Trentin, le premier champion du monde de la discipline, s’est surpassé pour boucler les quatre tours en 1 min 01 sec 879. Rien moins que le meilleur temps jamais réalisé au niveau de la mer, Kelly ayant réalisé son record du monde sur les hauteurs colombiennes à Bogota voici trois ans. Après son exploit, Tournant a dû attendre le passage des trois derniers. Ni les Allemands Stefan Nimke et Soren Lausberg, qui l’avaient privé du podium l’an passé, ni Kelly n’ont fait mieux. Alors, le jeune Roubaisien, qui cache un cœur sensible derrière une détermination de fer, s’est effondré en larmes. «C’est un rêve qui est exaucé», a lancé le nouveau champion du monde, propulsé dans cette discipline sur les traces ouvertes par Florian Rousseau, la référence après son double titre mondial (1993 et 1994) et olympique à Atlanta. Et dire que ces deux coureurs exceptionnels vont se retrouver ensemble dès jeudi, avec Vincent Le Quellec, pour défendre leur titre de la vitesse par équipes! La Picardie en finale Moins d’une heure après la trajectoire de Tournant, la Marseillaise a retenti de nouveau dans la halle de Bordeaux-Lac vibrante d’enthousiasme. La finale de la poursuite, cent pour cent française, cent pour cent... picarde pour être exact, a tourné à l’avantage d’Ermenault, déjà sacré l’an passé. Pour enlever son deuxième titre individuel à l’âge de 29 ans, «Fifi» comme l’appellent ses coéquipiers a dû battre son aîné, Francis Moreau (33 ans). Les deux hommes, compagnons de chambre en équipe de France, passent à l’occasion leurs vacances ensemble avec femmes et enfants, lesquels ont assisté des tribunes, côte à côte, à ce duel quasiment fratricide. Francis Moreau, crédité du meilleur temps du tournoi en qualifications (4:19.324), a fait figure de vainqueur jusqu’à la mi-course. En tête encore aux trois kilomètres, il a dû s’incliner face à son complice et a paru payer, davantage que son rival, le prix de... quatre poursuites le même jour. Car, pour assurer un temps en qualifications, les deux hommes se sont livrés sur 4 kilomètres à l’entraînement dès 9 heures du matin. Pour avoir négligé pareille précaution, le favori du tournoi, le Britannique Chris Boardman, s’est retrouvé «sorti» dès son premier parcours. Sitôt leur match terminé, «l’amitié a repris ses droits» selon les prévisions d’Ermenault, qui était loin de partir favori. Au dernier Championnat de France, voici moins d’un mois à Hyères, le champion du monde 1997 s’était incliné nettement en finale. A Bordeaux, les deux hommes se sont félicités sportivement et le spectacle des deux coureurs de l’équipe de France, bras levés dans un même hommage, a symbolisé cette première journée toute de bleu-blanc-rouge. Qu’espérer de mieux? Déclarations l Arnaud Tournant (Fra), 1er du kilomètre: «Battre son meilleur temps de plus d’une seconde à ce niveau, je ne sais pas si cela a déjà été fait. J’ai compris que j’avais gagné quand j’ai vu Kelly à plus de 6 dixièmes de seconde. Ce n’était pas possible qu’il les reprenne. Après trois titres coup sur coup, il fallait bien l’arrêter ! C’est ma revanche. Certains m’avaient enterré l’an dernier après ma quatrième place des Championnats du monde. J’apprécie Bordeaux et je crois avoir frappé un grand coup. Je voulais croire en ce rêve. Voilà qu’il est exaucé». l Philippe Ermenault (Fra), 1er de la poursuite: «A huit tours de l’arrivée, j’ai pensé «craquer». J’avais huit dixièmes de seconde de retard. Mais j’ai été au-delà. Je ne voulais surtout pas avoir de regrets. Le psychologue de Felicia (Ballanger) m’a dit ici que le corps humain peut toujours se dépasser même s’il plie sous la douleur. J’y ai pensé. Mon père avait mal pris ma défaite du Championnat de France. Je lui avais promis de ramener le titre. Après la finale, j’ai présenté mes excuses à Francis pour l’avoir privé de cette médaille d’or. Lui aurait fait de même». l Francis Moreau (Fra), 2e de la poursuite: «C’est la fraîcheur physique qui a payé. La médaille d’argent, c’est secondaire. Pour moi, elle n’a pas de signification. C’est une immense déception». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Deux sur deux. La France a enlevé les deux premières médailles d’or des Championnats du monde de cyclisme sur piste, mercredi à Bordeaux, avec Arnaud Tournant sur le kilomètre et Philippe Ermenault en poursuite. Tournant, impressionnant, a lancé l’équipe de France de la façon la plus rapide. A 20 ans, le Nordiste a pulvérisé son meilleur temps sur le kilomètre de plus d’une seconde pour priver d’un quatrième titre l’Australien Shane Kelly, invaincu aux Championnats du monde sur la distance depuis 1995. Cette force de la nature (1,82 m pour 81 kg), que son entraîneur Gérard Quintyn compare pour sa force à Pierre Trentin, le premier champion du monde de la discipline, s’est surpassé pour boucler les quatre tours en 1 min 01 sec 879. Rien moins que le meilleur temps jamais réalisé au niveau de la mer, Kelly...