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Actualités - Chronologie

Un an après , la Dianamania sous le microscope des psychologues (photo)

Un an après s’être livrée à une étonnante catharsis à l’occasion de la mort brutale de Diana, la Grande-Bretagne paraît aujourd’hui se reprendre, presque s’excuser de s’être ainsi laissée aller aux yeux du monde, tandis que le prince Charles, après une longue traversée du désert dans le cœur des Britanniques, semble faire un «come-back» aussi rapide qu’inattendu. Dans le climat émotionnel qui avait marqué l’événement, nombreux étaient ceux qui voyaient dans ce relâchement collectif le signe que la société britannique vivait une révolution sociale, que les mentalités en seraient marquées à jamais. Un an plus tard, non seulement rien n’a fondamentalement changé, mais en outre il semble bien que la contrition soit à l’ordre du jour et les responsables du clergé ne sont pas les derniers à dénoncer le torrent d’idolâtrie qui s’est déversé depuis ce tragique 31 août 1997. Sociologues et psychologues commencent à relever la tête, eux qui étaient bien en peine d’expliquer comment tout un peuple connu pour un flegme confinant à l’indifférence arrogante avait pu pleurer sans retenue dans la rue. On avait aussi peut-être un peu rapidement tenu pour acquis que les écrits hagiographiques sur Diana et l’industrie du souvenir que sa mort a fait prospérer étaient des signes qui ne trompaient pas quant à la naissance d’un mythe immortel. Un documentaire indépendant, que la BBC projettera le 6 septembre à l’occasion du premier anniversaire des grandioses obsèques que la monarchie avait dû concéder à la foule en deuil pour la calmer, montre que tout le peuple n’a pas été emporté par la marée de «Dianamania». Ce document, tourné dans quatre villes du pays la veille et le jour de l’enterrement de «la princesse du peuple», surprend des gens indifférents ou hostiles à cette démonstration incontrôlée de sentimentalisme, y compris sur la route du cortège funèbre. «La nation n’était pas unie dans le chagrin. Les gens pourraient bien en avoir assez de cette avalanche d’éloges larmoyants», explique le réalisateur du documentaire, Colin Luke. «Fausse déesse» Un club de réflexion conservateur a de son côté publié un ouvrage analysant et décortiquant comment on a «canonisé» Diana simplement parce que les causes qu’elle défendait étaient «émotionnellement correctes». Pour le sociologue Tony Walter, ce sont des médias hypocrites qui ont encouragé les Britanniques de la rue à se complaire et se délecter dans un sentimentalisme mièvre à bon marché. «Naguère, on félicitait les gens de ne pas craquer, de bien se tenir, de faire comme la famille royale. Mais les médias ont été presqu’unanimes à condamner la famille royale pour n’avoir pas laissé percer publiquement son chagrin», explique-t-il. L’heure semble donc venue de se reprendre après ce vaste défoulement, mais le clergé semble vouloir plus encore: faire tomber Sainte Diana de son piédestal. «Faisons attention à ne pas nous idolâtrer son icône. Ce serait indécent», a estimé l’archevêque d’York David Hope, l’un des prélats les plus en vue du pays. Pour l’archevêque de Contorbéry, George Carey, si la mort de Diana a tout naturellement ému ses compatriotes, ceux-ci doivent se rappeler que la princesse ne restera pas dans les mémoires pour sa quête particulière de spiritualité. Un de ses prédécesseurs à la tête de l’Eglise anglicane, lord Cogan, a été plus loin en qualifiant la défunte de «fausse déesse» aux «mœurs sexuelles relâchées» dont l’idolâterie par les Britanniques est tout ce qu’il y a de plus athée. Face à cette offensive révisionniste, les féministes britanniques sont montées au créneau. «Elle était en communion avec les gens ordinaires alors que les églises ne le sont plus. Peut-être sont-elles jalouses», a rétorqué l’écrivain Bea Campbell. «Les femmes se trouvaient beaucoup de points communs avec elle. Elle nous manque. Ce n’est pas plus compliqué que cela», s’est-elle en outre justifiée. (Reuters-AFP)
Un an après s’être livrée à une étonnante catharsis à l’occasion de la mort brutale de Diana, la Grande-Bretagne paraît aujourd’hui se reprendre, presque s’excuser de s’être ainsi laissée aller aux yeux du monde, tandis que le prince Charles, après une longue traversée du désert dans le cœur des Britanniques, semble faire un «come-back» aussi rapide qu’inattendu. Dans le climat émotionnel qui avait marqué l’événement, nombreux étaient ceux qui voyaient dans ce relâchement collectif le signe que la société britannique vivait une révolution sociale, que les mentalités en seraient marquées à jamais. Un an plus tard, non seulement rien n’a fondamentalement changé, mais en outre il semble bien que la contrition soit à l’ordre du jour et les responsables du clergé ne sont pas les derniers à...