Paver le sol antique de dalles blanches équarries dans l’acropole de Baalbeck, ou encore y faire couler du béton pour niveler le parterre en certains endroits, ne méritait pas pour les «uns»les cris d’indignation qui ont fini par atterrir en première page du quotidien «Le Monde». Mais il y a toujours «les autres», spécialistes, archéologues, ou même simples citoyens qui s’étonnent toutefois de voir un site archéologique panaché de masses de béton et de fils d’acier. C’est le cas de Fakra où un lecteur a pris des photos des vestiges romains dont les chapiteaux sont posés... sur des colonnes de béton. «C’est une ancienne histoire» dit un cadre de la Direction générale des Antiquités, M. Toufic Rifaï. «Kalayan était en train de restaurer les vestiges lorsque la guerre a éclaté en 1975. Depuis, les travaux de restauration ont été suspendus faute de moyens...» ajoute-t-il , refusant d’en dire davantage plus sur ce mélange détonant de colonnes de béton et de pierres millénaires. Pour sa part, l’archéologue Samir Chami explique que l’emploi du béton était «la méthode de Kalayan» et «certains spécialistes considéraient qu’elle était la bonne ». Il souligne que «Kalayan avait une formation d’ingénieur»; que «les consolidations qu’il entreprenait étaient excellentes et pourraient tenir un siècle». Mais d’un point de vue esthétique, «l’exécution ne se conforme pas aux règles de l’art et n’est pas minutieuse dans les détails». M. Chami met l’accent sur «le manque de coordination, à l’époque, entre les restaurateurs et les archéologues». Ainsi dans le cas de Fakra, Kalayan a monté une colonne entière de béton pour poser un chapiteau. «Ce genre de travail ne correspond pas aux normes internationales. L’emploi du béton devrait se faire plus discrètement. On peut l’utiliser dans la masse murale pour consolider la pierre ancienne mais il ne devrait pas être apparent. Mieux encore, tout matériel nouveau utilisé pour consolider la pierre ancienne ne doit pas dépasser l’ordre de 15% à 20% de la masse totale du vestige», explique M. Chami. Pour l’archéologue Fady Stéfan, «les choses ont bien évolué depuis l’époque où travaillait Kalayan. Celui-ci a adopté la théorie d’Eugène Viollet-Le Duc qui voulait le monument historique tel que lui pensait qu’il était. Alors il créait des choses qui n’existaient peut-être pas jadis ou encore qui existaient, mais dont on n’a pas la description fidèle. A Anjar par exemple, Kalayan a entrepris des réparations trop audacieuses... Contrairement au concept de Viollet-Le Duc, Raskin préférait laisser mourir le monument de sa propre mort... Les spécialistes internationaux ont adopté cette théorie sans ses excès», rappelle M. Stéfan. «Il vaut mieux donc consolider que réparer quand on n’a pas les morceaux de pierre authentiques et quand on n’a pas le dessin original . Cela donne du faux. Imaginer la restauration du temple de Baalat à Byblos d’après les représentations faites sur les monnaies ! Ce serait de la folie...», conclut l’archéologue.
Paver le sol antique de dalles blanches équarries dans l’acropole de Baalbeck, ou encore y faire couler du béton pour niveler le parterre en certains endroits, ne méritait pas pour les «uns»les cris d’indignation qui ont fini par atterrir en première page du quotidien «Le Monde». Mais il y a toujours «les autres», spécialistes, archéologues, ou même simples citoyens qui s’étonnent toutefois de voir un site archéologique panaché de masses de béton et de fils d’acier. C’est le cas de Fakra où un lecteur a pris des photos des vestiges romains dont les chapiteaux sont posés... sur des colonnes de béton. «C’est une ancienne histoire» dit un cadre de la Direction générale des Antiquités, M. Toufic Rifaï. «Kalayan était en train de restaurer les vestiges lorsque la guerre a éclaté en...
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