La discrétion qui entoure une vie et qui en constitue la trame essentielle est celle-là même qui clôt le parcours, donnant au départ une noblesse extrême. Joseph Zaarour s’est retiré de la scène terrestre, sans bruit, dans la sérénité de ceux qui n’ont rien à cacher à leur Créateur ni aux hommes. Un grand commis de l’Etat disparaît, aérien, les mains propres, riche de «ces biens que les vers et la rouille ne peuvent ronger», la tête altière parce qu’elle n’a jamais voulu s’embourber dans le compromis, ni céder sur l’essentiel, ni se courber sous quelque pression que ce soit. Un juste qui, paradoxalement, n’avait pas sa place dans la horde des arrivistes et des opportunistes mais qui aurait dû l’avoir pour que l’administration qu’il a servie soit davantage conforme à sa vocation. Joseph Zaarour fut l’exemple même du haut fonctionnaire honnête et compétent qui pouvait loyalement servir l’Etat sans en être l’otage et y introduire des normes de droiture et de rigueur, dans une distance critique ignorant la concession et la soumission. Ce sont là essentiellement les traces laissées par Joseph Zaarour à l’Education nationale, dont il a été le directeur général pendant de longues années, comme à la Fonction publique dont il fut le président et qui lui valurent, par la suite, d’être régulièrement consulté comme conseiller par des tenants éminents du pouvoir exécutif eux-mêmes, ô combien rares, intègres et transparents. C’est peut-être au sein de l’Université Saint-Joseph, qui l’accueillit à sa retraite, qu’il trouva son terrain d’élection et qu’il put enfin donner toute sa mesure. Un lieu où son expérience confirmée, son énorme culture et son goût pour la formation des jeunes dans le domaine du juridique comme du linguistique et du culturel pouvaient s’implanter d’une manière féconde dans un projet d’éducation et de transmission. Aussitôt remis d’une opération de la cataracte, il y a quelques semaines, il s’est attelé à la touche finale d’une étude minutieuse sur les naturalisations au Liban depuis 1932, promise pour la revue «Travaux et Jours», dans la première quinzaine de septembre. Je reconnais là tout l’être que j’ai fréquenté: un homme de parole, de conscience et de confiance, alliant la probité à l’humour, un homme de cœur aussi, rompu aux exigences de la fidélité et de l’amitié. Ton parcours est un stigmate, un encens d’authenticité et de simplicité, celui d’un fils de la montagne pour qui la Valeur est patrimoine.
La discrétion qui entoure une vie et qui en constitue la trame essentielle est celle-là même qui clôt le parcours, donnant au départ une noblesse extrême. Joseph Zaarour s’est retiré de la scène terrestre, sans bruit, dans la sérénité de ceux qui n’ont rien à cacher à leur Créateur ni aux hommes. Un grand commis de l’Etat disparaît, aérien, les mains propres, riche de «ces biens que les vers et la rouille ne peuvent ronger», la tête altière parce qu’elle n’a jamais voulu s’embourber dans le compromis, ni céder sur l’essentiel, ni se courber sous quelque pression que ce soit. Un juste qui, paradoxalement, n’avait pas sa place dans la horde des arrivistes et des opportunistes mais qui aurait dû l’avoir pour que l’administration qu’il a servie soit davantage conforme à sa vocation. Joseph Zaarour...
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