Le président Bill Clinton va devoir surmonter sa disgrâce et effacer l’image de canard boiteux qui risque d’enterrer son programme politique, après avoir reconnu avoir «trompé» le public et sa femme sur sa liaison avec une stagiaire de la Maison-Blanche. Trois jours après le témoignage devant une Chambre de mise en accusation et la confession télévisée de M. Clinton sur sa liaison avec Monica Lewinsky, démocrates et républicains s’adonnent au jeu des prédictions les plus sombres, estimant que le président avait perdu tout pouvoir d’influence sur le Congrès à majorité républicaine. Pour certains, les frasques du chef de l’Etat pourraient même barrer la route de la Chambre des représentants aux démocrates lors des élections législatives de novembre. Dans les rangs même du parti du président, des appels à la démission ont été entendus. «Le président a menti sous serment, a déclaré le représentant démocrate Paul McHale sur la chaîne NBC. Nous ne pouvons tolérer cela d’aucun président si nous voulons garder un Etat de droit». Pourtant, Bill Clinton, actuellement en vacances à Martha’s Vineyard (Massachusetts), est aussi surnommé le «comeback kid», l’enfant prodigue, en raison de sa capacité à rebondir après les pires scandales. Il lui faut maintenant restaurer son image. «Le président pense que la chose la plus importante maintenant est qu’il passe du temps avec sa famille et qu’il le fasse dans l’intimité qu’il a souhaitée, pour pouvoir réparer» les dégâts causés, a dit le porte-parole présidentiel, Michael McCurry. Après cette retraite, qu’il interrompra peut-être dès cette semaine, M. Clinton devrait, selon son porte-parole, revenir en force pour s’occuper des vrais problèmes du pays, trop longtemps oubliés, selon lui. Chômage technique «Nous voulons (...) que les gens voient le président attelé aux tâches pour lesquelles il a été élu et c’est dur à obtenir alors qu’il est vacances», a expliqué M. McCurry. M. Clinton est également impatient d’aller défendre devant les Américains son programme en matière de santé et d’éducation avant d’affronter de nouveau le Congrès à son retour de vacances. Le président souhaite employer l’excédent budgétaire dégagé cette année pour sauver le système fédéral de retraite (Social Security), mais la majorité républicaine entend affecter l’excédent à la baisse des impôts. S’ils ne parviennent pas à un compromis, les conservateurs menacent déjà de mettre le gouvernement au chômage technique en refusant de voter le budget, ce qui pourrait, comme en 1996, paralyser l’exécutif. Les sondages restent du côté du chef de l’Etat, montrant que les Américains, bien que mécontentés par sa malhonnêteté, souhaitent néanmoins en finir avec une enquête sur sa vie privée de sept mois, trop longue et trop coûteuse. Mais l’affaire est loin d’être finie. Le procureur indépendant Kenneth Starr, qui cherche à savoir si M. Clinton a commis un parjure et une obstruction de la justice, a cité Mlle Lewinsky à comparaître. Il pourrait également demander à M. Clinton, qui aurait refusé, lundi, de répondre à certaines questions, de témoigner une deuxième fois. Enfin, M. Starr transmettra en septembre un rapport au Congrès pouvant déboucher sur des accusations ouvrant la porte à une procédure de destitution. Un tel événement est improbable tant que la popularité du président est forte, mais les républicains attendront de voir dans quelle direction souffle le vent. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton va devoir surmonter sa disgrâce et effacer l’image de canard boiteux qui risque d’enterrer son programme politique, après avoir reconnu avoir «trompé» le public et sa femme sur sa liaison avec une stagiaire de la Maison-Blanche. Trois jours après le témoignage devant une Chambre de mise en accusation et la confession télévisée de M. Clinton sur sa liaison avec Monica Lewinsky, démocrates et républicains s’adonnent au jeu des prédictions les plus sombres, estimant que le président avait perdu tout pouvoir d’influence sur le Congrès à majorité républicaine. Pour certains, les frasques du chef de l’Etat pourraient même barrer la route de la Chambre des représentants aux démocrates lors des élections législatives de novembre. Dans les rangs même du parti du président, des appels...