Le président américain Bill Clinton conservera peut-être son poste, mais aux Etats-Unis de nombreux experts estiment que le spectacle peu glorieux de sa dernière confession a affaibli l’institution présidentielle. «Désormais, il n’a plus aucune prise sur le Congrès républicain, qui dispose d’une raison supplémentaire pour ne pas coopérer», a estimé Allan Lichtman, un politologue de l’Université américaine de Washington. L’enquête de sept mois sur sa liaison avec l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, a créé une série de précédents juridiques qui n’est pas sans conséquences pour les futurs occupants du Bureau ovale. Tour à tour, les juges ont avalisé l’ouverture de poursuites civiles contre un président en exercice, puis la comparution devant la justice de membres du Secret Service (chargé de la protection présidentielle), les forçant à révéler ce qu’ils savaient sur la vie du président, enfin l’absence, pour les avocats de la Maison-Blanche, du droit au secret professionnel au nom de la relation privilégiée avocat-client. A leur tâche déjà ardue, les futurs chefs d’Etat américains devront donc ajouter celle de soupeser soigneusement chacun de leurs gestes, publics et privés. Sans parler de candidats compétents qui ne voudront pas se mettre au service de l’administration présidentielle pour éviter grands jurys et honoraires d’avocat ruineux. Mais sans aller aussi loin, M. Clinton lui-même pourrait voir sa marge de manœuvre considérablement réduite jusqu’à la fin de son mandat, dans deux ans et demi, à condition bien sûr qu’il arrive à sauver son poste. «Il est loin d’être tiré d’affaire», a estimé Daniel Troy, un analyste politique conservateur de l’American Enterprise Institute de Washington, en mentionnant l’enquête en cours, qui cherche à déterminer s’il y a eu obstruction de la justice de la part du président. La confession orgueilleuse de Clinton, lundi soir, ne fera pas tout disparaître d’un coup de baguette magique, a estimé M. Troy, ajoutant que «de sérieux problèmes» l’attendent. Les républicains, majoritaires au Congrès depuis les élections de 1994, ont réservé un accueil tiède à l’incroyable confession télévisée de Clinton, qui a admis une relation «déplacée» avec Mlle Lewinsky, mais a nié tout mensonge ou toute tentative d’obstruction de l’enquête. Pour beaucoup, Bill Clinton a gâché l’avantage politique acquis au début de l’année, avant que la rumeur de sa liaison avec Monica Lewinsky ne s’étende. «Il a perdu sa sixième année de mandat, un moment-clé avant la septième et la huitième années, pendant lesquelles les choses deviennent plus difficiles», a estimé Steve Hess, un politologue de la Brookings Institution, une organisation non partisane. Il avait «une grande chance à saisir», a-t-il ajouté. C’est en tous les cas pain béni pour les républicains, qui ne peuvent que se réjouir de voir M. Clinton affaibli et humilié, surtout s’ils gardent le contrôle des deux Chambres du Congrès après les élections législatives en novembre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président américain Bill Clinton conservera peut-être son poste, mais aux Etats-Unis de nombreux experts estiment que le spectacle peu glorieux de sa dernière confession a affaibli l’institution présidentielle. «Désormais, il n’a plus aucune prise sur le Congrès républicain, qui dispose d’une raison supplémentaire pour ne pas coopérer», a estimé Allan Lichtman, un politologue de l’Université américaine de Washington. L’enquête de sept mois sur sa liaison avec l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, a créé une série de précédents juridiques qui n’est pas sans conséquences pour les futurs occupants du Bureau ovale. Tour à tour, les juges ont avalisé l’ouverture de poursuites civiles contre un président en exercice, puis la comparution devant la justice de membres du Secret...