"Les tambours de la guerre" résonnent de nouveau à Mogadiscio
le 20 août 1998 à 00h00
Des chefs de guerre somaliens se querellent au sujet de la nouvelle administration de Mogadiscio, et les efforts de paix paraissent une fois encore voués à l’échec. Ali Mahdi Mohamed, qui contrôle le nord de Mogadiscio, a appelé les habitants de la capitale à soutenir la police nouvellement créée, et à se démarquer de ceux qui s’opposent à l’administration conjointe de la ville. Ali Mahdi et ses adversaires, Hussein Aïdid et Mohamed Qanyare, s’étaient mis d’accord le 3 août dernier pour établir une autorité conjointe pour gouverner Mogadiscio. Mais les chefs de guerre Osman Hassan Ali «Atto», Musa Sudi Yalahow, Hussein Haji Bod et Mohamed Said Hersi «Morgan» ont rejeté le nouvel accord et accusé Ali Mahdi et ses nouveaux alliés de «faire résonner les tambours de la guerre». M. Yalahow a déployé une milice armée dans le nord de Mogadiscio et des mitrailleuses lourdes étaient hissées au sommet de l’ancien bâtiment de la Marine somalienne. «L’autorité conjointe est un pas vers la paix», a cependant affirmé Ali Mahdi. M. Bod et le général Morgan ont accusé, dans une déclaration commune, Ali Mahdi et Hussein Mohamed Aïdid de conduire la Somalie vers de nouveaux affrontements après «avoir détourné le processus de réconciliation nationale». «Ces deux hommes et leurs amis politiques sont responsables de tous les méfaits qui ont entravé la pacification de la Somalie et ravivé l’hostilité», poursuit le communiqué. Ils ont également appelé à la tenue d’une réunion des 26 factions à Addis-Abeba dans les prochains 45 jours pour évaluer l’état du processus de paix. M. Aïdid a refusé de commenter les nouveaux développements politiques en Somalie. Mais, selon son porte-parole: «Aïdid et Ali Mahdi devraient être remerciés pour les efforts qu’ils ont déployés pour unir la capitale somalienne». Des problèmes financiers sont à l’origine du retard dans l’application de l’accord de paix signé en décembre 1997 au Caire. Les factions qui soutiennent l’administration conjointe de Mogadiscio ont déclaré que la nouvelle police de 6.000 hommes se préparait à entrer en service, grâce à des dons de la Libye et d’autres pays. Mais Musa Yalahow a prévenu qu’une bataille importante s’engagerait si la police de Ali Mahdi attaquait ses places fortes dans le nord de Mogadiscio, et que «de nombreux jeunes s’étaient portés volontaires pour être entraînés et servir la nation somalienne». Depuis que les querelles de clans ont commencé, chaque faction a commencé à réarmer ses combattants et les habitants de Mogadiscio craignent une reprise de la guerre à tout moment. (AFP)
Des chefs de guerre somaliens se querellent au sujet de la nouvelle administration de Mogadiscio, et les efforts de paix paraissent une fois encore voués à l’échec. Ali Mahdi Mohamed, qui contrôle le nord de Mogadiscio, a appelé les habitants de la capitale à soutenir la police nouvellement créée, et à se démarquer de ceux qui s’opposent à l’administration conjointe de la ville. Ali Mahdi et ses adversaires, Hussein Aïdid et Mohamed Qanyare, s’étaient mis d’accord le 3 août dernier pour établir une autorité conjointe pour gouverner Mogadiscio. Mais les chefs de guerre Osman Hassan Ali «Atto», Musa Sudi Yalahow, Hussein Haji Bod et Mohamed Said Hersi «Morgan» ont rejeté le nouvel accord et accusé Ali Mahdi et ses nouveaux alliés de «faire résonner les tambours de la guerre». M. Yalahow a déployé une...
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