Le président Bill Clinton et ses collaborateurs espèrent que l’aveu public d’une relation avec une jeune stagiaire de la Maison-Blanche tournera la dernière page de l’affaire Monica Lewinsky, mais les principaux journaux américains en doutaient mardi. «Quelle occasion gâchée hier soir pour M. Clinton», estimait le «New York Times» dans un éditorial acerbe critiquant le président pour avoir eu recours «aux boniments dichotomiques connus» dans sa déclaration télévisée, lundi soir après son témoignage devant un grand jury sur sa «relation déplacée». Au lieu d’un discours réparateur, «il a opté pour le mélange habituel d’aveu minimal et de rage contenue», écrit le journal. «Son aveu touchant d’avoir menti à sa femme était couplé avec l’argumentation insolente que son précédent démenti (en janvier), sous serment, (…) fut «légalement correct»», dénonce le journal. Bill Clinton a également attaqué dans sa déclaration le procureur indépendant Kenneth Starr pour avoir étendu son enquête sur sa vie privée et estimé qu’elle avait «duré trop longtemps, coûté trop cher et blessé trop de personnes innocentes». Le «Washington Post» — à l’instar du «New York Times» généralement favorable à Bill Clinton — a soigneusement évité un éditorial sur le témoignage et la déclaration télévisée du président et publié en «une» une photo du procureur Starr, se démarquant ainsi des autres journaux qui, pour la plupart, avaient choisi une photo du président. Malgré «la stratégie habituelle» de la Maison-Blanche d’attaquer Kenneth Starr et «s’adressant à un public fatigué de scandales», la crédibilité de M. Clinton est sérieusement entamée et il doit dorénavant redouter le rapport que le procureur Starr fera au Congrès, écrit le «Post». La roue vers la réhabilitation pourrait encore être coupée par la preuve de parjure ou d’obstruction faite à la justice, estime le journal. De telles accusations pourraient mener vers une procédure d’«impeachment» (destitution du président) devant le Congrès. «Dégoût» et «honte» «Même si ce que (Clinton) a dit (…) contribue à le mettre à l’abri de l’investigation de Starr — un si avec un s majuscule — cela peut compliquer son désir de rétablir sa force comme président», estime le «Washington Post». Après avoir estimé pendant des années «que Clinton est évasif et intrigant», écrit de son côté le «Los Angeles Times», «les procureurs de l’équipe de Starr (…) ne seront certainement pas satisfaits seulement parce qu’il a admis un mensonge». Le journal ultraconservateur «Washington Times» estime que «le mea culpa dramatique du président Clinton (…) ne fait toujours pas disparaître la menace potentielle d’une destitution par les parlementaires, dont beaucoup (…) ont exprimé dégoût, déception et honte». En affrontant la nation lundi soir, Bill Clinton était confronté, selon le «New York Times», à une force «bien plus insidieuse» que Kenneth Starr. «Sa pratique de jeu défensif, de tromperie par omission ou dissimulation ou feinte ou faiblesse de mémoire a été la source de pratiquement tous les problèmes de cette administration». La déclaration télévisée du président a, selon le journal, laissé apparaître «un combat intérieur, mais n’a pas permis de savoir s’il serait prêt à se défaire d’un caractère retors qui l’a mené lui et le pays vers un niveau si bas». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton et ses collaborateurs espèrent que l’aveu public d’une relation avec une jeune stagiaire de la Maison-Blanche tournera la dernière page de l’affaire Monica Lewinsky, mais les principaux journaux américains en doutaient mardi. «Quelle occasion gâchée hier soir pour M. Clinton», estimait le «New York Times» dans un éditorial acerbe critiquant le président pour avoir eu recours «aux boniments dichotomiques connus» dans sa déclaration télévisée, lundi soir après son témoignage devant un grand jury sur sa «relation déplacée». Au lieu d’un discours réparateur, «il a opté pour le mélange habituel d’aveu minimal et de rage contenue», écrit le journal. «Son aveu touchant d’avoir menti à sa femme était couplé avec l’argumentation insolente que son précédent démenti (en...