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Actualités - Opinion

A propos de Lumières Monastiques Le rayonnement des hommes en noir

Peut-être serais-je voué à lire et à relire ce magnifique ensemble de biens spirituels, culturels, architecturaux, agricoles que résume l’ouvrage des «Lumières Monastiques». Ce livre couvre l’époque de 1695 à 1995 de notre histoire, et particulièrement notre histoire religieuse et maronite. Ce chef-d’œuvre a été patiemment élaboré, illustré à l’occasion du troisième centenaire de la vie et du développement de cette réalisation exceptionnelle. Les fondateurs de l’Ordre libanais maronite ne se bornent pas à nous éclairer sur le passé, étape par étape, mais ils annoncent les rayonnements à venir. A qui ce savant et minutieux travail est-il dédié? Sans doute aux fondateurs de l’Ordre mais aussi à ses martyrs, à tous ses moines. Chacun d’eux représente une parcelle d’un glorieux monument. Je le décrirai comme je le pourrai. Mais comment le décrire dans ses véritables splendeurs? Heureux ceux qui peuvent se recueillir et prier devant cette réussite faite de petits détails et de très grandes réalisations. Ils s’attarderont sans doute devant les immenses sacrifices et les gloires possibles de l’ensemble de l’Ordre et particulièrement devant les trois personnalités les plus marquantes de cet Ordre: le moine Charbel qui a rempli le cœur et l’âme des maronites et des Libanais (et des non Libanais) en réalisant ce qu’il s’est efforcé d’atteindre. Il a réalisé, sans le savoir, peut-être des miracles au cours de sa carrière. Je pourrais en parler longuement parce qu’il a mobilisé, selon l’expression de nos compatriotes et des croyants venus de loin, d’innombrables réalisations du haut de sa solitude. A Rome, à la canonisation de Charbel Makhlouf, je présidais une délégation de Libanais chrétiens et musulmans et parmi les plus hauts délégués, je comptais des ambassadeurs, des juges, des hommes de tout âge dont beaucoup pleuraient à l’allocution du pape Paul VI. Au Liban, après des années, j’ai rendu visite, à plus d’une reprise, aux religieuses dites de la sœur Rafca. L’une de mes dernières émotions a été la sanctification du Bienheureux Nehemtallah Kassab al-Hardini, membre et guide de la congrégation des moines maronites de Kaslik et d’ailleurs. Ce spectacle m’est resté aussi dans le cœur, dans les artères, dans l’éblouissement à Rome puis au Liban, dans le cadre que nous proposait Jean-Paul II qui avait, lui-même, visité le Liban après Paul VI et qui nous apportait, dans notre pays, l’attente fervente de la gloire de Dieu. Pour une des grandes fois aussi, je voyais, grâce à Télé-Lumière non seulement l’unité du peuple libanais, mais aussi la rencontre de deux des plus magnifiques serviteurs de Dieu et de l’homme: le patriarche maronite et le père Jean Tabet, supérieur général des moines maronites. Le patriarche Sfeir étendait son exemple et son influence au Liban et à tout l’Orient, le père Jean Tabet étendait, lui, son action sur toutes les régions de notre pays et du monde. Le long des couvents (ou des ruines de ces couvents) demeurent des inscriptions ou des devises émouvantes. Un paralytique devant l’autel proclame: «Je me redresserai pour Te saluer». D’autres inscriptions ne sont pas moins saisissantes. Faut-il insister sur chaque ex-photo ou chaque prière ou chaque élévation de l’âme vers le ciel? Chaque représentation résume un siècle d’histoire et les histoires elles-mêmes attendent leurs visiteurs orientés par les écoles d’abord vivantes et ensuite la vie même, c’est-à-dire les croyances, les épreuves, les espérances, l’amour concentré ou retenu et encore les légendes consacrées à ces constructions et cette merveilleuse inscription proclamant ceci: «Malgré mes blessures imméritées, je me redresserai pour servir». D’autres légendes accompagnent d’autres tableaux, l’une d’elles est ainsi rédigée: «Les pierres ont aussi des yeux qui voient loin». Une légende proclame: «Le monastère et son église imprégnés des cicatrices du Sauveur» ou encore «L’Espérance est une attente qui ne déçoit pas». Je me suis avancé dans l’exploration de ces constructions et de ces ruines, et il y a aussi ce cri «Le cœur du monastère est une source intarissable». A côté des tableaux on médite sur les manuscrits, les écritures, les récits: ainsi lit-on que le monastère Saint-Jean-Baptiste à Rechmaya a été cédé aux moines, le 1er février 1706, par le Hajj Sacre Emile Saad. Plus loin on voit un acte en vertu duquel le père Abraham Alghaziri, supérieur du monastère Saint-Jean-Basptiste, a cédé sa propriété aux moines. Plus loin encore, un autre manuscrit note que le Cheikh de la famille Abi Saber a cédé sa propriété aux pères maronites. Plus loin encore je vois ceci: «L’harmonie des centres reflète mon vrai visage». «Voici les ruines qui s’entendent à regarder le ciel», les décombres qui découvrent la voie lumineuse et cette interrogation: «Ceux qui méditaient là, que sont-ils devenus?». Parmi les curiosités qui se sont conservées ici et là, l’église Saint-Roch à Faradis, la nature transformée en centre agricole, le centre agricole de Jdeidé, à Qozhaya, les pressoirs, le père Issa recueillant l’huile qu’il a produite, la maison religieuse de Tripoli, les actes d’achat du monastère Saint-Antoine. Puis nous voici à Tamiche à Beit Chaar, nous continuons notre tournée, ce n’est pas une excursion mais un pèlerinage. A l’église Notre-Dame, les moines de Tamiche se sont associés à l’architecture pour faire admirer leur recueillement et leur charme. Voici l’architecture de l’église et cet appel de tous les instants «Ô Seigneur exauce nos prières». Dans d’autres pièces du Couvent, se succèdent les fresques et les maximes de l’Evangile: «Il reviendra juger les vivants et les morts»... L’appel de l’ermitage prolonge un enracinement authentique. Il accueille les moines les plus austères: par exemple le père Khawand. Ces hommes en robe noire peuvent frémir dans le fond de leur âme mais ils disent à Dieu et à eux-mêmes ce qu’ils ressentent, ce qu’ils sont chargés de transmettre, ce qu’ils espèrent obtenir. Toutes les illustrations réalisées par le centre d’art photographique de l’Université sont orientées par le père Louis Samaha. Le père Karam Rizk est le directeur de l’institut d’histoire de l’USEK. L’Ordre a retrouvé le dynamisme des premiers temps et recouvre son rôle pionnier dans l’organisation de l’Eglise maronite. Dans le domaine du développement économique, l’Ordre réalisa, durant cette période, des progrès considérables. La période des transformations est bien celle allant de 1832 à 1913. Le nombre des moines s’élevait en 1834 à 573, en 1908 ils atteignirent les 900. J’ai revu avec le plus vif intérêt les discours de l’Abbé Jean Tabet, supérieur général de l’Ordre libanais maronite et du Recteur de l’USEK, le père Antoine Khalifé. Je me suis penché longuement sur les notices des pères Louis Samaha et Karam Rizk et de bien d’autres compagnons. Le père général Jean Tabet a précisé, dans son discours, que pour la lecture des «Lumières Monastiques» il y a trois voies différentes: la dimension artistique, la voie libanaise et la dimension monastique. Ainsi il y a eu dans l’œuvre tout entière un artisan à qui le mérite a été reconnu, le père Louis Samaha. Ainsi la relation est étroite dans sa conscience entre le passé et l’avenir, l’hier et le demain, «le patrimoine est le renouvellement». Si l’Ordre est un collier de perles visible, c’est que «l’unité de ses perles» fait un immense iceberg. Ainsi demeure caché le mystère du Christ vivant et efficace de siècle en siècle jusqu’à la fin des temps. Je ne me permettrai pas de formuler des préférences ou des propositions, concernant l’un ou l’autre des membres de l’Ordre libanais maronite, mais je crois, j’affirme que le chef-d’œuvre qui m’a été remis me semble insurpassable. J’ajouterai que j’ai eu la joie et l’honneur de connaître de près le père Khalifé et plus encore le supérieur général, le père Jean Tabet. Si je résume ainsi mon texte, c’est que j’ai vu les textes de tous ceux qui ont été entendus à l’USEK ou à Télé-Lumière. Je garde l’espoir de ce que j’ai médité. J’ai trouvé ce que j’ai espéré et ce que j’espérerai revoir. Ai-je rendu compte avec fidélité de la dévotion fervente des religieuses de l’Ordre?. Ai-je parlé du dévouement, de la piété et aussi de l’amour de Dieu greffé sur l’amour de l’homme ou de l’amour de l’homme greffé sur l’amour de Dieu? Que le Seigneur me pardonne mes insuffisances. Péguy a raison de parler de «l’amour de la créature parmi l’amour de Dieu».
Peut-être serais-je voué à lire et à relire ce magnifique ensemble de biens spirituels, culturels, architecturaux, agricoles que résume l’ouvrage des «Lumières Monastiques». Ce livre couvre l’époque de 1695 à 1995 de notre histoire, et particulièrement notre histoire religieuse et maronite. Ce chef-d’œuvre a été patiemment élaboré, illustré à l’occasion du troisième centenaire de la vie et du développement de cette réalisation exceptionnelle. Les fondateurs de l’Ordre libanais maronite ne se bornent pas à nous éclairer sur le passé, étape par étape, mais ils annoncent les rayonnements à venir. A qui ce savant et minutieux travail est-il dédié? Sans doute aux fondateurs de l’Ordre mais aussi à ses martyrs, à tous ses moines. Chacun d’eux représente une parcelle d’un glorieux monument. Je le...