Sécurité des ambassades US : l'administration montre le Congrès du doigt
le 18 août 1998 à 00h00
L’administration américaine montre du doigt le Congrès en lui reprochant de ne pas avoir alloué suffisamment de fonds pour assurer la sécurité des ambassades et admet, après les attentats de Nairobi et de Dar-es-Salaam, que beaucoup reste à faire dans ce domaine. Le département d’Etat, en particulier, apparaît soucieux de profiter de l’émoi suscité par les deux attentats en Afrique pour renouveler avec force ses plaidoyers en direction du Congrès. Le secrétaire d’Etat adjoint américain en charge des questions administratives, Patrick Kennedy, a révélé que l’ambassadeur des Etats-Unis à Nairobi, Prudence Bushnell, mais aussi le Pentagone, avaient exprimé à plusieurs reprises, depuis la fin de l’année dernière, leurs préoccupations à propos de la sécurité de l’ambassade américaine dans la capitale kenyane et réclamé la construction d’une nouvelle ambassade. Mais ces demandes furent rejetées pour des raisons budgétaires et furent considérées comme non prioritaires, a expliqué Patrick Kennedy. Le diplomate était manifestement déterminé à jouer la carte de la franchise pour mieux exposer l’ampleur du problème. «D’autres projets d’ambassades, a-t-il poursuivi, étaient davantage prioritaires que celle de Nairobi pour les fonds limités à notre disposition. Nous n’avions tout simplement pas les fonds nécessaires pour répondre à tous nos besoins». Patrick Kennedy a souligné aussi que les contraintes budgétaires étaient d’autant plus grandes pour le département d’Etat que les Etats-Unis ont construit ces dix dernières années dix-neuf à vingt ambassades supplémentaires, suite notamment à la dislocation de l’Union soviétique et au transfert de capitales, comme c’est le cas par exemple en Allemagne et au Nigeria. Le secrétaire d’Etat adjoint a également indiqué que des «douzaines» d’ambassades américaines à travers le monde ne répondaient pas à certains critères de sécurité préconisés en 1985 par une commission d’enquête du département d’Etat. Cette commission, dirigée par l’amiral Bobby Inman, avançait une série de mesures pour renforcer la sécurité des locaux américains à l’étranger. La commission Inman, a souligné Patrick Kennedy, prônait notamment un «recul» d’une quarantaine de mètres pour les bâtiments diplomatiques par rapport aux axes de passage, alors qu’il n’était que de dix mètres à Nairobi. La commission Inman avait été mise en place à la suite de l’attentat perpétré en 1983 contre une caserne de militaires américains au Liban, qui avait coûté la vie à 241 soldats. Le secrétaire d’Etat Madeleine Albright et le secrétaire à la Défense William Cohen avaient déploré dimanche que le Congrès n’ait débloqué qu’une partie des fonds préconisés par la Commission Inman et avaient annoncé qu’ils comptaient redoubler d’efforts en direction des parlementaires. Selon le quotidien «USA Today», un milliard de dollars a été débloqué par le Congrès sur les trois réclamés par l’amiral Inman. Les doléances du département d’Etat apparaissent mieux reçues depuis les attentats de Nairobi et de Dar-es-Salaam. La Maison-Blanche a annoncé qu’elle comptait intervenir auprès du Congrès pour obtenir des fonds supplémentaires de façon à renforcer la sécurité des ambassades américaines et assurer la reconstruction des ambassades dans les capitales kenyane et tanzanienne. Bill Clinton, a ajouté un porte-parole de la présidence américaine, a réclamé aussi une «liste de mesures à prendre (…), du court au moyen terme». Une façon de reconnaître que beaucoup reste à faire.(AFP)
L’administration américaine montre du doigt le Congrès en lui reprochant de ne pas avoir alloué suffisamment de fonds pour assurer la sécurité des ambassades et admet, après les attentats de Nairobi et de Dar-es-Salaam, que beaucoup reste à faire dans ce domaine. Le département d’Etat, en particulier, apparaît soucieux de profiter de l’émoi suscité par les deux attentats en Afrique pour renouveler avec force ses plaidoyers en direction du Congrès. Le secrétaire d’Etat adjoint américain en charge des questions administratives, Patrick Kennedy, a révélé que l’ambassadeur des Etats-Unis à Nairobi, Prudence Bushnell, mais aussi le Pentagone, avaient exprimé à plusieurs reprises, depuis la fin de l’année dernière, leurs préoccupations à propos de la sécurité de l’ambassade américaine dans la capitale...
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